I.
Après l’ARC, l’UFC-Que-Choisir
Voilà
des années que nous
révélons les problèmes
que posent aux copropriétaires
certains syndics de
promotion, très proches
- trop proches - de
certains promoteurs.
Nous
y avons encore récemment
consacré un abus (voir
abus numéro 1989)
et rappelons que sur
la « zone
adhérents »
nous avons consacré
un dossier spécial pour expliquer aux acquéreurs de logements neufs comment
agir efficacement
face à certains comportements :
(rubrique : « Comment
faire ? Comment
ça marche »,
sous-rubrique :
« Les
nouvelles copropriétés ».
-
contrats
de syndic abusifs
(faute de mise en
concurrence) et désormais
souvent de trois ans ;
-
budget
surévalué ;
-
assureur
« maison »
imposé par le syndic ;
-
malfaçons
non traitées ;
-
contrats
de longue durée passés
avec des prestataires
avant la première
assemblée :
-
cadeaux
fait au promoteur
ou à certains acquéreurs
(millièmes de certains
appartements sous-évalués :
(exemple :
appartement avec grande
terrasse).
Etc ; etc.
Nous
sommes donc heureux
de voir que ce problème
vient de faire l’objet
d’un long article
dans la revue « Que Choisir » de l’UFC-Que-Choisir
(mois de novembre)
où l’on retrouve toutes
les anomalies relevées
par l’ARC. On y retrouve
d’ailleurs aussi le
directeur de l’ARC
qui a été plusieurs
fois cités.
II.
Extraits de l’article de l’UFC-Que-Choisir
Promoteurs et syndics
Petite « cuisine » et
dépendance
Vous êtes
copropriétaire dans
une résidence flambant
neuve ? Pour ne pas
découvrir plus tard
des malfaçons ou des
contrats d'entretien
mal négociés, assurez-vous
que vous n'êtes pas
tombé dans le piège
du «syndic de promotion»,
c'est-à-dire du gestionnaire
de biens à la botte
du promoteur. Si c'est
le cas, essayez de
vous en défaire !
« Après examen des ouvrages, Monsieur H, représentant
le syndic CAP GESTION,
prononce la réception
des travaux sans réserve ».
La petite
phrase va coûter cher
aux futurs propriétaires
d'un ensemble d'immeubles
et de pavillons. Les
Balcons de Muret,
situés à une quinzaine
de kilomètres de Toulouse.
La formule figure
en fin du procès-verbal
de réception des
travaux de juin 2000.
Le PV est cosigné
par le promoteur et
le syndic pour tout
ce qui concerne les
parties communes et
les extérieurs. Ce
document est censé
lister les désordres
éventuels, les travaux
à entreprendre et
les délais pour les
effectuer. Mais, ce
que ne savent pas
les futurs acquéreurs,
c'est que le syndic,
mis en place par le
promoteur IFB, a totalement
« oublié » de dénoncer d'importantes malfaçons...
C'est notamment
le cas de l'isolation
des combles (10 cm au maximum au lieu des
20-25
cm
nécessaires) ou du
mur antibruit dressé
pour isoler la résidence
de la voie de chemin
de fer toute proche.
Construit avec les
gravats du chantier,
le mur n'est absolument
pas aux normes et
beaucoup trop bas.
Quand les occupants
découvrent la réalité,
il est déjà bien tard.
I. Des malfaçons non signalées
Face à l’absence
de réserves mentionnées
dans le procès-verbal,
la copropriété va
réaliser les travaux
de mise aux normes
à ses frais :
12 000 € pour
refaire l’isolation
et 30 000 € pour
la reconstruction
d’un véritable mur
acoustique.
La mésaventure
arrivée aux copropriétaires
des Balcons de Muret
est loin de représenter
un cas isolé. Rappelons
qu'en cas de vente
d'un immeuble neuf,
la loi prévoit la
nomination par le
promoteur d'un syndic
provisoire, dès la
vente du premier lot.
