ARC Abus n°1605: 26 11 08/©

Travaux d’ascenseur :

un cas qui montre comment les copropriétaires sont « tondus » par les ascensoristes

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I-                   Parole d’ascensoriste

 

Un ascensoriste qu’un syndic bénévole adhérent à l’ARC accusait de plumer les copropriétaires, répondit : « Nous, nous ne les plumons pas, les copropriétaires : nous les tondons ; ça fait moins mal et ça repousse ! ».

Bien sûr, ce doux plisantin n’a pas eu l’occasion d’exercer beaucoup plus longtemps ses talents de comique dans la copropriété concernée, mais sa réflexion en dit long.

La (pourtant) toute petite anecdote qui suit, montre parfaitement comment s’organise la « tonte ». Suivez la démonstration. Vous ne le regretterez pas.

 

II-                Comment l’ascensoriste invoque la « vétusté » et comment ce même ascensoriste est confondu par un technicien de l’ARC

 

Voilà des mois que nous alertons les copropriétaires : « Avec un contrat « étendu » l’ascensoriste vous doit le changement des pièces en cas d’usure. Or, si vous avez une « clause de vétusté » dans votre contrat il vous dira toujours que la pièce est non pas usée, mais vétuste et vous serez pris au piège ». Conséquence : bannissez toute clause de « vétusté » automatique, d’autant que pour les organes actifs il est impossible de dissocier « vétusté » d’« usure » et qu’il faut donc toujours pouvoir invoquer seulement l’usure.

 

(NB : pour en savoir plus sur ce problème de la vétusté, tapez aussi : « vétusté-ascenseur » sur notre moteur de recherche… ou lisez les chapitres 15 et 16 de notre guide  : « Ascenseur : comment éviter le pire ? »).

 

Voici un exemple très concret pour ceux qui n’auraient pas encore compris.

1-     Une copropriété à ARCEUIL (94) est équipée d’un ascenseur (construction des années 1960) entretenu depuis la création par OTIS dans le cadre d’un contrat COMPLET.

2-     Il y quelques semaines, le syndic reçoit un devis de remplacement du régulateur de vitesse 2.750 €, motif : le parachute n’a pas fonctionné correctement lors de l’essai annuel, le régulateur de vitesse étant - selon OTIS - vétuste.

3-     L’ascenseur évidemment a été laissé à l’arrêt (7 étages !) pour forcer la main du syndic

4-     Le président du conseil syndical adhérent à l’ARC alerte un de nos collaborateurs et lui demande de s’en occuper.

5-     Notre collaborateur téléphone au contremaître de chez OTIS en se faisant passer pour le syndic et lui demande des précisions sur ce problème : « En quoi cette pièce est-elle vétuste ? ».

Il apparaît alors que, lors de l’essai, le câble a patiné dans la gorge de la poulie du régulateur qui était devenue ronde au lieu d’être en V et adhérente. Or, ceci ne pouvait provenir QUE de l’usure et n’avait rien à voir avec la vÉtustÉ.

6-     Le contremaître admet que cela est du à l’usure mais il doit en parler à son commercial.

7-     Le syndic organise un rendez-vous avec la responsable d’agence OTIS de la région.

Lors du rendez-vous, celui-ci a contredit le contremaître : « C’est de la vétusté, pas de l’usure ! ».  

Honteux.

 

Devant tant de mauvaise foi et constatant la malhonnêteté d’OTIS, le syndicat des copropriétaires - refusant de s’engager dans une procédure judiciaire contre OTIS - a décidé de mettre fin à sa relation contractuelle avec OTIS.

La copropriété a pris un nouvel ascensoriste. Celui-ci a du, évidemment, remplacé le régulateur de vitesse (qu’OTIS aurait du remplacer dans le cadre de son contrat). Il est cependant intéressant de noter que le régulateur a été facturé 1.580 € au lieu des 2.750 € d’OTIS.

 

Moralité :

 

1)     la vétusté commence déjà à faire des ravages ;

2)     on peut - sur un même petit équipement - avoir facilement une surfacturation de l’ordre de 74 % ;

3)     il y a des moutons qui commencent à se lasser…

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