|
La parole est à M. Dominique Braye, auteur de la
question n°
644, adressée
à M. le secrétaire
d'État chargé
du logement
et de l'urbanisme.
M. Dominique
Braye. Madame
la secrétaire
d'État, je
souhaite attirer
votre attention
sur les dispositions
inscrites
dans le plan
de modernisation
des ascenseurs.
La loi du
2 juillet
2003 et son
décret d'application
du 9 septembre
2004 font
obligation
aux responsables
de copropriété
d'effectuer
des travaux
de mise en
conformité
du parc ancien,
d'entretien
par un prestataire
qualifié et
de contrôle
technique
périodique.
Ces mises
aux normes,
vous le savez,
doivent être
effectives
à échéance
de trois dates
butoirs :
2008, 2013
et 2018.
Afin
de donner
aux copropriétaires
la possibilité
de mieux planifier
les travaux
et d'étaler
les dépenses
générées,
mais surtout
afin de diminuer
la tension
de ce marché
liée au nombre
insuffisant
des professionnels
par rapport
à la demande,
la loi de
mobilisation
pour le logement,
votée en mars
2009, a autorisé le report
de ces échéances
à 2010, 2015
et 2021.
Madame la
secrétaire
d'État, ces
reports –
je le répète
avec insistance
– ont été
décidés essentiellement
pour entraîner
une détente
du marché
visant à permettre
aux ascensoristes
de répondre
aux appels
d'offres dans
de meilleures
conditions
de concurrence,
ce qui n'est
pas le cas
aujourd'hui,
mais aussi
pour assurer
une meilleure
qualité des
prestations
effectuées.
Or, si la
première échéance,
celle du 3
juillet 2008, a été effectivement
reportée au
31 décembre
2010, il semblerait
que le secrétariat
d'État au
logement et
à l'urbanisme
ne souhaite
pas modifier
le décret
permettant
l'ajournement
des deuxième
et troisième
échéances,
et cela sur
la base d'une
étude présentée
par ses services
le 4 juin
dernier, selon
laquelle 94
% des appareils
gérés par
les syndics
seront mis
en conformité
dans les délais
impartis.
L'Association
des responsables
de copropriété
conteste ce
chiffre, et
à juste titre
selon moi.
En effet,
sur les 1
400 syndics
consultés,
seuls 16 %
ont répondu.
La majorité
des réponses
émane des
plus gros
syndics, qui
naturellement
ont eu plus
de facilités
pour réaliser
les travaux
; les plus
petits, qui
n'ont pu les
effectuer
et qui
représentent
80 % de la
profession,
n'ont pas
répondu !
Néanmoins,
sur la base
de cette enquête,
les services
du secrétariat
d'État ont
précisé qu'une
évaluation
serait réalisée
au moment
de la première
échéance,
à la fin 2010,
et que ses
conclusions
leur permettraient
de prendre
une décision
concernant
le report
du deuxième
terme, de
2013 à la
fin 2015.
Il
est évident
que cette
situation
renforce –
nous le constatons
actuellement
sur le terrain
– la pression
des ascensoristes
et des syndics
sur les copropriétaires,
afin d'inciter
ces derniers
à réaliser
en même temps
les travaux
des deux ultimes
tranches.
Ce calendrier
resserré force
les propriétaires
à agir dans
l'urgence,
sans permettre
– je n'insisterai
jamais assez
sur ce point
! – la mise
en concurrence
des professionnels
concernés,
qui sont surchargés
de travail,
avec le risque
de négliger
les prestations
de maintenance
et la qualité
des travaux.
En conséquence,
madame la
secrétaire
d'État, je
souhaite connaître
les intentions
du Gouvernement
au sujet du
report des
deuxième et
troisième
échéances
relatives
à la mise
en conformité
des ascenseurs,
afin, d'une
part, de respecter
la volonté
de la représentation
nationale,
qui, je le
répète, s'est
exprimée en
ce sens en
2009, et,
d'autre part,
de permettre
la rénovation
de notre parc
national d'ascenseurs
dans de bonnes
conditions
concurrentielles,
techniques
et financières.
Mme
la
présidente.
La
parole est
à Mme la secrétaire d'État.
Mme Chantal
Jouanno, secrétaire
d'État chargée
de l'écologie.
Monsieur le
sénateur,
la loi du
2 juillet
2003 portant
diverses dispositions
relatives
à l'urbanisme,
à l'habitat
et à la construction
a prévu qu'un
décret en
Conseil d'État
établisse
la liste des
dispositifs
de sécurité
à installer
dans les ascenseurs
et détermine
les délais
impartis aux
propriétaires
pour la réalisation
des travaux.
En outre,
elle a précisé
que les délais
déterminés
par décret
ne devaient
pas excéder
quinze ans
à compter
de la publication
de la loi,
soit à partir
du 3 juillet
2003.
