I.
Vous avez dit décret comptable ?
Après les abus
n° 1849
concernant les us et coutumes
comptables du Groupe Loiselet et n° 1931
concernant ceux du Groupe
Foncia,
voici venir ceux du Groupe
Lamy.
Pourtant, le décret comptable
et son arrêté du 14 mai 2005 ne sont
ni indicatifs ni optionnels
mais bien obligatoires,
pour tout le monde…
Chez Lamy,
au moins, on ne cache pas
les choses : tant dans les
annexes comptables que dans
les états de dépenses, chaque
numéro de compte ou chaque
racine de compte est bien
indiqué. C'est donc plutôt
bien et les grincheux vont
de suite se demander de
quoi nous allons nous plaindre.
Le problème est que Lamy
a estimé qu'il savait, bien
mieux que ceux qui rédigent
les réglementations, ce
qui était bien pour ses
copropriétés et qu'il a
donc arrangé la nomenclature
comptable réglementaire
à sa façon.
II.
Une nomenclature « maison »
Lors d'un contrôle dans une agence Lamy de la Capitale, notre pauvre contrôleur
a dû prendre un peu d'aspirine
pour calmer le mal de tête,
attrapé à force de chercher
à décoder le langage local…
Ainsi, chez Lamy,
il n'y a comptablement ni
eau ni électricité dans
ses copropriétés. Non, il
n'y a que des fournitures
de comptes 606, qui comprennent
aussi les produits d'entretien,
les petits équipements et
les matériels. On se bouscule
donc au 606 !
Urssaf, Pôle Emploi et Caisse de retraite sont mal aimés,
au point que les cotisations
sociales sont rangées dans
des comptes 645 inventés,
car les 642 réglementaires
doivent porter malheur.
La participation à la formation du personnel est considérée
comme la gabelle, dans un
compte 6313 qui aurait pu
être un compte pour les
impôts… s'il avait existé
dans la nomenclature. Le
compte réglementaire 644
ne semble pas plaire.
La taxe sur les salaires est partout sauf… dans le compte
réglementaire 643 fait pour
ça.
On l'ignorait, mais il y a une Tva sur les salaires payés aux salariés.
LAMY pourrait nous expliquer
l’épisode que l’on aurait
passé sans savoir ?!
La réglementation a prévu trois types de comptes pour
y mettre les honoraires
divers et variés des syndics.
Cela ne suffit pas à Lamy qui invente un compte 6226 pour ceux
qui concernent les assemblées
générales.
Les rompus gênent car on ne sait pas où les mettre,
alors cela devient exceptionnel dans un compte
678 que l'on retrouve classé
dans… les opérations
courantes : ainsi l'exceptionnel
est courant ! Du coup, dans
cette agence, on peut même
ajouter des dépenses de
travaux dans les opérations
courantes, si, si, puisque
c'est courant, on vous dit.
Les Copropriétaires dont on ne sait plus trop quoi faire
quand ils ont vendu sont
punis dans un compte 456
qui n'existe pas dans la
réglementation, tant pis
pour eux, ils n'existent
plus non plus.
Pour mieux attendre dans les comptes d'attente 47, on
fait du classement : 471
et 472 réglementaires ne
suffisant pas, on arrive
à attendre indéfiniment
en 474.
III.
Même les annexes…
Pour terminer cette petite revue, l'annexe 1 est très très très détaillée, avec tout plein
de comptes, et on se demande
bien pourquoi le Journal
officiel s'est embêté à
publier LE
modèle réglementaire… Dans
l'agence contrôlée, on a
même pu demander aux Copropriétaires
d'approuver une annexe 1
sans solde bancaire du tout,
celui-ci ayant purement
et simplement disparu (et
se demander pourquoi ils
ont refusé d’approuver les
comptes et regardent depuis
de travers leur syndic).
Bon c'est vrai que le logiciel
avait sans doute un peu
de mal à comprendre le principe
du découvert en banque…
IV.
Questions
Mais, pourquoi diable le deuxième syndic de France s'ingénie-t-il
à contourner le plan comptable
obligatoire ?
Pour montrer qu'on n'est pas un mouton à faire ce qui
est demandé ?
Par imprudence, en ayant confié l'attribution des comptes
dans le logiciel à un excité
anti-Journal officiel ?
Terminons par une perfide question (vous nous connaissez,
on ne peut pas s'en empêcher)
: la future université de
la copropriété en direction
des copropriétaires, imaginée
par l’Union des syndicats
de l’immobilier (UNIS),
va-t-elle dispenser des
cours sur la comptabilité
des copropriétés ? Est-ce
que les syndics pourront
aussi en profiter ?