Dans
un long article sur le Grenelle et les
Copropriétés les Echos font état du travail de terrain mais aussi le travail
de propositions que l’ARC effectue dans
le domaine des économies d’énergie en
copropriété.
Ceux
qui sont intéressés par ces questions
peuvent en profiter pour lire l’article
consacré ici même au « Chantier Copropriété » du Comité
Stratégique du Grenelle de l’Environnement :
voir :
http://www.unarc.asso.fr/site/actual/actudumo/0909/chantiergrenelle.pdf
Voici
ce long et très intéressant article
des ECHOS :
« Grenelle de l'environnement : l'immense
chantier des copropriétés
[ 17/09/09 ]
« Verdir » les copropriétés n'est pas encore
obligatoire. Toutefois, le Grenelle
de l'environnement ne peut faire l'impasse
sur la mise aux normes thermiques, notamment,
des immeubles d'habitation anciens.
Un chantier de près de 8 millions
de logements évalué à plus de 500 milliards
d'euros.
Aucune loi ne contraint encore
les copropriétés à la vertu écologique.
Pourtant, pour atteindre les objectifs
fixés par le Grenelle 1 de l'environnement
de diviser par quatre les émissions
de gaz à effet de serre d'ici à 2050,
les propriétaires des quelque 7,5 millions
de lots intégrés à des immeubles collectifs
ont du pain sur la planche. Pour l'instant,
le gouvernement a choisi de les encourager
sans les contraindre. C'est dans ce
sens qu'avance le comité stratégique,
Bâtiment Grenelle, présidé par Philippe
Pelletier,
l'ancien président de l'Agence nationale
de l'habitat (Anah).
L'un de ses groupes de travail, le
chantier copropriété, est copiloté
par Bruno Dhont, directeur de l’ARC et responsable
de l'Union nationale des associations
des responsables de copropriétés (Unarc), et Jérôme Dauchez, président de l'Unis (Union des
syndicats de l'immobilier) qui regroupe
bon nombre de syndics. Le plus souvent
en guerre, syndics et copropriétaires
parlent pour une fois d'une seule voix.
Ils affichent le même pessimisme devant
l'énormité des travaux à réaliser. « Pour certains immeubles, ce sera assez simple mais coûteux, pour
d'autres, construits entre les années
1950 et 1975, les normes ne seront jamais
atteintes. Imaginez un bâtiment en brique
sans aucune mitoyenneté, on ne pourra
jamais l'isoler. Ses copropriétaires
devront-ils pour autant payer la taxe carbone
alors que leur budget sera déjà plombé
par leurs factures de chauffage ? »
Les deux responsables déplorent également
l'absence d'aides directement adressées
à l'entité copropriété et la difficulté
à mobiliser, au profit de l'ensemble
de l'immeuble, les subventions ou les
prêts à disposition de chacun des propriétaires.
C'est le cas de l'écoprêt à taux zéro par exemple. À l'échelle d'une copropriété
de 20 lots (la moyenne en France),
ce dispositif permettrait de réunir
jusqu'à 600.000 euros pour des
travaux très ciblés d'isolation ou d'équipements
visant à réaliser des économies d'énergie.
Encore faudrait-il que tous les copropriétaires
le demandent en même temps et que les
banques le leur accordent. « Cela n'a rien d'évident :
les plus âgés auront du mal à obtenir
des prêts et ne seront pas forcément
intéressés par un retour sur investissement
dans vingt ans, explique Bruno Dhont. De même, des ménages qui prévoient de déménager un, deux, voire cinq ans
plus tard, ne choisiront pas forcément
de verser leurs 30.000 euros au
pot commun, même pour isoler le toit
ou changer la chaudière. » Enfin l'obligation d'effectuer les travaux en deux ans paraît irréaliste
au regard de l'inertie des copropriétés :
elles votent leurs décisions une fois
par an, au cours de l'assemblée générale.
Les établissements financiers eux-mêmes
ne facilitent pas les choses :
sur les quelque 30.000 écoprêts
à taux zéro accordés jusqu'en juillet
dernier, aucun n'aurait été octroyé
au financement de travaux collectifs.
Des mesures concrètes
Le fonctionnement de ces communautés
rencontre un autre écueil : leur
comptabilité annuelle rend très difficile
la planification de travaux importants
à financer sur plusieurs années, ceux-là
même encouragés par le Grenelle. Les
provisions spéciales ne dépassent pas
trois ans et ne sont pas obligatoires.
Dans les faits, ce système est assez
peu utilisé par des copropriétaires
dont 30 % sont des ménages très
modestes.
Le groupe de travail qui remettra son
rapport en 2010 en a fixé le cadre et
énoncé les mesures déjà envisagées,
voire expérimentées. Il en va ainsi
de « L'Ecoplan
pour tous » qui sera lancé à la
fin du mois de septembre. Ce document
mis au point par l'Unarc
et la société d'administration de biens
Foncia
s'adresse aux conseils syndicaux et
aux syndics. Il explique en termes simples
comment mesurer soi-même les consommations
de son immeuble et les bonnes questions
à se poser. « Ces résultats, leur
détail et leur explication permettent
déjà d'éviter le gaspillage et de faire
baisser certaines factures de 20 %,
sans travaux, par un comportement plus
vertueux et plus citoyen », affirment les deux pilotes du groupe
de travail. Ce diagnostic devrait jouer
le rôle de déclencheur, mobiliser les
copropriétaires et les pousser à entamer
des travaux suivant un cahier des charges
pluriannuel précis. Ils proposent également
d'appliquer à l'immeuble le diagnostic
de performance énergétique (DPE), réalisé
aujourd'hui par les propriétaires lorsqu'ils
vendent ou louent leur logement.
D'autres pistes plus ambitieuses risquent
de se heurter au principe même de la
propriété : « L'idée de travaux d'intérêt commun sur des parties privatives est
désormais admise par tous », est-il écrit dans la
première version du texte. Cela signifie
que des copropriétaires pourraient par
exemple être contraints à isoler leurs
fenêtres (parties privatives) rendues
responsables des déséquilibres thermiques
de l'immeuble dans son ensemble. Ces
décisions devront bien sûr être votées
en assemblée générale. Cela mène à réformer
les règles de majorité trop contraignantes
lorsqu'elles prennent en compte tous
les copropriétaires, y compris les absents
non représentés.
Le groupe de travail insiste sur la
garantie des résultats. Trop d'opérations
longues et coûteuses se révèlent décevantes
au regard des économies financières
constatées ou du trop long retour sur
investissement. « D'où l'importance, écrivent les experts, de mettre en place un système de garantie, les compagnies d'assurances
devant susciter, en partenariat avec
des bureaux d'études et des entreprises,
la mise en place de dispositifs favorisant
l'obtention des résultats annoncés. » Ils préconisent aussi l'invention
de nouveaux produits d'épargne ou d'incitations
fiscales qui permettraient de répondre
au problème le plus crucial des copropriétaires
et des copropriétés : le manque
d'argent.
CATHERINE SABBAH, Les Echos