Ainsi, le
décret du
9 septembre
2004 a prévu, vous l'avez rappelé, un échelonnement
de ces travaux
en trois phases
se terminant
respectivement
le 3 juillet
2008, le 3
juillet 2013
et le 3 juillet
2018.
Un premier
bilan réalisé
en 2006 par
les services
du ministère
chargé du
logement a
montré la
nécessité
de reporter
le délai du
3 juillet
2008. Un décret
modificatif
de mars 2008
a
donc reporté
ce délai au
31 décembre
2010. Les
propriétaires
ont ainsi
bénéficié
d'un délai
supplémentaire
de deux ans
et demi pour
prendre les
dispositions
appropriées.
Par la suite,
vous l'avez
également
rappelé, la
loi du 25
mars 2009
de mobilisation
pour le logement
et la lutte
contre l'exclusion
a modifié
le code de
la construction
et de l'habitation
en ouvrant
la possibilité
d'augmenter
de trois ans
le délai maximal
octroyé par
décret aux
propriétaires
d'ascenseurs
pour effectuer
les travaux
de sécurité.
Or,
un second
bilan communiqué
en mai 2009 a montré que le degré
d'avancement
des travaux
de sécurité
était satisfaisant
et que le
rythme de
réalisation
observé était
compatible
avec le respect
des délais
réglementaires
mis en place
par décret.
[Note de l’ARC : Incroyable :
MME JOUANNO
se contente
de répéter
qu’une étude
a été faite
sans prendre
la peine de
répondre aux
mises en cause
du sénateur.
Surdité ou
autisme ?]
.
Il ne paraît donc pas opportun de
changer le
délai de la
première phase,
le 31 décembre
2010, qui
pourra à l'évidence
être respecté
pour près
de 100 % des
ascenseurs.
En ce qui concerne les délais de réalisation des
phases suivantes,
le Gouvernement
réalisera
en 2010 une
nouvelle étude
qui permettra
de mesurer
l'avancement
du plan de
mise en conformité
des ascenseurs,
notamment
de la deuxième
tranche de
travaux.
C'est au vu
de ces éléments
que le Gouvernement
décidera s'il
convient de
repousser
les délais
de réalisation
des deuxième
et troisième
phases du
plan de mise
en conformité
des ascenseurs.
Mme la présidente.
La parole
est à M. Dominique
Braye.
M.
Dominique
Braye.
Madame la
secrétaire
d'État, je
vous remercie
de votre réponse,
dont les termes
étaient pratiquement
compris dans
ma question.
Celle-ci visait
essentiellement
à rappeler
que, – je
n'insisterai
jamais assez
sur ce point
– dans la
première phase,
comme le prouvent
des devis
que nous ont
montrés un
grand nombre
de responsables
de copropriétés,
il n'y avait
pas de mise
en concurrence
des ascensoristes.
Les ascensoristes
ont naturellement
beaucoup profité
de cette situation,
à tel point,
d'ailleurs,
que lorsque
nous avons
voulu repousser
les délais,
lors de l'examen
du texte qui
est devenu
la loi de
mobilisation
pour le logement
et la lutte
contre l'exclusion,
ils se sont
fortement
manifestés
en disant
qu'ils étaient
tout à fait
défavorables
à ce report
de délai,
qui allait
diminuer la
tension du
marché et
les obliger
à faire des
prix plus
adaptés à
la réalité
de leurs prestations.
Madame
la secrétaire
d'État, le
législateur
a demandé
ce report
dans la loi
de mobilisation
pour le logement
et la lutte
contre l'exclusion.
Dès lors,
il serait
souhaitable
que le vote
de la représentation
nationale
soit respecté.
Par ailleurs,
j'attire votre
attention
sur le fait
que les professionnels
ont tendance
à détourner
la loi en
laissant entendre
aux copropriétaires
qu'il vaut
mieux faire
les deux ou
les trois
phases en
même temps
car cela leur
reviendra
moins cher.
J'ai moi-même
été invité
par des syndics
pour constater
les propositions
de prix des
ascensoristes.
Ces derniers,
c'est normal,
défendent
leur profession,
moyennant
quoi le législateur
est là pour
faire en sorte
que la justice
et l'équité
soient respectées
sur tout le
territoire
et que les
syndics soient
amenés à payer
les prestations
à leur juste
valeur, et
non pas plus
cher sous
prétexte d'une
tension du
marché.
J'attire votre attention car le problème
n'est pas
réglé et,
en tout cas,
je le répète,
les résultats
de l'étude
réalisée par
les services
du ministère
ne sont pas
satisfaisants
car très peu
de syndics
appartenant
tous à la
même catégorie
ont répondu ».
|