Cela afin de permettre
la représentation
et la défense des
intérêts de la copropriété.
Problème : aucune
preuve d'indépendance
entre le promoteur
et le syndic n'est
exigée. Quoi de plus
tentant que de trouver
un syndic ami, voire
de créer sa propre
filiale de syndic,
pour fermer les yeux
sur d'éventuelles
malfaçons lors de
la livraison des parties
communes ? L'opération
est d'autant plus
facile que, lorsque
la copropriété commence
à exister, il n'y
a pas encore de conseil
syndical.
Le syndic,
généralement seul
maître à bord, aura
ensuite beau jeu de
fixer la date et l'ordre
du jour de la prochaine
assemblée générale.
Et, comme par hasard,
de ne pas se mettre
en concurrence en
proposant un autre
contrat de syndic.
«C'est
là que le piège se
referme, nombre de
syndics sans aucune
concurrence se font
nommer pour trois
ans, alors que les
copropriétaires ne
devraient accepter
qu'un an. Et pendant
cette durée, des
garanties fondamentales
(notamment la garantie
de parfait achèvement
des travaux et la
garantie biennale
de bon fonctionnement)
vont tomber, ce qui
désarmera encore un
peu plus les copropriétaires
contre la découverte
d'éventuelles malfaçons, dénonce Bruno Dhont, Directeur de l'Association des
Responsables de Copropriétés
(Arc). Sans
compter que beaucoup
de promoteurs en
profitent pour caser
des contrats de maintenance
de longue durée avec
leurs filiales ».
« On ne peut pas parler de système, peut-être
que quelques petits
promoteurs marginaux
utilisent ces procédés», objecte Marc Pigeon, président
de la
Fédération
des promoteurs constructeurs
(FPC). Certes, on
trouve maintes opérations
où le syndic est indépendant
du promoteur et où
le contrat de réception
s'accompagne de réserves.
N'empêche. Notre enquête
a révélé que, dans
plusieurs affaires,
les noms qui reviennent
n'ont rien à voir
avec de
«petits promoteurs
marginaux».
Ainsi, dans tous les
cas, les nouveaux
acquéreurs ont tout
intérêt à se montrer
extrêmement vigilants
dès la livraison de
leur logement.
II. Des experts d’assurance liés
au syndic
Autre lieu (le Var, une
résidence de standing
face à la mer), autre
promoteur (Pierre
et Vacances), mais
des désagréments encore
plus graves pour les
copropriétaires. Et
là encore, il est
difficile de parler
de «petit promoteur
marginal»! Est-ce
pour réaliser des
économies ou finir
plus vite les travaux
(la saison touristique
démarre bientôt) ?
Toujours est-il que
le promoteur décide
de ne pas installer
de système de drainage
des eaux de ruissellement...
contre l'avis de l'entreprise
locale, qui explique
pourtant l'importance
de ce système lorsque
l'on construit sur
une colline dans
le Midi. Les conséquences
ne se font pas attendre
: remontée d'eau,
infiltration, fissures...
«Sogire, le syndic filiale
de Pierre et Vacances,
également gérant-locatif,
était au courant de
cette malfaçon depuis
le début mais, pendant
des années, il a occulté
cette anomalie évidente
qui retrouve à la
charge des copropriétaires»,
explique un membre
du conseil syndical.
Pour la copropriété,
l'affaire se résume
déjà en milliers d'euros
engloutis et en travaux
devenus très complexes
par la nécessité de
creuser sous des logements
déjà construits.
Certains groupes ne se
contentent plus de
« placer» seulement
leur syndic. Ils disposent
également d’experts
maison ou d'assureurs
qui seront a même
de proposer (faut-il
dire « imposer» ?)
leurs services via
le syndic. De cette
façon, en cas de désordre,
les copropriétaires
pourront toujours
prévenir le syndic...
