I-
Les ascensoristes et la sécurité
Chacun
de nous a été témoin des larmes de crocodiles que versent les
ascensoristes dès qu’il s’agit de sécurité.
Personne
n’est dupe : la sécurité, c’est d’abord pour les ascensoristes
12 milliards d’euros de travaux.
La
preuve en est que lorsqu’il s’agit de la sécurité de leur personnel
et que la loi spécifie bien que l’ascensoriste est SEUL responsable
de cette sécurité, notre bon samaritain ne fait RIEN, même si :
- cela ne lui coûte
pratiquement rien ;
- il a toutes les autorisations
d’agir comme il le souhaite.
L’histoire suivante le démontre de façon lumineuse.
II-
Une copropriété qui connaît le décret
de 1995
Le
décret du 30 juin
1995 est un décret qui prévoit :
a)
que
l’ascensoriste est responsable de la sécurité de son personnel ;
b)
que
la copropriété n’est pas concernée directement par les travaux.
Le
décret du 9 septembre 2004 l’a d’ailleurs confirmé et n’a imposé
aux copropriétés ces travaux de sécurisation que sous
certains délais.
En attendant,
les ascensoristes restent responsables.
Emue
par les larmes sécuritaires de nos croco….euh… ascensoristes,
une présidente de Conseil syndical adhérente à l’ARC a donc adressé
une lettre à OTIS en écrivant à peu près ceci : « Cher
grand ascensoriste ; on le sait,
la sécurité de votre personnel est pour vous une priorité ;
soyez heureux ; nous vous donnons l’autorisation de faire
les travaux nécessaires (à vos frais) nous-mêmes étant un peu
désargentés pour le moment et non directement concernés ».
Que croyez-vous qu’il arriva ? pour le moment
… rien.
III-
La lettre à OTIS
B………, le 11 novembre
2006
OTIS
32, avenue Marcel Dassault
37206 TOURS
lettre adressée en Recommandé
avec A.R.
(copie adressée à la
direction régionale)
à l’intention du service
juridique d’OTIS
Monsieur,
La société OTIS a procédé à une étude de
sécurité de nos ascenseurs
en 2004, pour se conformer au décret 95-826 du 30 juin 1995. Ce
décret concerne les « problèmes de sécurité rencontrés lors
des opérations de maintenance et de transformation des ascenseurs »
(circulaire d’application DRT 96/3 du 25 mars 1996), et vise à
une meilleure protection des « personnels chargés des interventions » .Le
même décret impose l’obligation aux propriétaires de l’appareil
–sauf s’il s’agit d’immeubles d’habitation- de procéder
à des travaux pour remédier aux risques mis en évidence par l’étude,
dans un délai de 36 mois.
Un certain nombre de travaux non obligatoires,
financés par les copropriétaires de la Résidence du H………,
ont été réalisés en octobre 2005 (remplacement du boîtier d’inspection
technique - installation d’une barre de rétablissement, d’une
crosse de rétablissement, d’un mécanisme de contrebalancement
pour la trappe d’accès etc…).
Mais nous nous étonnons
grandement que la société OTIS n’ait RIEN fait spontanément,
à ses frais, depuis 1995, pour assurer la sécurité de son
personnel –sécurité que l’employeur (que vous êtes) juge pourtant
très insuffisante, si l’on se réfère à l’ensemble de l’étude
en notre possession. Or,
OTIS continue à être responsable de cette sécurité tant que la
copropriété n’a pas fait les mises aux normes inscrites au décret
de 2004, dans la limite légale des délais fixés par la loi (juillet
2008 pour l’intervention en gaine et l’accès aux locaux de machines
ou de poulies – juillet 2013 pour la protection des points rentrants
sur poulies) : jusque-là, c’est encore le décret 95-826 qui
s’applique, et qui impose au « chef de l’établissement chargé
des travaux d’organiser ceux-ci de manière à assurer la sécurité des travailleurs qui
les effectuent » (article 7).
Sachez qu’en tant
que propriétaires des installations, nous avons fait une petite
visite en machinerie, pour juger sur place.
En conséquence nous
vous autorisons à procéder de suite (à vos frais) à la
pose d’une balustrade sur le massif béton et à la protection
des points rentrants sur poulie -travaux qui ne sauraient
attendre juin 2008 pour l’un et juin 2013 pour l’autre, si, comme
nous osons le croire, la société OTIS est vraiment soucieuse
de la sécurité de son personnel, et surtout quand il y a risque
de happement…
Au cas -fort improbable-
où vous renonceriez à assurer dès aujourd’hui la sécurité de votre
technicien et ne souhaiteriez pas effectuer maintenant ces quelques
travaux, nous vous demandons de nous adresser l’attestation ci-jointe,
faisant état de :
-la mise en cause
par le Conseil Syndical, après visite en machinerie, des conditions
de travail de votre technicien ;
-l’autorisation
que la Copropriété
donne à OTIS de mettre en œuvre sans délai, à ses frais, certaines
mesures propres à assurer la sécurité de son technicien (pose
d’une balustrade sur le massif béton,
protection des points rentrants sur poulie), selon
le décret 95-286 et la circulaire d’application DRT 96/3 ;
-le désir d’OTIS de ne pas procéder à ces travaux, peu coûteux pour elle,
malgré la connaissance qu’elle a des risques encourus et le rappel
qui lui a été fait de ses obligations en tant qu’employeur.
Veuillez agréer,
Monsieur, l’expression de nos sentiments les meilleurs.
Le Conseil
syndical.