Dans
le cadre d’une tribune libre que l’on peut découvrir
sur le site Internet UNIVERSIMMO, un grand banquier
- Bernard Terrasse, Directeur du Département des
Professions Immobilières de la BRED, Banque Populaire, banque
propriétaire, par ailleurs, du groupe FONCIA - confirme
ce que nous ne cessons de dire depuis des années :
le
système de garantie des syndics professionnels est
une vaste plaisanterie.
Plus grave : ce banquier - dont nous allons citer les propos
- explique en quelques phrases :
a)
que les garants
échappent FACILEMENT à leurs obligations (ce que
nous ne cessons de dire) ;
b)
qu’en conséquence,
le système de garantie ne coûte pas cher au garant
(et même presque rien) ;
c)
que les « mauvais » garants le
savent et qu’ils n’hésitent donc pas à vendre bon
marché leur garantie en « fer blanc » à des syndics douteux qui, sans cela, ne pourraient
pas exercer.
En
deux mots, non seulement le système de garantie
ne joue pas en cas de faillite mais ce système de
« fausse
garantie » explique la prolifération
d’abord de mauvais garants (voir les articles sur
le site de l’ARC consacrés à la LLOYD’S-SEGAP, par exemple),
ensuite de mauvais syndics.
Voici les extraits de la tribune libre de Bernard Terrasse, tirés du site
Internet UNIVERSIMMO :
« Il faut faciliter la mise en œuvre de la garantie
financière par ses bénéficiaires finaux en cas de
non représentation des fonds par un professionnel
défaillant. En effet, pour que cette garantie
soit opérante, la créance de la copropriété, (…),
doit être certaine liquide et
exigible. Dès lors que le créancier n'a pu
faire expertiser et juger que le professionnel lui
doit une certaine somme, le garant n'est pas obligé
légalement de rembourser les fonds.
Comme chaque syndicat de copropriété,
propriétaire ou locataire
(…) n'a pas le plus souvent les ressources
nécessaires pour mener individuellement une procédure
judiciaire à l'encontre des garants, il se retrouve
donc contraint d'abandonner le recouvrement de ses
fonds.
De ce fait, malgré un nombre de défaillances,
peu élevé, mais
néanmoins non négligeable, les montants des
sinistres pour lesquels les garants sont réellement
appelés sont très inférieurs aux sinistres réels.
Ainsi pour les garants concernés, le coût de ces
sinistres est très faible. En l'état l'activité
de délivrance de garanties financières, au titre
de la Loi Hoguet, peut être
une activité rentable.
Cette situation s'est amplifiée avec
l'évolution de la réglementation bancaire qui exige
des établissements financiers et bancaires un niveau
de fonds propres plus important que le niveau applicable
aux autres acteurs délivrant ce type de garanties.
Ceci a d'ailleurs amené certaines sociétés
de cautionnement mutuel à changer de statuts, passant
de celui d'établissement financier à celui de compagnie
d'assurance.
En effet, les sociétés d'assurance,
également habilitées par la
Loi Hoguet à délivrer ces garanties
financières, ont des exigences en matière de fonds
propres moindres que celles des banques et des établissements
financiers. Qui plus est, quand leur ratio de sinistres
sur primes encaissées est faible. Ainsi, en minimisant
en toute légalité le montant des remboursements
liés aux sinistres, ces nouveaux acteurs se sont
multipliés. Ils ont développé une politique de délivrance
de garantie financière à moindre coût et à destination
d'administrateurs de biens dont la situation financière
exigerait légitimement qu'elle leur soit définitivement
refusée.
Cette situation a eu pour conséquence
de permettre à un certain nombre de cabinets d'administration
de biens de continuer à exercer ».
Voilà.
On ne peut être plus clair :
-
la garantie joue
très peu ;
-
les garants peuvent
donc casser les prix ;
-
et les syndics médiocres
être « garantis »
pour un prix dérisoire.
C’est
un banquier qui vous le dit. Nous reviendrons sur
ces problèmes, sachant que le seul moyen de faire
jouer facilement la garantie en cas de faillite
reste le compte bancaire séparé.