Nous
l’avons rappelé dans un article rédigé à la suite
de l’émission de France-Inter sur les ascenseurs
(émission qui opposait l’ARC à la Fédération
des Ascenseurs) : la
DGCCRF est totalement « absente » de la bataille relative à la mise en sécurité des ascenseurs
et - bien qu’il s’agisse de travaux obligatoires
imposés par l’Etat - laisse les usagers et copropriétaires
totalement seuls face aux appétits gigantesques
des ascensoristes.
Profitant
du report de deux ans et demi du délai du 3 juillet
2008 que nous obtenu des pouvoirs publics, nous
avons donc - une nouvelle fois - saisi le Ministère
de l’Economie de ces problèmes.
Voici le courrier :
« Madame LAGARDE
- Ministre
Ministère
de l’Economie
139, rue de Bercy
75012 PARIS
Paris, le 1er
Octobre 2007
Madame la Ministre,
En l’absence, toujours regrettée, d’un
directeur ou d’une directrice de la
DGCCRF, nous nous permettons
de revenir vers vous au sujet de divers problèmes
concernant le coût et le suivi des travaux de
mise en conformité des ascenseurs (article 79
de la loi Habitat du 2 juillet 2003) qui pèsent
sur les millions de copropriétaires concernés.
I-
Nous venons, comme vous le savez, d’obtenir le principe
du report du premier délai de mise en conformité.
Le report de la première échéance de travaux au
31 décembre 2010 est évidemment, pour les usagers,
une bonne nouvelle, puisqu’il va permettre de
faire procéder à cette mise en conformité dans
de meilleures conditions.
Cependant ce
report ne sera véritablement utile et efficace
que si la DGCCRF et les DDCCRF rappellent
aux ascensoristes :
a)
que les copropriétés doivent être considérées comme
des « consommateurs » ;
b)
qu’à ce titre les devis de travaux qui leur sont présentés
doivent respecter les dispositions applicables
aux consommateurs à savoir :
-
décomposition des prix en main d’œuvre et fournitures ;
-
fourniture du détail du coût de la main d’œuvre (prix
horaire et nombre d’heures) ;
-
fourniture du détail du prix des fournitures avec prix
unitaire des matériels et description concernant
le matériel.
Vous le savez,
seule l’application rigoureuse de ces dispositions
peut permettre aux copropriétaires de contrôler
les devis et donc de faire baisser les prix.
II-
Au-delà du problème de la conformité des devis avec
la réglementation se pose le problème d’autres
abus concernant ce marché de travaux estimé à
huit milliards d’euros.
Nous avons
déjà essayé d’attirer l’attention de votre Administration
sur ces sujets et plus particulièrement :
a)
sur les abus concernant les types de travaux prétendument
obligatoires ;
b)
sur les pratiques relatives à des ententes de prix ou
des partages de marché (exemple : refus de
répondre à des appels d’offre ou réponses sur
des bases tarifaires fantaisistes).
Puisqu’un délai supplémentaire est accordé,
nous pensons que celui-ci doit être mis à profit
pour permettre, enfin, que soient diligentées
ces enquêtes que nous demandons depuis trois ans.
Est-ce trop demandé, alors qu’il s’agit
de travaux obligatoires et que le marché
potentiel est, comme nous l’avons dit, de près
de huit milliards d’euros et sans doute plus ?
Dans l’espoir que vous voudrez bien donner
suite à notre requête, nous vous prions de recevoir,
Madame la Ministre, l’assurance de
notre haute considération.
Fernand CHAMPAVIER
Le Président ».