I-
Un amendement prévoyant un décret pour
encadrer les contrats de syndic
Deux
sénateurs - dont Monsieur REPENTIN, président
de groupe et surtout président de la puissante
USH (Union Sociale pour l’Habitat) - viennent
de déposer un amendement à l’article 3 de
la loi Grenelle 2, qui prévoit ceci :
« Après
l’article 3, insérer un article additionnel
ainsi rédigé :
L’article
18 de la loi n° 65-6-557 du 10 juillet 1965
fixant le statut de la copropriété des immeubles
bâtis est complété par une phrase ainsi
rédigée :
« Pour assurer sa mission, le syndic conclut un
contrat de gestion dont le modÉle est
dÉterminÉ par dÉcret ».
Voilà
ce que nous attendions depuis longtemps.
Un
article qui renvoit
à un décret (et non un simple arrêté) qui
fixe ce qu’il doit y avoir ET
NE pas avoir dans un contrat de syndic,
comme cela est déjà le cas pour d’autres
contrats (ascenseurs ; porte de parking,
etc.).
II-
Un amendement in-dis-pen-sable
On
nous dira qu’un tel amendement n’a rien
à voir avec la loi Grenelle 2.
Inexact,
la loi Grenelle 2
a aussi à voir avec
la gestion des copropriétés puisqu’elle
traite de la gestion des programmes d’amélioration
énergétique dans les copropriétés.
Or
qui dit gestion dit syndic et qui dit syndic
dit contrat de syndic.
Nous
sommes donc bien dans le sujet.
Il
faut donc que nous nous mobilisions tous
derrière cet amendement.
III-
Se mobiliser, comme toujours
C’est
simple. Comme toujours il suffit que les
copropriétaires agissent en vrais citoyens
responsables et respectueux de leurs institutions.
Et
comme c’est le Parlement qui est concerné,
chacun devra tenter de convaincre son député
et son sénateur de l’intérêt de l’amendement
et de la nécessité que chaque parlementaire
puisse appuyer cet amendement.
Si
vous ne trouvez pas vous-même les mots nécessaires,
voici un modèle de lettre à adresser à vos
élus, modèle qui reprend en partie l’argumentaire
associé à notre proposition de loi :
« Rénover
la
Copropriété »
qui traite aussi de ce problème (modèle
de contrat).
« Madame, ou Monsieur le Sénateur,
Madame ou Monsieur le Député,
La loi Grenelle 2 vient en discussion
au Parlement. Nous voudrions attirer votre
attention sur l’amendement déposé par votre
collègue le Sénateur REPENTIN qui propose
qu’un décret détermine un modèle de contrat
de syndic qui empêcherait la prolifération
des abus en ce domaine.
Depuis plus de quinze ans, chacun est
conscient du fait que les contrats et honoraires
de syndics de copropriété constituent un
problème de plus en plus préoccupant.
Après une Recommandation de la Commission des clauses
abusives consacrée aux contrats de syndic
(janvier 1996) et un premier avis du Conseil
National de la
Consommation (CNC) (18
février 1997), le ministère de l’Économie
a, en 2006, constaté la persistance inquiétante
des problèmes posés par ces contrats (opacité,
abus, absence de possibilité de mise en
concurrence loyale) et a demandé au CNC
de constituer un groupe de travail pour
faire, une fois encore, des propositions.
À noter que le constat établi par le CNC
en préambule à son avis est très sévère
et précise bien la profondeur du mal.
Nous citons : « La situation actuelle voit persister un manque
de lisibilité des contrats de syndics, notamment
en ce qui concerne les honoraires dus. Cela
limite la comparabilité des offres et, partant,
la concurrence entre les cabinets, dans
un contexte où, depuis l’ordonnance du 1er
décembre 1986, les honoraires des syndics
sont fixés librement dans le cadre d’une
négociation avec les copropriétaires.
Le
choix d’un syndic est très largement basé
sur les informations contenues dans la proposition
de contrat qu’il soumet à l’assemblée générale
des copropriétaires.
En
l’absence de normalisation de ce document,
la nature et la présentation des informations
qu’il contient varient considérablement
d’un cabinet à l’autre, ce qui rend difficile
la comparaison des prix et des prestations
offertes » (CNC
- texte de l’avis du 27.09.2008).
Le CNC, après huit mois de travail, a
donc émis un avis concernant l’organisation
des contrats et le nécessaire respect par
les syndics d’un minimum de règles. Malheureusement
cet avis (fruit de négociation, donc de
compromis, et faute de temps) n’a abordé
qu’une partie des problèmes (celui des tâches
de gestion courante), laissant de côté non
seulement le difficile problème des tâches
dites « supplémentaires » (facturées en plus malgré leur prévisibilité)
mais aussi, le problème des débours ainsi
que le problème des frais privatifs et de
certaines clauses contractuelles abusives.
Près de deux ans après l’adoption de cet
avis, et malgré la bonne volonté de certaines
chambres professionnelles, il apparaît qu’il
est, d’une part, non respecté par une partie
des syndics (8 % à 50 % selon
les études réalisées, sachant que la réalité
doit tourner autour du tiers, ce qui est
beaucoup) et d’autre part tout à fait inadapté
à l’importance des problèmes :
- Tout d’abord, en l’absence de tout caractère opposable
de ce texte, un certain nombre de syndics
ne reprennent les Recommandations de cet
« avis »
que partiellement, voire très partiellement.
- Ensuite, faute d’accord entre représentants des
syndics et représentants des copropriétaires
sur certains points importants ou de précisions
nécessaires, cet avis a, comme on l'a
dit, fait l’impasse sur différentes difficultés
contractuelles importantes pourtant bien
identifiées par les organisations de copropriétaires
et de consommateurs (exemple : notion
de « débours » ; gestion des archives, notion de « tâches supplémentaires prévisibles »,
etc.).
- Enfin, en raison du caractère limité du mandat
du CNC, des problèmes importants comme
celui posé par les honoraires perçus à
titre privatif ou les clauses abusives
des contrats n’ont pas pu être traités
par l’avis ».
Vous remerciant de l’attention portée
à ce courrier, je vous prie de recevoir,
M……. le ……, l’assurance de mes salutations
distinguées ».