I-
Le Ministère du
Logement et la loi BOUTIN
La loi Boutin du 25 mars 2009 avait donné satisfaction à
l’ARC et aux usagers en modifiant la loi de
Robien et en portant à dix-huit ans, au lieu
de quinze, le délai de réalisation des travaux. Or, il semblerait que le ministère du logement
aurait décidé de ne pas publier le décret
concernant le report effectif de la 2ème
tranche (actuellement 2 juillet 2013) et de la 3ème tranche (2 juillet
2018).
Le ministère a, en effet, présenté le 4 juin 2009 aux différentes
organisations professionnelles et d’usagers
concernées par ce problème une étude selon
laquelle les syndics estiment que 94 % des
appareils qu’il gèrent seront mis en conformité
en 2013. « En conséquence, estime le ministère,
il est inutile de reporter les échéances de
trois ans ».
Le problème est que le chiffre de 94 % qui fonde la décision
du ministère est le fruit d’une belle illusion
statistique comme l’ARC en a fait la démonstration
au ministère du logement sans être démentie.
II-
Une position basée
sur un chiffre non pertinent
En quelques mots, voici ce dont il s’agit.
La société qui a fait l’étude pour le compte du ministère
a établi un échantillon représentatif de 1 400
syndics. Or, seulement 16 % des cabinets composant
cet échantillon ont répondu à ses questions,
ce qui est un premier élément de nature à
fausser les résultats.
Mais ce n’est pas tout : quand on étudie l’origine
de ces 16 % de réponses, on s’aperçoit qu’elles
ne concernent que 20 % des petits cabinets,
alors que ces cabinets représentent 80 % de
l’échantillon ! A contrario les réponses
des gros cabinets sont sur-représentées.
En conséquence, non seulement le taux de réponse est ridiculement
faible, mais le profil des réponses est l’inverse
du profil de l’échantillon.
III-
Les conséquences
désastreuses de la position du ministère
La position du ministère (qui donne ainsi satisfaction aux
ascensoristes qui avaient commencé à faire
campagne contre le report) va entrainer de
nombreux problèmes et effets pervers.
- En maintenant la 2ème échéance au 3 juillet 2013 alors que
la 1ère se terminera le 31 décembre
2010, le ministère donne des arguments aux
ascensoristes
et aux syndics pour inciter les copropriétés
à réaliser en même temps les
travaux des deux tranches, DONC
pour faire les deux
tranches avant fin 2010 (les ascensoristes
comme les syndics sont évidemment très « intéressés » par ce regroupement qui n’est très souvent
NI
avantageux financièrement pour les copropriétés
NI
légitime techniquement).
Or ce regroupement à fin 2010 va inévitablement provoquer un formidable embouteillage
supplémentaire de travaux (il y a déjà aujourd’hui
un embouteillage) qui va lui-même induire
deux autres effets :
-
absence de mise en concurrence donc hausse des prix, ceci alors même que ces
travaux « regroupés » vont lourdement peser
sur le budget des copropriétaires ;
-
mauvaise qualité des travaux (les équipes sont souvent jeunes, surchargées,
pas toujours suffisamment compétentes et interviennent
souvent en sous-traitance).
- Cette situation (équipes saturées, etc.) va par ailleurs amplifier un
phénomène que le ministère vient pourtant
(à travers trois études) de mettre en évidence
à la suite de nos plaintes répétées :
la maintenance des ascenseurs ne cesse
de se dégrader, ce qui résulte en partie
du fait que les ascensoristes mobilisent
la majeure partie de leur personnel pour
faire les travaux de mise en sécurité.
Ainsi au nom d’une loi sur la sécurité
des ascenseurs et parce que le ministère refuse
(en s’appuyant sur une étude éminemment contestable)
de signer le décret de report de trois ans
les délais initiaux, le ministère va créer
de l’insécurité :
o
travaux faits dans la précipitation et sans toujours le professionnalisme
requis ;
o
maintenance des appareils négligée au profit des gros travaux.
Tout cela essentiellement pour satisfaire aux demandes des
ascensoristes qui refusent le report de trois
ans pour des raisons purement financières.
Conclusion
Face aux chiffres gravement inexacts repris par le ministère
et face aux dangers et aux surcoûts que le
refus de report - dont la possibilité est
pourtant inscrite dans la loi - va entrainer,
l’ARC n’a d’autre solution que de saisir les
députés et les sénateurs mais aussi les copropriétaires
et les médias pour les alerter sur cette situation
inédite.
