- Nouvel article très
intéressant du PARTICULIER réalisé par Nathalie COULAUD.
Nous en reproduisons ci-dessous les extraits les plus
intéressants ainsi que l’encart consacré à une de nos
adhérents syndics bénévoles.
- À noter que le PARTICULIER :
- évoque enfin les
nouveaux contrats d’ascenseur et (après l’ARC) met
en garde les copropriétaires contre la clause de vétusté ;
- renvoit - comme guide pratique sur le sujet - à notre
excellent (mais oui) guide : « Ascenseurs : comment
éviter le pire ? », la réponse étant évidemment
: « en
lisant le guide de l’ARC ».
Voici
des extraits de cet article :
« Sécurisez sans payer
La première tranche des travaux de mise en conformité
des ascenseurs doit être terminée avant le 31 décembre
2010. Compte tenu des délais de procédure et de réalisation
des travaux, les copropriétaires n'ont pas de temps à
perdre.
En mars dernier, de nombreuses copropriétés ont poussé
un soupir de soulagement: le ministère du Logement venait
de reporter l’échéance de la première tranche des travaux
de mise en sécurité des ascenseurs du 3 juillet 2008 au
31 décembre 2010 (décret n° 2008-291 du 28 mars
2008, JO
du 30). Dorénavant, les échéances des travaux sont
les suivantes : 31 décembre 2010 pour la première
phase, le 3 juillet 2013 et le 3 juillet 2018 pour les
dates suivantes.
Réclamé tant par les ascensoristes que par les associations
de copropriétaires, le report d'échéance de la première
phase de travaux était, de fait, indispensable. Les textes
d'application de la loi Urbanisme et Habitat étant parus
tardivement (en septembre 2004), les copropriétés avaient
eu très peu de temps pour se mettre en règle. Une étude
de la Direction générale de l'urbanisme,
de l'habitat et de la construction montre d'ailleurs que,
fin 2006, seulement 10 % des ascenseurs avaient fait l'objet
de travaux. Débordés, les ascensoristes étaient incapables
de répondre à la demande, et nombre d'entre eux profitaient
de la situation pour pratiquer des tarifs abusifs,
II était donc impératif que les pouvoirs publics interviennent.
Le répit accordé n'est toutefois pas dénué d'effets pervers.
Il crée l'illusion, chez certains copropriétaires, qu'ils
peuvent désormais prendre leur temps pour lancer les
travaux.
Demandez un
audit de votre ascenseur. La première étape est de contacter un bureau
d’études pour faire réaliser un audit de votre ascenseur. L’arrêté du 18 novembre 2004 détaille les travaux
à mettre en œuvre pour sa mise en conformité. I est très technique et seul un spécialiste
saura lesquels s’imposent, en fonction des caractéristiques,
de l’âge et des éventuels travaux déjà effectués sur l’appareil. Il vaut mieux confier l’audit à un bureau d’études
indépendant. Pour
un coût de 400 à 700 € par ascenseur, celui-ci l’examinera
et rédigera un cahier des charges détaillé, poste par
poste, des travaux à entreprendre. Vous pouvez aussi lui demander d’organiser l’appel
d’offres auprès de 4 ou 5 ascensoristes, de vous assister
dans le choix du prestataire, puis d’assurer le suivi
des travaux. Dans ce cas, il vous en coûtera au total un
pourcentage du montant hors taxe des travaux.
Sachez par ailleurs que l’Association des Responsables
de Copropriété réalise pour ses adhérents, des audits
d’ascenseurs pour 600 €.
Méfiez-vous, en revanche, des cabinets d’audit
proposés par le syndics ou les ascensoristes. Car ils peuvent leur être liés financièrement
(filialisation, rétro commissions…) et ont alors fâcheusement
tendance, d’une part, à facturer l’audit très cher et,
d’autre part, à
préconiser le maximum de travaux.
Pour la copropriété de Michel, à Nice,
la somme à payer était rondelette.
« Notre
syndic a pris l’initiative de commander des travaux sans
avoir obtenu notre accord en assemblée générale, raconte
Michel. Nous les
avons refusé et lui avons demandé de lancer un audit ».
Faites jouer
la concurrence entre ascensoristes. Une fois obtenu un rapport d’audit
incluant le cahier des charges des travaux, vous devez
sélectionner l’ascensoriste qui les réalisera.
Si un ou plusieurs membres de votre conseil syndical
disposent du temps nécessaire, nous vous conseillons de
lancer vous-même l’appel d’offres et d'étudier sérieusement
les devis car les prix peuvent varier énormément. La copropriété
de Frédérique, à Rambouillet, a réussi de cette façon
à diminuer de moitié la facture. « Dans
notre immeuble, il fallait mettre en conformité 9 ascenseurs,
jamais rénovés depuis 1976, explique-t-elle. Nous avons
lancé nous-mêmes un appel d'offres, Koné, notre ascensoriste, pensant sans doute qu'il ne pouvait
pas perdre le marché a tardé à répondre. Schindler nous a demandé 60 000 € par ascenseur, Thyssen-Krupp,
que nous avons choisi 30 000 € par ascenseur.
