- Monsieur IVARS confirme l’illégalité
de certains honoraires
La CNAB vient d’élire
un nouveau président, Monsieur Serge IVARS. Ce dernier
a été interviewé par le journal JurisHebdo
sur les évolutions législatives nécessaires
selon lui, en matière de copropriété.
Or, la première réforme
à entreprendre, selon Serge IVARS, serait de modifier la
loi pour permettre aux syndics de facturer en toute légalité
des honoraires qu’ils facturent déjà, mais de façon
illégale.
L’intervention du nouveau
Président de la CNAB est particulièrement intéressante
puisqu’elle confirme ce que dit l’ARC depuis des mois : à
savoir d’une part que les syndics prélèvent souvent
illégalement des honoraires, (en particulier dans le cadre
des mutations) d’autre part sont préoccupés essentiellement
par la préservation de leurs honoraires.
Nous allons citer intégralement
les propos de Monsieur IVARS. Nous verrons qu’il y a une petite
erreur, mais que cela ne change rien au fond du problème.
- Citations :
" Serge IVARS,
le nouveau président de la Confédération
Nationale des Administrateurs de Bien, souhaite que soient reconnus
et juridiquement encadrés les services que rendent les
syndics aux copropriétaires. La loi de 1965 ne reconnaît
comme mission au syndic que d’être le représentant
légal de la collectivité. Elle lui interdit de rendre
des services à un copropriétaire. Son interlocuteur
est le syndicat de copropriété et il doit être
mandaté par ce dernier pour agir.
" Or dans la
vie de tous les jours, le syndic va bien au-delà des missions
qui lui sont attribuées par la loi. Il exécute des
tâches pour le compte des copropriétaires eux-mêmes "
constate Serge IVARS. Ces missions sont diverses : gestion
des sinistres privatifs et assistance dans les relations avec
les assureurs (en cas de dégâts des eaux, d’incendie…).
Un exemple concret très
fréquent : lors de la vente d’un appartement, le propriétaire
demande au syndic d’arrêter la position de son compte et
de la transmettre au notaire. Cette mission n’entre pas, en principe,
dans les fonctions du syndic. Celui-ci ne peut en conséquence
se faire rétribuer. Or dans la réalité, il
s’exécute et pour éviter que la collectivité
n’en supporte le coût, il demande des honoraires.
Aussi la CNAB demande au
législateur d’une part de reconnaître un lien de
droit direct entre le syndic et les copropriétaires et
d’autre part d’autoriser les syndics à percevoir des
honoraires pour l’exécution de ces services ".
Fin de citation.
- Modifier la loi pour permettre aux
syndics d’être (enfin) dans la légalité…
Comme vous avez pu le constater,
il y a une petite erreur : évidemment l’arrêté
des comptes d’un copropriétaire qui vend un lot, entre bien
dans les obligations de base d’un syndic, comme le prévoit
explicitement le 1er alinéa de l’article 5 du
décret du 17 mars 1967.
L’intérêt de cette
citation est néanmoins très important :
- Monsieur IVARS reconnaît que les syndics
n’ont pas le droit de facturer certains honoraires.
- Il précise bien qu’ils le font, en
toute conscience.
- Et pour bien prouver qu’aujourd’hui les syndics
sont hors la loi, il demande donc une évolution /adaptation
de la loi.
Ou de façon plus imagée :
- Les syndics n’ont pas le droit de rouler
à 140 kilomètres-heure.
- " Mais nous sommes pressés ",
disent-ils, " ce qui explique que nous ne respections
pas la limitation de vitesse ".
- Ce n’est pas grave : il suffit de remonter
la limitation de vitesse.
IV.Au-delà de l’illégalité,
retomberait-on dans la légalité ?
Monsieur IVARS va sans doute
répondre : " En facturant les copropriétaires
pris individuellement, nous évitons de facturer la copropriété.
Notre pratique est donc illégal, mais plis juste.
Ceci est inexact, pour deux
raisons :
a. D’abord ce que nous reprochons à
ces honoraires " privatifs " c’est
leur coût abusif : aujourd’hui les syndics demandent
plus de 300 euros en tout (à l’acheteur et au vendeur)
pour répondre au questionnaire du vendeur.
C’est parfaitement abusif,
puisque cela correspond à deux années d’honoraires
de base sur un lot !
Si le syndic faisait payer
la copropriété, il serait obligé de diviser
ce prix par six, ce qui fait que tout le monde serait gagnant
(sauf le syndic), chaque copropriétaire étant
appelé à être un vendeur ou un acheteur…
b. Par ailleurs, nous contestons le principe
d’honoraires supplémentaires pour cette prestation, le
syndic devant arrêter les comptes dans le cadre de sa fonction
de base de " comptable " de la copropriété.
Conclusion
Ces honoraires sont donc non
seulement illégaux - ce qu’un président de chambre
professionnelle de syndics reconnaît pour la première
fois (merci, Monsieur IVARS) - mais aussi abusifs et non légitimes.
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