Voici la lettre de huit pages adressée aux services compétents
du ministère puis au ministre lui-même et
restée à ce jour sans réponse :
« DHUP
Monsieur Jean-Pierre BARDY
Objet : réunion ascenseurs
Monsieur le Directeur,
Au cours de la réunion
du 4 juin dernier qui a eu lieu à la Grande Arche concernant l’application
de l’article 79 de la loi DE ROBIEN et à laquelle
vous avez eu l’amabilité de nous inviter,
vous avez présenté l’étude réalisée pour le
compte du ministère par la Société Générale Statistique.
Plus particulièrement,
vous vous êtes attardé sur les résultats de
cette étude concernant la faisabilité - dans
les délais légaux actuels - des travaux des
tranches 2003-2010 et 2010-2013.
En effet, selon l’étude
de la société Générale Statistique, il apparaîtrait
que 94 % des gestionnaires du parc résidentiel
privé pensent qu’ils pourront faire réaliser
les travaux de mise en conformité concernant
les deux premières tranches en respectant les délais.
Partant de ce « constat »,
vous avez donc annoncé que vous alliez proposer
au cabinet de Madame la Ministre du Logement de
ne pas prolonger de deux ou trois ans les
délais des périodes 2 et 3, comme la loi en
a pourtant ouvert la possibilité depuis le
25 mai 2009 après débat parlementaire.
Vous nous avez en
clôturant, demandé aux participants de vous
faire part de leurs réactions ainsi que de
leurs propositions.
Par le présent courriel
nous donnons suite à votre demande et souhaitons :
a)
Revenir sur le chiffre déterminant
annoncé par l’étude de la société Générale
Statistique et montrer - en partant des données
mêmes recueillies dans cette étude - pourquoi
ce chiffre ne peut être retenu comme probant.
b)
Vous alerter ainsi sur le fait
que les conclusions que vous avez cru pouvoir
tirer en toute bonne foi de ce chiffre doivent donc être révisées.
c)
Vous faire savoir ce que l’absence
du report de la deuxième tranche - très attendu
par l’ensemble des acteurs de la copropriété
suite au vote de la loi BOUTIN, va entraîner
selon nous comme effets négatifs, non seulement
sur les copropriétaires modestes concernés,
mais aussi en terme de coût des travaux (plus
faible concurrence) voire de qualité des travaux
(surcharge). Ceci sans parler des effets indirects
sur la sécurité (baisse de la qualité de la
maintenance relevée également par trois études
du ministère).
Avant de commencer,
nous voudrions ajouter ceci :
-
voici trois ans que nous alertons
les pouvoirs publics sur les pressions commerciales
exercées par les ascensoristes pour installer
des variateurs de fréquences partout, confondant
ainsi sécurité et confort : or le ministère
arrive aujourd’hui aux mêmes conclusions allant
jusqu’à prévoir la rédaction d’un guide à
ce sujet ;
-
voici trois ans que nous vous alertons aussi
sur la dégradation de la maintenance (cause
d’insécurité grandissante) liée à l’impossibilité,
pour les ascensoristes, d’assurer en même
temps trop de travaux et l’entretien des appareils :
or voilà que le ministère rejoint - là encore - notre analyse ceci au travers de trois
études réalisées très récemment citées au
cours de la réunion du 4 juin dernier ;
-
enfin, voici trois ans que nous
faisons savoir que le coût global des travaux
sera deux à trois fois plus fort que ce qui
avait été annoncé : or le ministère arrive
aujourd’hui aux mêmes conclusions.
Ces trois problèmes désormais confirmés et reconnus devraient nous semble-t-il,
vous rassurer sur la justesse des analyses
et propositions de notre association.
I-
La mise en question du chiffre de 94 %
-
De l’étude de la Société
Générale Statistique il ressort
ceci :
Les pourcentages des gestionnaires qui ont adressé des réponses exploitables
sont, par catégorie, les suivants :
o
gestionnaires
privés : 16,1
%
o
gestionnaires
sociaux : 58,5
%
o
établissements
de santé :
59,6 %
o
institutionnels : 52,6 %
o
administrations : 33,6 %
-
On constate donc qu’on a un
taux de réponses très faibles de
16 % pour les gestionnaires du résidentiel
privé, alors qu’il est :
o
de 58,5 % pour les gestionnaires
sociaux ;
o
puis de 59,6 %, 52,6 % et 33,6
% pour les autres.
Nous constatons que
le taux de réponses de 16 % (16 % de l’échantillon
lui-même, insistons sur ce point) est - à
l’évidence - beaucoup trop faible pour permettre
de conclure raisonnablement à la représentativité
des réponses des gestionnaires privés.
