I-
Une enquête « éclaire »
Comme
nous vous l’avions annoncé,
nous avons décidé de revenir
sur les prix abusifs et
les pratiques illégales
repérés chez de nombreux syndics
à l’occasion des ventes de
lots de copropriété.
Rappelons
que les syndics exigent très
souvent, à l’occasion de ces
ventes, des honoraires tant
de la part du vendeur que
de la part de l’acheteur.
Suite
à une première enquête éclaire
portant sur une centaine de
contrats de syndics récents
transmis par nos adhérents,
nous sommes en mesure de dresser
un tableau très affligeant
de la situation, tableau qui
va justifier, évidemment,
des réactions et actions de
notre part.
À noter que ces contrats sont des contrats adressés à nos adhérents pour
des assemblées générales
qui se sont tenues depuis
le 16 juillet 2006, date
de publication de la loi
E.N.L. qui a pourtant précisé
clairement les règles applicables
aux honoraires en cas de
mutations. Nous y reviendrons.
1-
Des honoraires nombreux et proprement abusifs
a) Honoraires de mutation
Sans
même parler des aspects « illégaux »
que nous verrons plus loin,
les résultats concernant les
honoraires perçus au titre
des seuls « frais
de mutation » laissent
pantois.
Lorsque
l’on additionne les frais
de base demandés au vendeur
et à l’acquéreur, nous obtenons
les résultats suivants :
de 200
à 300 euros……………….22 % des
contrats
de 300 à 400 euros………………13,6 %
de
400 à 500 euros………………40,9
%
plus
de 500 euros…………………22,7 %
Ces
frais recouvrent les honoraires
de réponses au questionnaire
des notaires (état daté plus
réponse aux questions concernant
l’immeuble).
Ainsi
près des deux tiers des syndics
prélèvent-ils - pour répondre
à un questionnaire du notaire
qui requiert une heure de
travail - plus de 400 euros,
soit de deux à trois fois
le montant annuel de gestion
d’un lot !
Même
si l’on considère que le taux
moyen d’un responsable chez
un syndic s’élève entre 80
à 130 euros TTC, cela représente
trois
à CINQ heures de travail.
Du pur délire.
Mais
ce n’est pas tout.
b) Les autres honoraires
On
est, en effet, ébahi de constater
- sur notre échantillon -
que 36 % des syndics réclament
des honoraires dit de « frais
de tenu de compte (vendeur) »
(situés entre 100 et 150 euros).
Enfin
près de 23 % applique EN PLUS
des frais à l’acquéreur (entre
40 et 60 euros) pour diverses
raisons (frais d’ouverture
de fichier ; présentation
du carnet d’entretien, etc). On arrive ainsi à des honoraires cumulés qui peuvent
dépasser 800 euros TTC pour
UNE seule vente. HUIT CENT
EUROS, 5.300 francs !
2-
Des honoraires par ailleurs en très grande partie illégaux
Rappelons
que la loi du 13 juillet 2006
qui a modifié l’article 10-1
de la loi du 10 juillet 1965 :
-
la
perception d’honoraires privatifs,
MAIS uniquement pour établissement
de « l’état daté » (situation financière
du vendeur) ;
-
la
perception d’honoraires auprès
du SEUL vendeur.
En
conséquence est illégale :
-
la
perception d’honoraires qui
concerne le reste du questionnaire
du notaire (ce qui n’est pas
« l’état
daté ») ;
-
la
perception d’honoraires auprès
des acquéreurs.
Or,
que révèle notre enquête à
ce sujet ? ceci :
a-
en
l’état actuel des contrats
qui sont adressés aux copropriétaires,
AUCUN ne répond aux exigences
de la loi E.N.L., les syndics
continuant à facturer des
« honoraires de mutation » qui concerne
la
TOTALITÉ
de la réponse au questionnaire
du notaire et non le seul
état daté ;
b-
par
ailleurs 64 % des syndics
appliquent des honoraires
aux acquéreurs, ce qui est - là aussi - totalement illégal.
Conclusion :
- des honoraires cinq
fois trop chers dans les
2/3 des cas ;
- des honoraires en partie
illégaux dans 100 % des
cas.
II-
Le problème des frais d’établissement
du « questionnaire
du notaire » hors
« état
daté »
La
loi E.N.L. du 13 juillet 2006
qui a modifié sur ce point
(à la demande des syndics)
l’article 10-1 de la loi du
10 juillet 1965, précise donc
que le syndic ne peut imputer
que les frais d’état daté
et qu’il ne peut le faire
qu’auprès du vendeur.
« Oui mais, diront les syndics, l’état daté ne représente qu’une partie
du questionnaire du notaire ;
qui va payer l’établissement
du reste ? La
Copropriété ?
Ce ne serait pas juste ».
Nous
sommes d’accord. Ce ne doit
pas être la copropriété, mais
cela ne doit pas être non
plus le vendeur ni l’acheteur :
« Alors,
qui ? ».
C’est
simple, il suffit de se rappeler
que le notaire est DÉJÁ payé
pour cela. Si le notaire estime
qu’il doit s’adresser au syndic
pour obtenir les renseignements
nécessaires à la vente, il
doit :
1)
demander
les renseignements au syndic
(libre d’ailleurs de les fournir
ou non) ;
2)
régler
directement le syndic en utilisant
pour cela ses propres honoraires
de vente…
En
fait ce qu’on oublie, aujourd’hui,
c’est que lorsque le syndic
demande illégalement au vendeur
des honoraires pour réponse
au questionnaire du notaire,
c’est une façon de faire payer
une deuxième fois le vendeur :
-
une
fois au notaire ;
-
une
fois au syndic.
Nous avons déjà signalé ce problème au Conseil Supérieur du Notariat
qui depuis deux ans n’a
pas trouvé le temps de nous
répondre.