Voici
une histoire particulièrement exemplaire
(de l’efficacité d’un conseil syndical
conseillé par l’ARC), mais aussi édifiante,
c’est-à-dire formatrice.
-
Comment
un conseil syndical a pu déjouer les manoeuvres
d’un des quatre grands ascensoristes concernant
des gros travaux DUS
dans le contrat.
-
Comment
la copropriété a pu ainsi économiser 180.000
euros de pose de variateurs de fréquence
bien inutiles.
-
Comment
le même conseil syndical a réussi à faire
jouer la concurrence en matière de contrat
et à faire passer le prix du contrat des
ascenseurs de 32 000 à 19 500 € tout en
négociant de nombreuses clauses de son
contrat.
-
Oyez,
oyez, bonnes gens et écouter cette belle
leçon.
« Objet : Schindler ou l'arnaque sur la maintenance.
Monsieur le Directeur,
Je tiens à porter à votre connaissance
les faits suivants qui vérifient votre
thèse selon laquelle sans conseil syndical
vigilant ... et averti par les conseils
de l’ARC, les ascensoristes
abusent scandaleusement les copropriétés
et ceci avec l'aimable complicité des
syndics.
Notre copropriété est gérée depuis sa naissance
(1962) par le même syndic racheté par
Lamy
en 2005.
L'entretien de nos
douze ascenseurs est confié depuis 1962
également à Schindler. Les contrats se renouvellent
donc tacitement sans même que le syndic
prenne la peine d'en avertir le conseil
syndical.
L'adhésion du conseil syndical à l’ARC en 2007
(d'ailleurs perfidement combattue par
notre syndic ) et les informations reçues
alors nous ont ouvert les yeux sur le
rôle du conseil syndical, d'une part,
et les dangers à éviter au moment du renouvellement
du contrat Schindler (qui arrivait à échéance fin
juin 2009) d'autre part. Nous avons pris
la décision de dénoncer à titre conservatoire
le contrat en cours afin, en toute logique,
de faire jouer la concurrence. Cette décision
n'était visiblement pas du goût du syndic,
à qui il a fallu adresser deux recommandés
pour qu'il daigne exécuter notre demande.
À noter qu'au cours de l’assemblée générale
de notre copropriété (mars 2009); notre
syndic , mis lui aussi en concurrence,
a fait diffuser à tous les copropriétaires
un bulletin d'information laissant entendre
que cette dénonciation était un acte d'inconscience
et que nos ascenseurs risquaient d'être
mis à l'arrêt dès la date limite du contrat
!
Nous - le conseil syndical- avons donc pris
en mains cette mise en concurrence en
contactant nous-mêmes les ascensoristes
et en les recevant. Alertés par une première
anomalie, nous nous sommes rendus en machinerie
et avons remarqué :
- que des rouleaux
de câbles datant de 2001 étaient stockés
dans la quasi-totalité des salles des
machines ;
- que certains
câbles de traction présentaient des
traces visibles d'oxydation. Nous avons
alors examiné les carnets d'entretien
et découvert que la mention « câbles
et poulie de traction à changer » figurait
sur ceux-ci chaque année depuis 1999
!!! (voir annexe 1).
Je tiens à signaler que la copropriété a toujours
payé un contrat complet Excellence chez
Schindler, contrat dont le montant atteignait plus de 32 000
€ cette dernière année 2009. Ainsi Schindler
reportait ces opérations d'entretien
depuis 10 ans maintenant, espérant sans
doute les faire passer dans les travaux
de mise en conformité à voter en fin d'année
chez nous, et aux frais des copropriétaires
évidemment !
Or, la présence de câbles oxydés et
la nécessité de changer les poulies et
câbles avaient été mentionnées en réserves
à lever lors d' un audit de nos ascenseurs
effectué en juin 2008. (voir annexe 2).
Et Schindler,
qui n'a décidément peur de rien, avait
osé nous écrire en mars 2009 que les réserves
étaient enfin levées ! (voir annexe 3))
Nous avons donc fait constater ces faits aux responsables d'agence Schindler qui n'ont jamais voulu avouer
avoir joué avec la sécurité ni avoir abusé
leurs clients. Leur ligne de défense était
d'invoquer une anticipation exagérée des
travaux à réaliser. Nous avons alors exigé
une rencontre entre les responsables Schindler, le conseil syndical et le syndic (voir annexe 4),
rencontre au cours de laquelle notre syndic
a fait preuve d'une passivité édifiante.
Jamais, en effet, il n'a mis Schindler
devant ses responsabilités ou n'a proposé
la moindre pénalité.
Notre première réaction était bien sûr de confier l'entretien de nos ascenseurs
à un autre prestataire. Après réflexion,
nous nous sommes dits que cette solution
donnait la possibilité à Schindler
de se soustraire à ses obligations puisque
les travaux ne pouvaient avoir lieu qu'après
la prise d'effet du nouveau contrat. Nous
avons donc préféré, aussi paradoxal que
cela paraisse, reconduire le contrat Schindler mais pour un an seulement. Ceci nous a permis de :
- Obliger Schindler à effectuer
réellement le changement des câbles et
poulies retardé depuis 10 ans.
- Faire aligner le prix du
contrat Schindler
sur le meilleur prix de la concurrence,
donc passer d'un contrat à 32 000
€ à un contrat à 19 500€. ce qui donne
une idée de la marge que font les pauvres
ascensoristes !
- Exiger et obtenir la gratuité
du premier trimestre du contrat, soit
une pénalité de 25 % du montant du contrat,
alors que dans tous les contrats étudiés,
le montant total des pénalités ne pouvait
jamais excéder 5 % du montant du contrat.
- Négocier plusieurs points dans le contrat, notamment
une clause de sauvegarde pour la vétusté,
la présence du carnet d'entretien papier
et un accès gratuit au système de traçabilité
Schindler Score Card.
À l’heure actuelle, nous avons réalisé une économie de plus de 17 000
€ et Schindler
est en train de remplacer les câbles et
poulies. Le fait d'être équipés de câbles
et poulies de traction neufs nous donnera,
de plus, un excellent argument pour refuser
le variateur de fréquence que tous les
ascensoristes nous proposent dans leurs
devis de travaux de mise en conformité,
soit au minimum 180 000 € de gagnés sur
ces travaux de mise en conformité à venir.
Notre expérience en dit long sur les pratiques des ascensoristes et nous
avons la certitude de ne pas être les
seuls à avoir été ou à être abusés de
la sorte. Sans vos mises en garde et vos
précieux conseils, sans doute n'aurions-nous
jamais mis à jour une telle « arnaque
»....
Je me tiens à votre disposition pour tout renseignement complémentaire dont
vous pourriez avoir besoin et vous autorise
à faire paraître ce que vous jugerez utile
de ce récit dans votre rubrique abus ou
sur votre site Internet.
Avec
les salutations reconnaissantes de notre
conseil syndical ».
Voilà
une histoire qui va - nous en sommes sûr
- remonter le moral à bien des Internautes.
Ce
qu’il faut retenir c’est ceci :
-
un
tiers de bons conseils ;
-
un
tiers de bon sens (…………… de méfiance) ;
-
un
tiers d’obstination,
et
- comme dans le pastis de Marius - un
tiers de volonté de reprendre en main
la gestion de sa copropriété.