Lors
de notre salon indépendant
de l’immobilier, une
(nouvelle) adhérente
est venue nous faire
part de son désarroi
et nous demander conseil
concernant la très
forte augmentation
des factures de gaz
de sa copropriété
depuis quatre années
.Elle nous a expliqué
les manœuvres de son
syndic le cabinet
SGA pour empêcher
sa copropriété de
conclure un contrat
avec la société POWEO
L’étude
des pièces qu’elle
nous a communiquées,
nous a permis de constater
que le cabinet SGA
avait conclu en 2005,
en catimini, un contrat
de gaz avec un fournisseur
alternatif Gaz de
France Provalys.
Nous lançons donc un nouvel appel à la
vigilance à nos adhérents
(lire
aussi notre abus numéro
2042).
Voilà
les faits dont a été
victime son syndicat
de copropriétaires :
I.
Le transfert illicite vers un fournisseur
alternatif de gaz
En
2005, le cabinet SGA
situé à Paris, conclut
en catimini, c’est-à-dire
sans l’accord du syndicat
des copropriétaires
de cette résidence
et sans même en parler au conseil syndical, un
contrat de fourniture
pour une durée d’un
an, avec la société
Gaz de France Provalis
à effet du 01/05/2006
1.
Qu’est ce qu’un contrat alternatif ?
L’ouverture
du marché du gaz et
de l’électricité permet
aux copropriétaires
de faire appel pour
le gaz et l’électricité
à un fournisseur différent
du fournisseur « historique »
(GDF ou EDF), mais
qui a pour conséquence
qu’on ne bénéficie
plus du tarif réglementé.
Ni qu’on puisse y
revenir…
2.
Pourquoi le transfert en catimini est-il illégal et
abusif ?
Parce que la loi du 10 juillet 1965 impose :
Ø
que
la décision de conclure
un nouveau contrat
soit prise par l’assemblée générale des copropriétaires
Ø
qu’elle
fasse l’objet d’une
mise
en concurrence
(plusieurs offres
de contrats)
Ø
que
le syndicat des copropriétaires
puisse prendre sa
décision en toute
connaissance de cause
c'est-à-dire en étant informé :
§
de
la perte définitive du bénéfice du tarif règlementé ;
§
que
ce contrat est conclu
pour une
durée très courte :
un an laissant ensuite
le syndicat « seul »
face à la concurrence.
II.
Les conséquences financières du contrat
alternatif Gaz de
France Provalys
Entre 2005 et 2009, cette copropriété a vu sa facture
de gaz augmenter
de 30%.
Notre spécialiste des questions de chauffage a calculé
en appliquant le tarif
règlementé B2i ( 0,036€/
KWh) de l’ancien
contrat GDF dont
était titulaire cette
copropriété, que le
coût de sa consommation
de gaz abonnement
(162,80€ TTC) compris
aurait été de 7 065,30 € TTC si
elle avait conservé
ce contrat
Or au 14/09/09, le coût du KWh du contrat Gaz de France PROVALYS était de 0,0478 pour les 110 000
premiers KWh et de
0,036 KWh les 50 315/KWh
consommés suivants.
Il n’y a pas d’abonnement spécifique, on arrive après
calcul de la
TVA
à un montant
total de 8 330,25
€ TTC
Soit un
surcoût de 1 264,64€
ce qui représente tout de même une différence de
prix de 18 % à
quoi se rajoute des
augmentations tarifaires
« normales ») entre le tarif règlementé
et le coût annuel
de la facture de gaz
payée par cette copropriété
à Gaz de France Provalys
III.
Le contrat POWEO et les manœuvres dilatoires
du cabinet SGA pour
faire échec à sa conclusion
La présidente du conseil syndical (qui n’était pas encore
adhérente à l’ARC
à ce moment-là) entreprend
donc des démarches
pour changer de fournisseur.
POWEO lui adresse une offre.
Elle compare les conditions de différents prestataires
de gaz et constate
que la proposition
la plus intéressante
est celle de POWEO.
Elle se met d’accord
avec POWEO sur les
conditions du contrat,
Avec le contrat POWEO, sa copropriété, pour la même
consommation, aurait
payé 6872, 44 € pour
sa consommation de
gaz et un forfait
d’abonnement de 162,80€
soit
7035,24 € au total
ce qui aurait représenté
une économie de 19,5%
par rapport au tarif
du nouveau contrat
que le syndic a conclu
avec Gaz de France
Provalis
Le conseil syndical a donc demander à ce que son syndic
signe le contrat POWEO.
Le syndic
a alors commis deux
erreurs :
Le cabinet SGA non seulement n’a pas fait le nécessaire
pour renvoyer le contrat
POWEO (il l’a renvoyé
une première fois
par télécopie « en oubliant de le signer » puis il l’aurait renvoyé à une
mauvaise adresse !),mais
en plus il
a résilié le contrat
avec Gaz de France
Provalys.
Pour finir le conseil syndical n’a as eu d’autre choix
que de demander au
syndic, eu égard à
l’imminence de la
saison de chauffe
de conclure de toute
urgence un nouveau
contrat avec la société
Gaz de France Provalys,
entérinant ainsi une
augmentation de 20
% plus un manque à
gagner de 20 % !
IV.
Ce que notre adhérente ignorait
Ce que notre président de conseil syndical (nouvelle)
adhérente ignorait
c’est que sa copropriété
aurait pu économiser encore plus sur sa facture de gaz en bénéficiant des
tarifs très avantageux
négociés par la coopérative
de l’ARC « Copropriété-Services »
avec le fournisseur
POWEO
À noter : il suffit pour pouvoir être informé ou bénéficier
de ces tarifs bien
négociés - si vous
êtes adhérents collectifs
- de contacter la
coopérative de l’ARC par
mail.
V.
Et maintenant que faire ?
§
Le
conseil syndical aura
intérêt à adresser
une lettre recommandée
au syndic relatant
ses fautes de gestion.
§
Il
faudra qu’il s’assure
que le syndic inscrit
bien la question du
changement de fournisseur
à l’ordre du jour
de la prochaine assemblée
générale et propose
au syndicat plusieurs
contrats dont celui
de POWEO.
§
Enfin,
le syndicat des copropriétaires
est fondé à demander
(par une résolution
en assemblée générale)
au cabinet SGA de
prendre en charge
la différence de coût
entre le contrat POWEO
et de Gaz de France
Provalys et ce, jusqu’à
ce qu’il arrive à
échéance (soit le
30/06/2010). Le syndic
pourra déclarer ce
sinistre à son assureur
de Responsabilité
Civile Professionnelle.
S’il refuse… nous
nous en occuperons.
Un conseil : demandez au plus vite à votre syndic une copie
du contrat de fourniture
de gaz de votre copropriété.
Si vous voulez en savoir plus sur la question des transferts occultes et
illicites des contrats
de gaz et d’électricité
vers des fournisseurs
alternatifs qui
proposent aux syndics
de signer, en catimini,
un contrat groupe pour le compte des copropriétés
qu’ils gèrent, retrouvez
notre abus n° 1885
rubrique « ABUS ».