Ça
ne vous étonne pas, vous, le fait que le Président de
l’UNPI - qui est pourtant une association de propriétaires
et de copropriétaires - ne manque pas une occasion (depuis
quelques semaines) d’écrire que « les syndics bénévoles c’est dangereux » ?
De
la part d’une organisation qui siège à côté des syndics
au CNC (Conseil National de la
Consommation) lorsqu’il s’agit de négocier
les contrats de syndic et qui accueille de nombreux syndics
dans ses conseils d’administration, cela n’est pas vraiment
étonnant, mais nous sommes quand même stupéfaits.
Car
avec le problème des syndics bénévoles, les limites sont
dépassées.
I-
Les syndics professionnels et l’insécurité
financière, judiciaire et autre
Il
est, en effet, inadmissible que - pour défendre les syndics
professionnels - on puisse se permettre d’accuser les
syndics bénévoles - sans citer le moindre fait - d’être
des « facteurs
de danger ».
D’où
notre lettre adressée au Président de l’UNPI :
« Monsieur,
Voilà plusieurs fois en quelques mois
que vous écrivez ou dites qu’il faut être inconscient
pour élire un syndic bénévole, car la gestion des copropriétés
par des syndics bénévoles serait, selon vous, dangereuse,.
Voilà une bien étrange affirmation.
Il faudrait nous faire connaître à nous
et à nos deux mille adhérents syndics bénévoles les nombreux
cas que vous n’avez pas manqués de constater et qui vous
permettent de lancer « en l’air » ces accusations
diffamatoires.
À défaut, il faudra vous excuser auprès
des milliers de syndics bénévoles qui gèrent les immeubles,
la plupart du temps beaucoup mieux que les syndics professionnels
dont vous semblez ignorer que eux - syndics professionnels
- ils exposent effectivement et de façon non marginale
leurs clients à :
-
l’insécurité financière ;
-
l’insécurité juridique ;
-
mais aussi l’insécurité des biens et des personnes.
Vous
êtes sceptique ?
- Insécurité
financière : depuis le début 2008 c’est au minimum une
quinzaine de faillites de syndics
professionnels suite à détournement de fonds
qu’ont subies les copropriétaires, ceux-ci attendant
en vain d’être indemnisés par les caisses de garantie
(syndics :
IBS, Autre Gestion, Gérance Expert, GMG, Hermabessière,
Immobilière Saint-Sébatien, etc. ; caisse
de garantie : LLOYD’S).
- Insécurité
juridique : en ce qui concerne l’insécurité juridique
veuillez vous rappeler que des milliers de copropriétés
se retrouvent SOUS
administration judiciaire à leurs frais en raison des
carences ou erreurs de gestion de leur syndic professionnel
(dernier cas datant d’hier : une grosse copropriété
Nantaise dont la gestion a été reprise par FONCIA dans
des conditions incorrectes et qui doit passer par l’administration
judiciaire).
- Insécurité
des biens et des personnes : enfin, on peut ajouter qu’aucun
des immeubles vétustes ou non dans lesquels des incendies
se sont déclarés en parties communes faute d’entretien
n’était géré
par un bénévole. AUCUN.
Par conséquent, cela
veut dire que tous ces immeubles étaient gérés par des syndics professionnels. Même chose
pour les immeubles où se sont produits des accidents d’ascenseurs
graves dont la presse se fait l’écho régulièrement (dernier
en date : un immeuble géré par le cabinet LOISELET
dont nous avons rappelé les liens étroits qu’il entretenait
avec l’UNPI-Paris, ( voir abus numéro 1432)
!
On pourrait
dire - en utilisant vos propres arguments - que ce sont
les immeubles gérés par des syndics professionnels qui
sont dangereux, donc les syndics professionnels eux-mêmes
qui sont « facteurs de danger ». Ce serait un
peu facile, ne pensez-vous pas ?!
II-
Les syndics bénévoles et l’UNPI
En tant que Président de l’UNPI vous avez
même été jusqu’à évoquer explicitement le danger qu’il
y avait à confier la gestion d’une copropriété avec chauffage
collectif à un syndic bénévole « parce que la chaudière
pourrait exploser faute d’entretien » !
Il est proprement honteux et révoltant
qu’un responsable d’association nationale de copropriétaires
puisse proférer de telles « âneries » qui rappellent
étrangement les discours des ascensoristes lorsqu’ils
veulent imposer aux copropriétaires des travaux inutiles
et brandissent des dangers illusoires pour affoler les
assemblées générales.
Pourquoi voulez-vous faire peur aux copropriétaires
gérés par des syndics bénévoles ? Pour les inciter
à choisir des syndics professionnels ?
Sachez, monsieur, qu’une chaudière est
rarement aussi bien entretenue que quand la copropriété
est gérée par un syndic bénévole car - lui
- il sera là lorsque le chauffagiste viendra, car -lui
- il saura lui demander de faire son travail correctement,
car - lui - (rappelez-vous) il habite neuf fois
sur dix sur place.
Néanmoins nous vous demandons de nous
faire savoir QUEL
immeuble aurait été concerné par un tel sinistre(explosion
d’une chaudière non entretenue !!!) et QUELLE
expertise aurait déclaré responsable le syndic bénévole
en place. À défaut, comme indiqué, nous pensons que vous
devriez présenter vos excuses aux syndics bénévoles, à
tous les syndics
bénévoles que vous avez ainsi stigmatisés sans le moindre
début de faits concrets, simplement pour complaire aux
syndics professionnels et inciter les copropriétaires
à ne pas se passer de leurs services.
Dans cette attente, veuillez recevoir,
Monsieur, l’assurance de nos salutations distinguées ».
Conclusion :
-
Ce ne sont pas les syndics bénévoles qui - jusqu’à preuve
du contraire - créent de l’insécurité.
-
Non, pas les syndics bénévoles.
-
Est-ce que le Président de l’UNPI arrêtera pour autant
ses divagations calomniatrices ? Pas sûr.
-
Est-ce qu’il présentera ses excuses aux milliers de
syndics bénévoles concernés ? Pas sûr, non plus.