1. L’impossible remboursement
du solde en cas de vente
Tous ceux qui ont vendu un lot
de copropriété (même depuis septembre 2004,
date d’application des nouvelles dispositions de l’article 6-2 du
décret du 17 mars 1967 modifié) savent qu’il est pratiquement
impossible de récupérer son " solde ".
Les excuses du syndic sont très variées :
- les comptes ne sont pas encore votés
;
- le délai de contestation de l’assemblée
générale n’est pas encore expiré ;
- une procédure en contestation d’assemblée
générale a été (ou va être)
lancée, etc.
On téléphone une
fois, deux fois, dix fois au syndic ; la comptable n’est plus
jamais là dès la deuxième fois ; on envoie
une, deux lettres recommandées. Rien. On se lasse, on oublie,
on peste contre le syndic " indélicat ".
Bref, pour parler un peu cru : " On s’assied sur
son solde ".
2. La vieille dame
Une vieille dame adhérente
à l’ARC, avec une toute petite retraite ayant vendu son
petit appartement pour aller en maison de retraite, suit le même
parcours : trois coups de téléphone ;
une lettre recommandée. Sentant que le syndic va, comme
elle dit, " l’amuser en attendant qu’elle passe "
(la vieille dame a 83 ans) elle vient nous voir pour nous demander
conseil. " Il doit quand même bien y avoir
un moyen ", dit-elle.
3. Nos conseils
- Nous lui conseillons la voie classique :
la " déclaration au greffe ",
procédure gratuite au Tribunal d’Instance (il suffit de
remplir un bordereau et le juge convoque les deux parties, ce
qui aboutit à un jugement exécutoire).
- " C’est bien, dit-elle ",
mais je le connais ce syndic : " Il va faire
traîner les choses ; demander des délais ;
opposer les arguments bizarres ; envoyer un avocat stagiaire
d’un cabinet avec qu’il travaille : bref je vais perdre une
énergie folle. Ça me fait peur ".
4. Le procureur
- " Il y a bien une autre solution,
plus simple : la plainte au Procureur de la République
avec copie à la Direction de la Répression des Fraudes,
à la Préfecture et à la caisse de garantie
du syndic ".
- " Ça, ça me plaît
bien : juste quatre lettres en envoi simple. Vous pouvez
m’aider à faire la lettre ? ".
- Et voilà notre conseiller et notre
vieille dame qui rédigent la plainte. En voici le contenu
:
" Tribunal
de Grande Instance
Monsieur
le Procureur de la République
Paris,
le 4 Novembre 2005
Lettre recommandée
avec accusé de réception.
Objet : refus
de restitution d’un solde de charges valant " détournement
de fonds ".
Monsieur le Procureur,
- Agée de quatre-vingt-deux ans et
bénéficiaire de l’A.P.A., j’ai vendu il y a maintenant
plus d’un an et demi (mars 2004) mon appartement sis ….
- Le syndic de la copropriété,
le cabinet GIV ……, m’a demandé le versement d’une provision
pour faire face aux éventuelles régularisations
de charges de copropriété après apurement
des comptes 2004.
- L’assemblée générale
approuvant les comptes 2004 a bien eu lieu en 2005.
- Par lettre recommandée du 28 Octobre
2005 j’ai demandé restitution du solde au syndic (copie
jointe).
- À ce jour, je n’ai eu aucune réponse.
Je pense, naturellement que ce syndic va essayer de me décourager
en me faisant écrire plusieurs fois et en espérant
que je me lasserai.
- Il s’agit selon moi d’une volonté
délibérée de garder une somme qui m’appartient,
ce que je qualifie de " détournement de fonds ".
- C’est la raison pour laquelle, délaissant
l’action civile qui n’impressionne pas les professionnels et qui
risque de prendre du temps, je porte plainte auprès de
vous contre le gérant de cette société, à
savoir.
Dans l’espoir que vous pourrez,
malgré la faible d’importance de ce problème, retenir
ma plainte et intervenir à l’encontre de ce professionnel,
je vous prie de recevoir, Monsieur le Procureur, l’assurance de
mes salutations distinguées ".
5. Le syndic et le chèque
La vieille dame fait ses envois
au Procureur, à la Direction Départementale de la
Répression des Fraudes, à la caisse de garantie et
trois jours après reçoit - sans un mot explication
- un chèque de 381,24 euros (sa retraite est d’à peine
1 000 euros par mois).
Conclusion :
Les syndics auraient-ils plus
peur du Procureur que du juge ?
En tout cas, bravo à
notre vieille adhérente dont on souhaite qu’elle soit bientôt
présidente du conseil des résidents dans sa maison
de retraite.
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