Vous répondrez peut-être
que la faiblesse du taux de réponses n’est
pas à elle seule suffisante pour jeter le
doute sur le chiffre obtenu. C’est pourquoi
nous ajoutons un deuxième argument qui complète
le premier.
En effet, lorsque
l’on étudie d’une part la répartition de l’échantillon
des gestionnaires privés (1412 cabinets) par
taille de cabinet et d’autre par les taux
de réponses par type de cabinets, on observe
les chiffres suivants :
|
Taille des cabinets de syndic
|
Taille de l’échantillon
|
Nb de gestionnaires ayant rempli
le questionnaire
|
|
0-9 salariés
10-19 salariés
20-49 salariés
50-99 salariés
100-199 salariés
200-499 salariés
500
salariés et
plus
|
1 135
102
82
30
26
24
13
|
123
33
29
6
4
24
3
|
|
|
1 412
|
222
|
Ainsi 9,46 % de gestionnaires
de petits cabinets ont répondu, alors que
cette tranche pèse 80 % dans l’échantillon !
Par ailleurs 72,97
% de gestionnaires de gros cabinets ont répondu,
alors que cette tranche pèse seulement 2,6
%, dans l’échantillon.
Nous avons donc non seulement un
taux très faible de rÉponse mais en plus une
SUR-REPRÉSENTATION très forte des gestionnaires
des gros cabinets et une sous-reprÉsentation
Énorme des petits cabinets.
Or, précisément,
comme chacun sait, les gros cabinets sont
ceux qui sont les mieux organisés pour permettre
le respect des échéances.
On le voit, deux
facteurs viennent donc biaiser de façon rédhibitoire
le résultat obtenu :
a)
d’une part le taux global très
faible des réponses est - déjà en lui-même
- source de suspicion statistique ;
b)
d’autre part l’étude de l’origine
des réponses prouve que non seulement la proportionnalité
n’est pas respectée entre les tranches de
syndics, mais qu’elle est radicalement INVERSÉE.
Conclusion :
Le chiffre de 94
% est donc non-recevable
(au sens statistique du terme) puisqu’il ne
correspond qu’à une toute petite frange statistiquement
et qualitativement non représentative de la
profession. Il est donc, au sens strict du
terme, NON
pertinent et ne peut donc pas orienter la décision du ministère
en ce domaine.
Ajoutons que la prudence
à laquelle nous vous invitons est d’autant
plus nécessaire que le parc d’ascenseurs géré
par les gestionnaires privés est - de très
loin - le parc le plus important. Imaginons
que nous ramenions le chiffre de 93 % à 80
% (ce qui serait déjà beaucoup) cela ferait
que 20 % des appareils ne seraient pas mis
en conformité en 2013, soit environ 36 000
appareils dont - d’ores et déjà - on peut
dire qu’ils ne seront pas mis en conformité
en 2013 si on ne repousse pas l’échéance.
Nous sommes d’ailleurs
très étonnés que cette anomalie n’ait pas
été relevée par vos services et que nos remarques
- faites par mél
à ce sujet avant la réunion - n’aient pas
été prises en compte.
II-
Les conséquences du non report éventuel de la deuxième
tranche
Vous nous dites que
vous n’êtes pas fermé à un report, mais que
vous différez votre décision à 2011, donc
après la fin de la première période.
En n’apportant pas
un message clair aux copropriétaires, qu’allez-vous
générer ? Ceci selon
notre analyse :
-
Les ascensoristes, comme les syndics
(dont chacun sait qu’ils sont financièrement
intéressés à un regroupement de travaux) vont
peser sur les copropriétaires pour les forcer
à procéder en une fois à la première et la
deuxième tranche, c’est-à-dire à voter tous ces travaux avant
2010, en leur faisant valoir qu’il
est insensé de faire des travaux en 2010 puis
de nouveaux travaux en 2012-2013 et qu’il
est préférable de TOUT regrouper.
-
Ce faisant, vous allez créer trois
problèmes supplémentaires :
o
d’abord il va se former un formidable
deuxième goulot d’étranglement en matière
de travaux ;
o
ensuite ce goulot va lui-même générer
une impossibilité pour les ascensoristes de
réaliser les travaux dans les délais, Y
COMPRIS DONC les travaux de la première
tranche ;
o
enfin, cette situation va supprimer
le peu de concurrence qui restait.
