ARC Abus n°1558: 22 10 08/©

Syndics bénévoles : lettre ouverte à l’UNPI 

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Ça ne vous étonne pas, vous, le fait que le Président de l’UNPI - qui est pourtant une association de propriétaires et de copropriétaires - ne manque pas une occasion (depuis quelques semaines) d’écrire que « les syndics bénévoles c’est dangereux » ?

De la part d’une organisation qui siège à côté des syndics au CNC (Conseil National de la Consommation) lorsqu’il s’agit de négocier les contrats de syndic et qui accueille de nombreux syndics dans ses conseils d’administration, cela n’est pas vraiment étonnant, mais nous sommes quand même stupéfaits.

Car avec le problème des syndics bénévoles, les limites sont dépassées.

 

I-                   Les syndics professionnels et l’insécurité financière, judiciaire et autre

 

Il est, en effet, inadmissible que - pour défendre les syndics professionnels - on puisse se permettre d’accuser les syndics bénévoles - sans citer le moindre fait - d’être des « facteurs de danger ».

D’où notre lettre adressée au Président de l’UNPI :

 

« Monsieur,

Voilà plusieurs fois en quelques mois que vous écrivez ou dites qu’il faut être inconscient pour élire un syndic bénévole, car la gestion des copropriétés par des syndics bénévoles serait, selon vous, dangereuse,.

Voilà une bien étrange affirmation.

Il faudrait nous faire connaître à nous et à nos deux mille adhérents syndics bénévoles les nombreux cas que vous n’avez pas manqués de constater et qui vous permettent de lancer « en l’air » ces accusations diffamatoires.

À défaut, il faudra vous excuser auprès des milliers de syndics bénévoles qui gèrent les immeubles, la plupart du temps beaucoup mieux que les syndics professionnels dont vous semblez ignorer que eux - syndics professionnels - ils exposent effectivement et de façon non marginale leurs clients à :

-          l’insécurité financière ;

-          l’insécurité juridique ;

-          mais aussi l’insécurité des biens et des personnes.

Vous êtes sceptique ?

  • Insécurité financière : depuis le début 2008 c’est au minimum une quinzaine de faillites de syndics  professionnels suite à détournement de fonds qu’ont subies les copropriétaires, ceux-ci attendant en vain d’être indemnisés par les caisses de garantie (syndics : IBS, Autre Gestion, Gérance Expert, GMG, Hermabessière, Immobilière Saint-Sébatien, etc. ; caisse de garantie : LLOYD’S).
  • Insécurité juridique : en ce qui concerne l’insécurité juridique veuillez vous rappeler que  des milliers de copropriétés se retrouvent SOUS administration judiciaire à leurs frais en raison des carences ou erreurs de gestion de leur syndic professionnel (dernier cas datant d’hier : une grosse copropriété Nantaise dont la gestion a été reprise par FONCIA dans des conditions incorrectes et qui doit passer par l’administration judiciaire).
  • Insécurité des biens et des personnes : enfin, on peut ajouter qu’aucun des immeubles vétustes ou non dans lesquels des incendies se sont déclarés en parties communes faute d’entretien n’était géré par un bénévole. AUCUN.

Par conséquent, cela veut dire que tous ces immeubles étaient gérés par des syndics professionnels. Même chose pour les immeubles où se sont produits des accidents d’ascenseurs graves dont la presse se fait l’écho régulièrement (dernier en date : un immeuble géré par le cabinet LOISELET dont nous avons rappelé les liens étroits qu’il entretenait avec l’UNPI-Paris, ( voir abus numéro 1432)  !

On pourrait dire - en utilisant vos propres arguments - que ce sont les immeubles gérés par des syndics professionnels qui sont dangereux, donc les syndics professionnels eux-mêmes qui sont « facteurs de danger ». Ce serait un peu facile, ne pensez-vous pas ?!

 

II-                 Les syndics bénévoles et l’UNPI

 

En tant que Président de l’UNPI vous avez même été jusqu’à évoquer explicitement le danger qu’il y avait à confier la gestion d’une copropriété avec chauffage collectif à un syndic bénévole « parce que la chaudière pourrait exploser faute d’entretien » !

Il est proprement honteux et révoltant qu’un responsable d’association nationale de copropriétaires puisse proférer de telles « âneries » qui rappellent étrangement les discours des ascensoristes lorsqu’ils veulent imposer aux copropriétaires des travaux inutiles et brandissent des dangers illusoires pour affoler les assemblées générales.

Pourquoi voulez-vous faire peur aux copropriétaires gérés par des syndics bénévoles ? Pour les inciter à choisir des syndics professionnels ?

 

Sachez, monsieur, qu’une chaudière est rarement aussi bien entretenue que quand la copropriété est gérée par un syndic bénévole car - lui - il sera là lorsque le chauffagiste viendra, car -lui - il saura lui demander de faire son travail correctement, car - lui - (rappelez-vous) il habite neuf fois sur dix sur place.

Néanmoins nous vous demandons de nous faire savoir QUEL immeuble aurait été concerné par un tel sinistre(explosion d’une chaudière non entretenue !!!) et QUELLE expertise aurait déclaré responsable le syndic bénévole en place. À défaut, comme indiqué, nous pensons que vous devriez présenter vos excuses aux syndics bénévoles, à tous les syndics bénévoles que vous avez ainsi stigmatisés sans le moindre début de faits concrets, simplement pour complaire aux syndics professionnels et inciter les copropriétaires à ne pas se passer de leurs services.

Dans cette attente, veuillez recevoir, Monsieur, l’assurance de nos salutations distinguées ».

 

Conclusion :

-          Ce ne sont pas les syndics bénévoles qui - jusqu’à preuve du contraire - créent de l’insécurité.

-          Non, pas les syndics bénévoles.

-          Est-ce que le Président de l’UNPI arrêtera pour autant ses divagations calomniatrices ? Pas sûr.

-          Est-ce qu’il présentera ses excuses aux milliers de syndics bénévoles concernés ? Pas sûr, non plus.

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