ARC Abus n°623: 07 12 05 /©

Pourquoi la qualité du service se dégrade chez les syndics, malgré la hausse des honoraires ?

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Comme nous le disons déjà dans notre article intitulé  Le nouveau Président de la CNAB serait-il adhérent à l’ARC ? ",

Ainsi, le nouveau Président de la CNAB admet-il enfin dans le FIGARO du 26 novembre 2005 la baisse continue depuis quinze ans de la qualité de gestion des syndics (Monsieur IVARS parle de " dégradation "), admettant même explicitement le bien-fondé des reproches fait par les copropriétaires et leur association préférée :

Pendant une quinzaine d’années, les syndics se sont bornés à adapter leurs prestations à des honoraires insuffisants, ce qui a entraîné une dégradation de la qualité de leurs prestations et les reproches que l’on a pu connaître ".

Notons en passant que la CNAB a assigné l’ARC il y a maintenant près de deux ans pour dénigrement systématique de la profession de syndic. Grand merci, donc, à Monsieur IVARS pour ce témoignage à décharge qui va forcément beaucoup intéresser le Président du Tribunal de Grande Instance de Paris.

Mais là où les propos de Monsieur IVARS dérapent un peu, c’est quand il affirme que la médiocrité de gestion des syndics serait dû à la faiblesse de leurs honoraires. Voyons cela.

I. Les honoraires de syndic ont-ils baissé ?

Très séries de raisons au moins prouve le contraire.

1. L’analyse des charges de copropriété.

  • Prenez n’importe quelle comptabilité de copropriété (grand livre comptable) puis additionnez tous les honoraires perçus par un syndic il y a quinze ans et tous les honoraires perçus par ce même syndic aujourd’hui. Que constatez-vous ? Au minimum un doublement et bien souvent un triplement des honoraires dit de base (en cas de travaux). Mesdames et Messieurs les syndics ne sont pas d’accord avec nos chiffres ? Alors nous leur proposons ceci : nous venons chez eux, nous choisissons au hasard dix copropriétés et nous comptons. Nous attendons les imitations.

2. La preuve par l’absurde

  • Depuis le 1er septembre 2004, TOUS les syndics sont obligés de joindre à la convocation un état récapitulatif de TOUS les honoraires prélevés sur la trésorerie des copropriétés. Or AUCUN syndic (ou presque) n’a satisfait à cette obligation et ceux qui l’ont fait (sur demande du conseil syndical) ont révélé des honoraires supplémentaires justifiant toutes nos critiques. Pensez-vous vraiment, Monsieur IVARS, que les syndics auraient caché avec une telle constance le montant réel global de leurs honoraires si ceux-ci étaient si maigrelets ?

Troisième raison :

  • Les bénéfices des grands groupes de syndics sont en évolution constantes ; ceux-ci rachètent d’ailleurs tous les jours des cabinets bien-portants à des prix inouïs ; les fonds de pensions investissent dans les grands groupes de syndics (exemple : le groupe SERGIC ; le groupe VILLA…). Cela serait-il le cas si les honoraires étaient si misérables ? Nous prendrait-on pour des benêts ?

II. Les vraies causes de la dégradation du service

 

Nous en sommes désolés, mais constatons que, la vraie cause de la dégradation du service c’est le trop gros appétit des syndics et de leurs nouveaux actionnaires.

La seule question qui préoccupe un syndic aujourd’hui c’est : " Combien va rapporter chaque lot ? ". Et pour arriver à faire " produire " un maximum d’euros à chaque lot, il n’y a que deux séries de recettes :

  1. augmenter en permanence les honoraires supplémentaires (voir plus haut) ;
  2. augmenter en permanence le nombre de lots gérés par chaque gestionnaire.

Interrogez le moindre gestionnaire ; il vous parlera de la " productivité " qu’on lui impose : 50 à 60 copropriétés par gestionnaire ; 50 à 60 heures par semaine.

Un turn-over incroyable ; des démissions en cascade ; un travail fait en permanence dans la précipitation…

Voilà les vrais ingrédients de la " dégradation " (dégradation du service, mais non des résultats financiers).

Conclusion :

  • Un " moyen " syndic disait il y a quinze jours au Président de l’ARC, Fernand CHAMPAVIER. Mais qu’est-ce qu’ils ont ? Je vous assure : je gagne très bien ma vie. Qu’est-ce qu’ils veulent ? racheter deux cabinets par semaine au lieu d’un seul ?

  • On vous laisse lui répondre.


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