Le
journal économique La
TRIBUNE dans son numéro du
lundi 8 septembre 2009 fait état des inquiétudes
de l’ARC et de notre action concernant l’éventuel
NON
report des tranches 2 et 3 concernant les
travaux de mise en conformité des ascenseurs.
Voici
ce long et très documenté article où l’on
apprend comment le ministère - sous prétexte
de sécurité - va créer une double insécurité
dans les copropriétés :
« Imbroglio législatif sur les travaux d'ascenseurs
C'est du déni démocratique !
Bruno Dhont,
responsable de l'Arc (association des responsables de
copropriété) ne mâche pas ses mots pour dénoncer
la situation dans laquelle se retrouvent les
propriétaires à propos des travaux de mise
en conformité sur les ascenseurs. Aujourd'hui,
l’ARC
enverra un communiqué et saisie
les parlementaires sur un sujet d'apparence
anodine, mais qui coûte en réalité à chaque
immeuble la bagatelle de 20.000 à 40.000 euros
par ascenseurs.
Pour comprendre cet imbroglio législatif, il faut revenir quelques
années en arrière. En 2003, la loi de
Robien « urbanisme et habitat » prévoyait
une mise en conformité des ascenseurs afin
de les rendre plus sûrs. Le chantier étant
gigantesque et coûteux, la loi a autorisé
l'étalement des travaux sur 15 ans et en trois
tranches : 3 juillet 2008, 2013 et 2018. Estimant
que l'ensemble des copropriétés ne seraient
pas prêtes, l'Arc
a obtenu que la date butoir de la première
tranche soit reportée à fin 2010.
En toute logique, les deux autres devaient donc être décalées
d'autant. Mais pour que cela devienne légal,
il fallait changer la loi qui précisait un
délai maximal de 15 ans. Une fois encore,
l'association a obtenu satisfaction : le passage
à 18 ans a été inscrit dans la loi Boutin du 25 mars 2009 de « mobilisation
pour le logement ».
Mais le 4 juin 2009, coup de théâtre. Le ministère du logement
convoque une vingtaine d'experts (associations,
ascensoristes, syndics...) et leur annonce
qu'il ne compte pas faire paraître les décrets
d'application car "il est inutile de
reporter les échéances". Raison invoquée
? Une étude, commandée par le ministère et
qui montre que 94 %
des appareils gérés par les syndics seront
mis en conformité dans les temps impartis.
"Comment une simple étude peut aller à l'encontre des décisions
prises, en toute
expertise, par les parlementaires sans leur
demander à nouveau leur avis ?" s'insurge
Bruno Dhont
qui conteste les résultats de ce rapport.
Les deux arguments sont les suivants. D'une
part, l'institut de sondage a établi un échantillon
représentatif de 1.400 syndics pour réaliser
son enquête. Or, à peine 16 %
d'entre eux ont répondu, soit 224.
D'autre part, la composition de ces réponses ne reflète pas
la structure du panel de départ : 20
% émanent de petits
cabinets de syndics alors qu'ils représentent
80 %
de l'échantillon. Le taux de 94
% s'expliquerait donc, selon l'association, par le fait que
les plus gros syndics ont pu, plus facilement
que les petits, engager les travaux de mise
en conformité.
Rien que sur le plan financier, le refus du report pourrait
avoir de graves conséquences pour les copropriétés.
Car les ascensoristes incitent, du coup, à
réaliser en même temps la première et la deuxième
tranche (voire la troisième). "Sur des
copropriétés d'une douzaine de logements,
cela peut représenter jusqu'à 6.000 euros
à débourser en une fois pour la personne habitant
au dernier étage, qui paie plus que le voisin
du dessous" témoigne Bruno Dhont.
Mais ce n'est pas tout. Un non-report
risque de créer un goulet d'étranglement auprès
des ascensoristes, ce qui empêchera de faire
jouer la concurrence. Concernant la sécurité,
le problème est encore plus grave à en croire
l'association : plus les ascensoristes se
concentrent sur les travaux et moins ils peuvent
s'occuper de la maintenance. Une baisse de
la qualité de la maintenance qui a d'ailleurs
déjà été relevée par trois études du ministère.
Dernier inconvénient pour les propriétaires
habitant : une mise en conformité globale
peut immobiliser l'ascenseur 2 à 3 mois.
Alexandre Phalippou ».