-
A contrario, rallonger les délais
de la deuxième tranche permettrait :
o
D’inciter les copropriétaires à
ne faire QUE
la première tranche (dès lors, comme il y
aura moins de travaux, il y aura moins de
« bouchons », donc plus de concurrence
et les délais seront mieux respectés).
o
De permettre aux copropriétés de
se donner le temps de programmer
convenablement la deuxième tranche,
donc de BIEN choisir leurs travaux (voir point suivant sur le variateur) et
de lancer un vrai appel d’offre en faisant
ainsi, insistons dessus, jouer la concurrence.
Nous ajoutons, en
effet, ceci : comme nous l’avons rappelé
en présentant, un des graves problèmes que
l’ARC a relevé depuis des années, est celui
de la quasi-imposition de variateurs de fréquence
par les ascensoristes.
Nous avons à cet
égard eu la très agréable surprise de constater
que non seulement vous aviez accepté d’admettre
désormais qu’il y avait là un VRAI problème, mais que vous alliez réunir une commission (à laquelle
nous serons associés, comme vous l’avez aimablement
proposé) devant procéder à l’élaboration d’un
guide
permettant d’apprécier l’opportunité ou non
de l’installation du variateur dans le cadre
de la sécurité (et non du confort).
Or ce guide ne pourra pas être prêt avant plusieurs
mois.
Dès lors si vous
ne reportez pas la deuxième tranche, de très
nombreuses copropriétés vont voter de façon
précipitée (2009, début 2010) la deuxième
tranche sans avoir pu bénéficier de l’appui
de ce guide pour résister aux « propositions » si pressantes, comme vous l’avez vous-même indiqué,
des ascensoristes.
Voilà donc une autre raison importante d’allonger sans
attendre les délais concernant la deuxième
et troisième tranche.
III-
Une distorsion
réglementaire regrettable
En reportant de deux
ans et demi la première tranche (comme cela
a été fait en 2008) et on ne reportant pas
de la même durée la deuxième et troisième
tranche, vous allez établir une distorsion,
donc une incohérence réglementaire, voire
une incohérence législative.
Car si les responsables
ont souhaité qu’il y ait trois tranches de
cinq ans, c’est aussi pour permettre un ÉTALEMENT
raisonnable des travaux, DONC
un lissage de l’effort financier des copropriétaires.
En refusant le report
et en favorisant par là, de fait comme on
l’a vu, à un regroupement de la première et
deuxième tranche, l’esprit même de la loi
ne sera pas respecté et l’usager (surtout
l’usager modeste) se trouvera contraint de
renoncer à l’étalement.
Naturellement vous
répondrez peut-être que les copropriétés peuvent
ne céder à la pression ni des ascensoristes,
ni des syndics ni d’une partie des copropriétaires
plus aisés ! Naturellement.
Mais vous ne le ferez
pas car se serait méconnaître la réalité des
dynamiques en copropriété et - comme vous
l’avez montré au cours de la réunion - vous
connaissez bien ces dynamiques.
IV-
Non-respect de la représentation parlementaire et
de son expertise
Se poser la question
du report - au cours d’une réunion de concertation
rassemblant les vingt organisations représentatives
du secteur - ceci après la promulgation de la loi BOUTIN, est pour nous source
d’étonnement.
Cela laisse entendre
que les députés et les sénateurs ont changé
la loi sans savoir pourquoi et sans expertise
préalable.
Cela laisse entendre
que le Gouvernement (qui a soutenu cette disposition
au cours du vote de la loi) ne sait pas ce
qu’il fait, ni ce qu’il veut.
Cela signifie que
le point de vue des parlementaires - préoccupés
tout autant que vous et nous de la sécurité
mais aussi des capacités contributives des
citoyens - n’a aucun poids.
À cet égard, nous
avons été très choqués d’entendre un représentant
de la Fédération
des Ascenseurs mettre en avant les problèmes
éventuels économiques que pourrait poser -
en raison d’une baisse de commandes - le report.
Il est pour nous choquant que ces considérations
puissent interférer sur de telles décisions,avec les considérations liées à la sécurité et à la solvabilité
des usagers.
V-
L’absence de report va, en plus, forcément aggraver
la dégradation de la maintenance constatée
par le ministère
Nous ajoutons à tous
les arguments précédents un autre argument
de poids. Au cours de la réunion du 4 avril 2009 vous
nous avez, en effet - rejoignant également
une analyse développée par l’ARC de longue
date - présenté un bilan affligeant et CONVERGENT de la maintenance en matière d’ascenseurs.
Il apparaît, en effet,
que vous avez fait procéder à TROIS
enquêtes :
-
une par le bureau d’études IN NUMÉRI ;
-
une par l’Union Sociale de l’Habitat ;
-
une
par le COPREC.