» Comme Frédérique, vous allez certainement adresser votre
appel d'offres à certains des grands ascensoristes : Otis,
Koné, Thyssen-Krupp
et Schindier. Ils sont, en effet,
incontournables car ils détiennent les trois quarts du marche. Mais vous avez intérêt à élargir votre consultation
à des PME locales ou à des filiales de ces quatre grands
ascensoristes de manière à faire jouer à plein la concurrence.
Pour vous faire recommander des sociétés sérieuses, adressez-vous
à l'ARC ou à la Fédération
des ascenseurs.
Traquez les
abus dans les devis.
Vous pourrez également réaliser d'importantes économies
en repérant, dans les devis, tous les équipements ou travaux
inutiles, car même dans le cadre d'un appel d'offres,
certains ascensoristes n'hésitent pas à outrepasser les
préconisations du cahier des chaînes. «Nous avons réussi
à faire baisser de 30000 € à 20000 € le devis de notre
ascensoriste en lui faisant supprimer
tous les travaux qui n’étaient pas rendus obligatoires
par la législation », témoigne Alain, président du
conseil syndical d’une copropriété parisienne. Soyez particulièrement
vigilant si vous demandez un devis pour une téléalarme.
Les ascensoristes ont trop souvent tendance à proposer
l’installation d’une télésurveillance à la place de cet
équipement. Une
téléalarme, obligatoire à compter de juillet 2013, permet
aux personnes bloquées dans l’ascenseur de prévenir un
centre de sécurité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Alors que la télésurveillance qui n’est pas obligatoire,
permet, en plus, de vérifier à distance les différents
organes de l’appareil. La téléalarme vous sera facturée 1 300 € (plus
30 € d’abonnement mensuel)
contre 1 700 € pour la télésurveillance (plus 60
€ d’abonnement mensuel). Autre moyen efficace de faire baisser la facture :
exiger des devis distinguant le prix des équipements de
celui de la main-d’œuvre.
Ainsi, le coût de la pose d’un limiteur de vitesse
se détaille généralement comme suit : 300 € de matériel
plus 480 € de main-d’œuvre (8 heures de travail à 60 €),
soit un total de 780 €.
Alors que, dans leur devis, certains ascensoristes
n’hésitent pas à afficher un prix forfaitaire global de
2 200 € ! Pour
certains travaux enfin, vous n’êtes pas obligé de vous
adresser à un ascensoriste : un électricien peut
tout à fait installer un éclairage dans les locaux des
poulies et des machines ou sécuriser les armoires électriques ;
un serrurier peut fermer
l’accès aux locaux techniques.
Ces professionnels se révèlent parfois nettement
moins chers.
Renégociez
votre contrat de maintenance. Enfin, profitez de votre appel d’offres pour
remettre à plat le contrat de maintenance qui vous lie
à un ascensoriste. Prendre le même prestataire pour les travaux
de mise en conformité de l’appareil et pour son entretien
régulier vous permettra de négocier ces deux postes en
parallèle et donc d’obtenir des prix plus intéressants.
De plus, la loi d’Urbanisme et Habitat du 3 juillet
2003 et son arrêté d’application du 18 novembre 2004 obligent
les copropriétés à modifier leurs contrats de maintenance.
Une fois que vous aurez lancé les travaux de mise en
conformité et que vous aurez renégocié le contrat de maintenance,
n’oubliez pas que la loi Urbanisme et Habitat vous oblige
à procéder à un premier contrôle technique de votre ascenseur
un an après l’achèvement des travaux et, au plus tard,
en décembre 2011.
Encart :
« Gisèle GUILLON syndic non professionnel adhérent
à l’ARC.
Notre immeuble date de 1914. L’ascenseur avait déjà
fait l’objet de travaux.
Notamment, la sécurité avait été améliorée par
la pose d’un système de verrouillage des portes palières.
En 2004, France Logique, notre ascensoriste filiale
du groupe Otis,
nous a envoyé une facture de 4.895 € pour modernisation
de l’appareil. Pourtant, aucuns travaux n’avaient été votés
en assemblée générale !
La facture non détaillée nous semblait très élevée
car un audit, que nous avions fait réaliser auparavant
par le bureau d’études Ecomex
(pour 600 €) conseillé par l’ARC, confirmait que l’ascenseur
ne nécessitait pas de travaux importants.
Nous avons donc refusé de payer et fait appel
à un petit ascensoriste, dont le devis s’élevait à 1.928
€ pour la première tranche de travaux obligatoires. Nous lui avons aussi confié la maintenance de
l’ascenseur pour un montant trimestriel de 450 €, contre
521 € pour France Logique.