L’ARC
n’a pas fait que de se féliciter
- elle, ses adhérents et toutes
les associations membres de l’UNARC
- de la belle victoire concernant
la publication prochaine d’un arrêté
concernant les contrats de syndic
(voir abus numéro 2038).
Elle
a aussi écrit à Hervé NOVELLI pour
le remercier d’abord, pour lui faire
savoir, ensuite, ce qu’il serait
souhaitable que son arrêté inclue.
Nous
espérons que le ministre aura à
coeur d’aller au bout de sa démarche.
« Monsieur Hervé NOVELLI
Secrétaire d’État chargé de
l’industrie et de
la consommation
139, rue de Bercy
75012 Paris
Paris, le 27 Octobre 2009
Monsieur le Ministre,
Je tiens très solennellement - et ceci
au nom du Conseil d’Administration
de l’ARC et des douze mille copropriétés
adhérentes à notre association -
à vous exprimer nos remerciements :
-
remerciements pour avoir - suite à notre dernière enquête
sur les contrats de syndic et à
notre lettre du 13 octobre dernier
- admis que les chiffres de la
DGCCRF sur les
contrats de syndic n’étaient pas
vraiment représentatifs de la réalité ;
-
remerciements pour avoir pris la mesure du décalage
entre les intentions louables des
chambres professionnelles et la
réalité ;
-
remerciements pour avoir compris que l’« autorégulation » d’une profession
si disparate et si exposée à la
concurrence était impossible.
Vous allez être mis en cause par une profession
qui va - une fois de plus - tenter
de masquer les dérapages nombreux
d’une frange minoritaire (mais non
marginale)
de ses membres derrière le
travail et l’honneur des salariés
qui y œuvrent.
Nous sommes sûrs que vous saurez faire
la part des choses et serons là
pour mettre en évidence votre lucidité
et votre courage .
La promesse faite aux organisations de
consommateurs de rédiger un arrêté
normalisant les contrats, nous satisfait,
vous le savez, et avec nous des
centaines de milliers de copropriétaires
lassés de la situation, car seul
un arrêté pourra jouer le rôle « régulateur » que tous les copropriétaires
attendent avec impatience.
Nous souhaitons d’ailleurs profiter de
ce courrier de remerciements pour
vous faire connaître une fois encore
notre analyse concernant l’avis
du CNC du 27 septembre 2007 dont
chacun - côté copropriétaires et
consommateurs, naturellement - s’accorde
à penser qu’il est insuffisant pour
régler de façon définitive le problème
des contrats.
Nous vous rappelons en effet - ce que tous les membres du collège consommateurs
du CNC confirmeront - que l’avis
du CNC était un compromis et que
les négociations n’ont pu aller
tout à fait à leur terme, ce qui
explique que l’avis du CNC publié
le 27 septembre 2007 présentait
TROIS défauts d’origine :
o des points NON négociés (par refus des syndics) ;
o des ambiguïtés ;
o des oublis (involontaires).
Revenons sur ces problèmes.
- Points
volontairement écartés suite à
un refus de négociation des syndics
-
Plusieurs points importants ont été « écartés » par les syndics qui ont
refusé de négocier à leur sujet ;
ainsi celui de la gestion des archives : alors que la loi prévoit que les professionnels
doivent
gérer les archives, ceux-ci ont
purement et simplement refusé d’intégrer
la gestion des archives dans la
gestion courante.
-
Autres types
de problèmes : alors qu’il aurait fallu introduire des dispositions
permettant d’empêcher
les dérives d’honoraires supplémentaires
(exemple :
des forfaits de plus en plus nombreux
et injustifiés), le CNC n’a pu obliger
les parties à prévoir dans l’avis
des dispositions claires à ce sujet,
là encore entérinant le refus des
professionnels de négocier sur ces
points pourtant essentiels.
La conséquence est qu’aujourd’hui non seulement des
abus refleurissent en matière de
gestion des archives mais surtout
que les honoraires particuliers pèsent très souvent
au moins aussi
lourds qu’avant 2007.