Or les trois enquêtes
concluent TOUTES à :
- une « baisse de la qualité de la « maintenance » ;
- et un « relâchement dans l’exécution de l’entretien ».
(nous citons les mots exacts de votre intervention du 4 juin 2009).
Cela confirme ce
que nous n’avons cessé d’écrire sur notre
site Internet et d’écrire au ministère depuis
trois ans.
Encore faut-il analyser les causes de cette dégradation.
Or, nous le rappelons, celle-ci est d’abord
liée en grande partie au fait que les techniciens
sont prioritairement affectés aux gros travaux.
Dès lors, le futur
engorgement qui résultera d’un non-report
de la deuxième tanche va encore accentuer
cette dégradation, préoccupante pour la sécurité
des usagers ;
A contrario, le report
demandé desserrerait l’étau et rendrait davantage
disponible les techniciens pour les tâches
de maintenance, dont garantirait une plus
grande sécurité liée à l’entretien correct
réclamé au jourd’hui par tous (le COPREC -
selon vos propos même - indique que c’est
10 % des appareils qu’il faudrait mettre à
l’arrêt, en partie pour défaut de maintenance).
Rappelons d’ailleurs que dans 80 % des cas,
les accidents très graves qui ont amené à
la loi DE ROBIEN ont été causés par une maintenance
défaillante (constat effectué suite aux expertises
judiciaires).
Résumons :
- Le chiffre sur lequel vous
appuyez votre décision de NON-report est suspect et donc irrecevable pour des raisons
de pure statistique. Il faut en convenir,
car il serait grave qu’une telle décision
à notre avis si préjudiciable à l’intérêt
des copropriétaires, puisse s’appuyer sur
un chiffre établi sans respect réel des
règles statistiques de base.
- Le refus du report que vous
préconisez va par ailleurs aggraver le « goulot d’étranglement » des travaux alors même qu’il
faut desserrer l’étau. « Goulot
d’étrangement » que nous-même et
l’USH dénonçons
depuis des mois (travaux commençant huit
à douze mois après la commande et durant
deux à trois fois plus que prévu au détriment,
en particulier, des handicapés et personnes
âgées).
Or, ce goulot d’étranglement signifie aussi :
o
concurrence difficile, donc prix
majorés ;
o
travaux souvent sous-traités dans
des conditions d’insécurité TOTALE.
- Ce refus de report va maintenir
une pression financière trop forte sur des
milliers de copropriétaires, alors même
qu’il apparaît aujourd’hui que les problèmes
d’insécurité liés à la non-conformité ont
été surestimés.
- Ce refus de report empêchera
ainsi tous les usagers de bénéficier pleinement
de l’étalement prévu par la loi et le décret,
étalement devant permettre de lisser l’effort
financier.
- Ce refus est par ailleurs
démocratiquement difficile à accepter puisqu’il
laisse penser que le Parlement peut voter
des lois non justifiées.
- Ce refus de report va également
contribuer à aggraver les problèmes de dégradation
de la maintenance que vous avez, par ailleurs,
mis vous-même en avant à travers trois études
indépendantes, convergentes et très inquiétantes.
- Ce refus de report va enfin
rendre également encore plus difficile la
résistance des copropriétaires à la pression
exercée sur eux par les ascensoristes pour
les inciter à commander des « variateurs
de vitesse », au moment même où
vous acceptez d’admettre ce problème (que
nous dénonçons depuis trois ans) et que
vous avez décidé (heureuse initiative) de
créer une commission pour réaliser un guide
destiné à mieux résister à cette pression.
Vous nous avez demandé,
Monsieur le Directeur, de ne pas alerter immédiatement
le Parlement de nos réactions à la proposition
(inopportune selon nous) que vous vous apprêtez
à faire au cabinet de madame la ministre (ne
pas reporter les délais de la deuxième et
troisième tranche).
Nous avons décidé
de différer nos actions, vous laissant ainsi
le temps d’examiner nos nombreux arguments.
Nous vous rappelons
que notre position a été partagée par l’UNPI,
seule autre organisation de copropriétaires
invitée à la réunion du 4 juin avec l’ARC.
Dans l’espoir que
nos arguments et notre analyse de la situation
sauront vous convaincre et dans l’attente
d’une réponse favorable et rapide de votre
part pour permettre aux copropriétaires d’y
voir clair, nous vous prions de recevoir,
Monsieur le Directeur, l’assurance de nos
salutations distinguées.
Bruno DHONT
Le Directeur.
Courriel validé par
le Bureau du Conseil d’Administration de l’ARC
et son Président, Fernand CHAMPAVIER ».