ARC / Abus n°2055 : 04 11 09/©

LAMY et le décret comptable

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I.                   Vous avez dit décret comptable ?

Après les abus n° 1849 concernant les us et coutumes comptables du Groupe Loiselet et n° 1931 concernant ceux du Groupe Foncia, voici venir ceux du Groupe Lamy.

Pourtant, le décret comptable et son arrêté du 14 mai 2005 ne sont ni indicatifs ni optionnels mais bien obligatoires, pour tout le monde…

Chez Lamy, au moins, on ne cache pas les choses : tant dans les annexes comptables que dans les états de dépenses, chaque numéro de compte ou chaque racine de compte est bien indiqué. C'est donc plutôt bien et les grincheux vont de suite se demander de quoi nous allons nous plaindre.

Le problème est que Lamy a estimé qu'il savait, bien mieux que ceux qui rédigent les réglementations, ce qui était bien pour ses copropriétés et qu'il a donc arrangé la nomenclature comptable réglementaire à sa façon.

II.                 Une nomenclature « maison »

Lors d'un contrôle dans une agence Lamy de la Capitale, notre pauvre contrôleur a dû prendre un peu d'aspirine pour calmer le mal de tête, attrapé à force de chercher à décoder le langage local…

Ainsi, chez Lamy, il n'y a comptablement ni eau ni électricité dans ses copropriétés. Non, il n'y a que des fournitures de comptes 606, qui comprennent aussi les produits d'entretien, les petits équipements et les matériels. On se bouscule donc au 606 !

Urssaf, Pôle Emploi et Caisse de retraite sont mal aimés, au point que les cotisations sociales sont rangées dans des comptes 645 inventés, car les 642 réglementaires doivent porter malheur.

La participation à la formation du personnel est considérée comme la gabelle, dans un compte 6313 qui aurait pu être un compte pour les impôts… s'il avait existé dans la nomenclature. Le compte réglementaire 644 ne semble pas plaire.

La taxe sur les salaires est partout sauf… dans le compte réglementaire 643 fait pour ça.

On l'ignorait, mais il y a une Tva sur les salaires payés aux salariés. LAMY pourrait nous expliquer l’épisode que l’on aurait passé sans savoir ?!

La réglementation a prévu trois types de comptes pour y mettre les honoraires divers et variés des syndics. Cela ne suffit pas à Lamy qui invente un compte 6226 pour ceux qui concernent les assemblées générales.

Les rompus gênent car on ne sait pas où les mettre, alors cela devient exceptionnel dans un compte 678 que l'on retrouve classé dans… les opérations courantes : ainsi l'exceptionnel est courant ! Du coup, dans cette agence, on peut même ajouter des dépenses de travaux dans les opérations courantes, si, si, puisque c'est courant, on vous dit.

Les Copropriétaires dont on ne sait plus trop quoi faire quand ils ont vendu sont punis dans un compte 456 qui n'existe pas dans la réglementation, tant pis pour eux, ils n'existent plus non plus.

Pour mieux attendre dans les comptes d'attente 47, on fait du classement : 471 et 472 réglementaires ne suffisant pas, on arrive à attendre indéfiniment en 474.

III.              Même les annexes…

Pour terminer cette petite revue, l'annexe 1 est très très très détaillée, avec tout plein de comptes, et on se demande bien pourquoi le Journal officiel s'est embêté à publier LE modèle réglementaire… Dans l'agence contrôlée, on a même pu demander aux Copropriétaires d'approuver une annexe 1 sans solde bancaire du tout, celui-ci ayant purement et simplement disparu (et se demander pourquoi ils ont refusé d’approuver les comptes et regardent depuis de travers leur syndic). Bon c'est vrai que le logiciel avait sans doute un peu de mal à comprendre le principe du découvert en banque…

IV.             Questions

Mais, pourquoi diable le deuxième syndic de France s'ingénie-t-il à contourner le plan comptable obligatoire ?

Pour montrer qu'on n'est pas un mouton à faire ce qui est demandé ?

Par imprudence, en ayant confié l'attribution des comptes dans le logiciel à un excité anti-Journal officiel ?

Terminons par une perfide question (vous nous connaissez, on ne peut pas s'en empêcher) : la future université de la copropriété en direction des copropriétaires, imaginée par l’Union des syndicats de l’immobilier (UNIS), va-t-elle dispenser des cours sur la comptabilité des copropriétés ? Est-ce que les syndics pourront aussi en profiter ?

 

 

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