ARC / Abus n°2352 : 04 08 10/©

URBANIA : clair comme du jus de boudin.

Copropriétaires, n’attendons pas le repreneur

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Le site Universimmo est un de ceux qui suit avec beaucoup d’attention et d’inquiétude le déroulement de l’affaire Urbania.

Un article récent fait le point, suite à une nouvelle dépêche de l’A.F.P. Cet article donne le tournis et le vertige.

-          Que se passe-t-il vraiment ?

-          Comment une structure qui emploie dix personnes peut-elle racheter le quatrième groupe de France et des dettes qui s’élèvent à 500 millions d’euros ?

-          Que vient faire Monsieur Tapie et ses 30 millions d’euros ?

-          Comment croire que les banques vont se contenter de promesses de remboursement ?

-          Pourquoi une partie des sociétés d’Urbania (dont personne ne connaît l’actionnariat véritable) échappe-t-elle à la transaction ?

-          Quel va être le sort des copropriétés vendues avec les « meubles », alors que les fonds de commerces des cent sept cabinets d’Urbania sont en « location-gérance » ?etc.

Tout est fait dans cette affaire pour éviter la débâcle à découvert d’Urbania (débâcle qui montrerait trop les dysfonctionnements du système : « garantie insuffisante » ; syndics jouant avec l’argent de leurs clients ; banques à la fois complices et victimes ; dérives financières ; opacité ; montages juridiques risqués, etc.).

Mais la débâcle aura peut-être lieu de façon « larvée » et progressive et - comme toujours - ce sont les clients captifs qui vont payer le prix fort.

Nous le redisons : le mieux est de ne pas attendre que l’affaire finisse mal ; à chaque fois, ce genre de situation s’est très mal terminé pour les copropriétaires qui étaient restés dans la nasse : reprenez votre argent et allez voir ailleurs ; au moins prenez la précaution d’adresser par LRAR un autre contrat de syndic à mettre à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale. C’est le seul moyen de pouvoir échapper - le moment venu - au « piège » (rester avec Urbania ou se retrouver sous administration judiciaire).

 

Voici l’article d’Universimmo :

 

Urbania en phase finale de sauvetage ?

24/7/2010 

Une dépêche de l'AFP du 23 juillet indique que la société d'investissement IPE (Investors in Private Equity - société de dix personnes créée en 2002 par Philippe Nguyen, ancien de la Caisse des Dépôts, et François Nicoly, qui gère des fonds ayant vocation à reprendre des entreprises industrielles et de services) serait "dans la phase finale" de la reprise du groupe d'administration de biens Urbania, en grandes difficultés financières. L'AFP cite le président d'IPE, Philippe Nguyen. Pour la première fois, celui-ci révèle que Bernard Tapie est, pour un montant qu'il n'a pas voulu divulguer, parmi les investisseurs ayant confié des fonds à IPE. La somme de 30 millions avait été mentionnée il y a quelques semaines...

Toujours selon l'AFP, IPE "devrait pouvoir signer au milieu de la semaine prochaine un accord de conciliation" avec les créanciers de ce réseau de 107 agences gérant 400.000 lots de copropriété, 80.000 lots en gestion locative et 17 millions de m2 de bureaux, commerces et locaux d'activité, pour 145 millions de chiffre d'affaires, aurait indiqué M. Nguyen. Selon cet accord, "la dette de 500 millions d'euros d'Urbania, dont 200 millions à la seule charge de la Société Générale, serait convertible, à 50%, en obligations sur une période de 15 ans". L'AFP indique aussi que cet accord, suivi depuis trois mois par le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), doit encore recevoir l'homologation du tribunal de commerce de Paris, selon M. Nguyen. Effectivement, selon nos informations, il semble que tout ou partie du groupe Urbania soit non pas en redressement judiciaire mais sous "mandataire ad hoc", procédure plus confidentielle.

L'AFP ajoute aussi, non sans susciter quelque trouble, qu'IPE n'aurait l'intention de ne reprendre "que les fonds de commerce des 107 agences mais pas les différents holdings d'Urbania dont le président, Michel Moubayed, n'a jamais voulu révéler la composition du capital". Ce n'est pas nouveau. Mais c'est justement toute la difficulté de la reprise de ce groupe : les fonds de commerce gérés par les filiales Urbania sont dans de grandes proportions en location gérance ; par ailleurs, la reprise de fonds de commerce suppose que chacun des clients de gestion locative et chaque copropriété signent ou votent un nouveau mandat au profit de la structure de reprise ! A l'échelle d'un petit cabinet, c'est déjà une opération complexe ; à celle d'un groupe de cette taille, c'est presque mission impossible que de récupérer les mandats dans un délai raisonnable et sans forte déperdition !

Par ailleurs, de nombreuses incohérences entachent les informations communiquées. Par rapport au chiffre d'affaires cité, la valeur de ces fonds de commerce ne peut dépasser 100 à 150 millions, tout au plus.

Même si aucun centime n'est versé par les repreneurs aux holdings de M. Moubayed, et que la totalité de cette valeur est versée aux créanciers, on est loin des 500 millions cités ! Les banques vont-elles se contenter pour le reste d'obligations tirées par une structure qui n'a aucune chance de pouvoir les rembourser sur la seule rentabilité des fonds de commerce rachetés ? Et si ces obligations doivent être converties en actions, les repreneurs accepteraient-ils de voir leur capital potentiellement ainsi dilué ?

 

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