Pas la peine pour
ce dernier d'adopter
la stratégie de l'escargot
en retardant le plus
possible l'expertise,
il suffira de piocher
parmi les experts
maison pour conclure
à l'absence de défaut.
C'est le cas d'une résidence haut de gamme gérée
par le syndic Foncia.
Livrée au cours des
années 2000, les logements
semblent ne présenter
aucune malfaçon pendant
un an. Mais, après
de fortes pluies,
des garages se retrouvent
inondés d'environ
5
cm
d'eau. Quelques mois
plus tard, nouvelles
pluies diluviennes
et, cette fois, l'eau
atteint la partie
mécanique de la cage
de l'ascenseur. Un
expert est mandaté
par le syndic. Sa
conclusion : aucune
malfaçon n'est imputable
au constructeur, il
s'agit seulement d'un
problème «lié à la nature » ! L'assureur (qui appartient au même groupe
que le syndic et le
promoteur) refuse
de mettre en œuvre
la garantie dommage
ouvrage. Les copropriétaires
décident alors de
s’occuper eux-mêmes
des travaux.
L’entreprise
choisie confirme que
la pente du tuyau
d’évacuation des eaux
est insuffisante pour
permettre d’évacuation
des eaux de ruissellement.
Depuis la réfection
du réseau d'évacuation,
les inondations ont
cessé. Mais ce sont
les copropriétaires
qui ont dû régler
l'intégralité de
la facture de réfection
de la pente et des
opérations de nettoyage.
III. Petits cadeaux entre amis
D'autres risques menacent les copropriétaires dont le syndic n'est pas
indépendant du promoteur
(y compris lorsque
ce dernier n'est pas
le constructeur initial
mais a repris la gestion
locative). Ainsi,
le syndic peut « tenter
d'entériner les choix
que le promoteur aura
faits en matière de
gestion, même s'ils
ne sont pas dans l'intérêt
des copropriétaires,
voire fermer les yeux
sur de véritables
petits cadeaux que
celui-ci va se faire»,
détaille Bruno
Dhont.
(…)
Un dossier auprès de la DDCCRF en Rhône-Alpes (Direction
départementale de
la concurrence, de
la consommation et
de la répression des
fraudes) a également
été déposé par une
responsable du conseil
syndical d'un immeuble
géré par Foncia
dans la région. En
contrôlant les comptes,
la copropriétaire
a relevé nombre d'anomalies.
Par exemple, les appartements
situés en rez-de-chaussée
ne payent pas leur
part de tantièmes
des charges d'ascenseur
pour accéder au parking...
Malgré les rappels au syndic, la situation n'est
pas régularisée. Est-il
utile de préciser
que le promoteur a
conservé plusieurs
appartements situés
au rez-de-chaussée
? De même, il n'existe
apparemment pas de
contrat concernant
les parkings pour
le syndic, donc pas
de charges précises.
Situation signalée
à Foncia.
Absence de
réponse de l'intéressé,
mais découverte intéressante
: le promoteur possédait
22 emplacements de
parking ! «Les avantages ou cadeaux peuvent prendre
d'autres formes.
Ainsi, au moment de
la mise en copropriété,
la loge du gardien
reste une partie privative
appartenant au promoteur.
Ce dernier la louera
au prix fort à la
copropriété ou lui
demandera de la racheter.
Il n'est pas rare
non plus de voir des
frais de fin de chantier
(électricité, eau,
par exemple) transférés
sur le budget de la
copropriété»,
dénonce Bruno Dhont.
Conclusion,
soyez vigilants et
ne payez pas à la
place du promoteur
!
Elisa OUDIN
Que Choisir ».
Et rappelez-vous :
-
abus numéro
1989 ;
-
dossier
spécial pour les « adhérents collectifs » dans notre « zone
adhérents »
(rubrique : « Comment faire ? Comment ça
marche ? »,
sous-rubrique :
« Les nouvelles copropriétés ».