À cela s’ajoute
le fait que le problème des honoraires
privatifs a été totalement écarté,
ceci alors même que les tâches correspondantes
s’apparentent à des « monopoles
obligatoires » (exemple :
établissement de l’« état
daté »).
- Points
restés ambigus
-
Là encore, l’avis du CNC présente des défauts « originels ». Ne prenons qu’un exemple :
celui de la tenue de l’assemblée
générale annuelle. Chacun sait que
- pour respecter les objectifs du
CNC, à savoir transparence et prévisibilité
des honoraires - il fallait que
le syndic intègre dans son forfait
de base un forfait de tenue d’assemblée
générale, y compris aux heures
non ouvrables lorsque cela était
la pratique de la copropriété concernée.
Pour arriver
à un accord efficace il aurait fallu
que les syndics acceptent d’inclure
dans l’avis une clause prévoyant
d’intégrer dans le forfait de base
le coût de la « tenue
de l’assemblée générale annuelle
aux heures habituelles de la copropriété ».
C’est ce que demandaient les consommateurs
dans le respect de l’esprit de l’avis
du CNC.
-
La rédaction définitive fut, malheureusement : « Tenue
de l’assemblée générale selon les
heures prévues dans le contrat »,
ce qui ne signifie pas grand-chose
et autorise tous les contournements.
-
Ainsi, dans la réalité les syndics imposent TOUJOURS dans le forfait de base la SEULE
tenue « aux
heures ouvrables » et imposent
de ce fait une facturation EN
PLUS, en cas de tenue aux heures
non ouvrables (ce qui est le cas
neuf fois sur dix).
Conséquence : RIEN n’a changé à ce sujet et l’avis du
CNC - sur ce point capital - n’a
servi à RIEN.
Il faut donc que l’arrêté traite
clairement de ce problème et supprime
toute ambiguïté et la possibilité
de facturer EN
PLUS la tenue de l’assemblée
générale.
- Points
« oubliés »
-
Pour montrer que l’avis du CNC est perfectible, donnons
là aussi simplement l’exemple d’un
des points qui ont été « oubliés » dans les négociations.
-
Lorsque les négociateurs ont, après de longues discussions,
introduit une clause concernant
la gestion des compteurs d’eau,
ils ont tout simplement oublié de parler des
« répartiteurs de chaleur ».
-
Or voilà deux ans que l’avis du CNC est en vigueur et
que cet oubli (comme d’autres) n’a
pas été corrigé, ce que l’arrêté
devra faire.
Nous pouvons donc en quels mots résumer
la situation concernant le texte
de l’AVIS du CNC :
a)
sur divers
points importants, les professionnels
ont refusé de négocier, ce qu’il
faut corriger ;
b) sur d’autres points, les formules retenues sont
ambiguës, ce qui permet à certains
professionnels de contourner l’esprit
de l’avis du CNC, situation qu’il
faut aussi corriger ;
c)
enfin, sur d’autres points, les parties ont
tout simplement « oublié » de négocier, ce que l’arrêté devra également corriger.
Voilà pourquoi il faut que l’arrêté ne se contente pas de reprendre l’avis
du CNC et :
1.
fixe la
liste précise et exhaustive des tâches de gestion courante en intégrant celles non prises en compte
par l’avis ;
2.
fixe des
règles précises concernant la possibilité
de facturer en plus des honoraires
particuliers et des frais ;
3. règle par ailleurs le problème des honoraires
privatifs.
Nous sommes évidemment ouverts à toutes
propositions de rencontre - en concertation
avec les autres organisations d’usagers
- avec vos services pour approfondir
ces points et répondre à leurs questions.
Nous vous remercions de la suite que vous
donnerez à ce courrier et, vous
remerciant une fois encore de votre
action, vous prions de croire, Monsieur
le Ministre, à l’assurance de notre
haute considération.
Pour le Conseil d’Administration
Fernand CHAMPAVIER
Le Président »