I-
Parole d’ascensoriste
Un
ascensoriste qu’un syndic bénévole adhérent à l’ARC
accusait de plumer les copropriétaires, répondit :
« Nous, nous ne les plumons pas, les copropriétaires :
nous les tondons ; ça fait moins mal et ça repousse ! ».
Bien
sûr, ce doux plisantin n’a pas eu l’occasion d’exercer
beaucoup plus longtemps ses talents de comique dans
la copropriété concernée, mais sa réflexion en dit long.
La
(pourtant) toute petite anecdote qui suit, montre parfaitement
comment s’organise la « tonte ».
Suivez la démonstration. Vous ne le regretterez pas.
II-
Comment l’ascensoriste invoque la « vétusté » et comment ce même ascensoriste
est confondu par un technicien de l’ARC
Voilà
des mois que nous alertons les copropriétaires :
« Avec un contrat « étendu » l’ascensoriste
vous doit le changement des pièces en cas d’usure. Or,
si vous avez une « clause de vétusté » dans
votre contrat il vous dira toujours que la pièce est
non pas usée,
mais vétuste et vous serez pris au piège ».
Conséquence :
bannissez toute clause de « vétusté » automatique,
d’autant que pour les organes actifs il est impossible
de dissocier « vétusté » d’« usure » et qu’il faut donc toujours pouvoir invoquer seulement l’usure.
(NB : pour en savoir plus sur ce problème
de la vétusté, tapez aussi : « vétusté-ascenseur » sur notre
moteur de recherche… ou lisez les chapitres 15 et 16
de notre guide : « Ascenseur :
comment éviter le pire ? »).
Voici
un exemple très concret pour ceux qui n’auraient pas
encore compris.
1-
Une
copropriété à ARCEUIL (94) est équipée d’un ascenseur (construction des années 1960)
entretenu depuis la création par OTIS dans le cadre
d’un contrat COMPLET.
2-
Il
y quelques semaines, le syndic reçoit un devis de remplacement
du régulateur de vitesse 2.750
€, motif : le parachute n’a pas fonctionné
correctement lors de l’essai annuel, le régulateur de
vitesse étant - selon
OTIS - vétuste.
3-
L’ascenseur
évidemment a été laissé à l’arrêt (7
étages !) pour forcer la main du syndic
4-
Le
président du conseil syndical adhérent à l’ARC alerte
un de nos collaborateurs et lui demande de s’en occuper.
5-
Notre
collaborateur téléphone au contremaître de chez OTIS
en se faisant passer pour le syndic et lui demande des
précisions sur ce problème : « En quoi cette pièce est-elle vétuste ? ».
Il apparaît alors que, lors de l’essai, le câble a patiné
dans la gorge de la poulie du régulateur qui était devenue
ronde au lieu d’être en V et adhérente. Or, ceci ne pouvait provenir QUE de l’usure et
n’avait rien à voir avec la vÉtustÉ.
6-
Le
contremaître admet que cela est du à l’usure mais il
doit en parler à son commercial.
7-
Le
syndic organise un rendez-vous avec la responsable d’agence
OTIS de la région.
Lors du rendez-vous, celui-ci a contredit le contremaître :
« C’est de la vétusté, pas de l’usure ! ».
Honteux.
Devant
tant de mauvaise foi et constatant la malhonnêteté d’OTIS,
le syndicat des copropriétaires - refusant de s’engager
dans une procédure judiciaire contre OTIS - a décidé
de mettre fin à sa relation contractuelle avec OTIS.
La
copropriété a pris un nouvel ascensoriste. Celui-ci
a du, évidemment, remplacé le régulateur de vitesse
(qu’OTIS aurait du remplacer
dans le cadre de son contrat). Il est cependant intéressant
de noter que le régulateur a été facturé
1.580 € au lieu des 2.750 € d’OTIS.
Moralité :
1)
la
vétusté commence déjà à faire des ravages ;
2)
on
peut - sur un même petit équipement - avoir facilement
une surfacturation de l’ordre de 74 % ;
3)
il
y a des moutons qui commencent à se lasser…