ARC Abus n°922: 27 12 06 /©

Un accord (d’opérette) sur la modération des loyers en secteur privé.
L’ARC plutôt choquée

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Un accord (c’est un bien grand mot) vient d’être signé entre le Ministère du Logement et une association de bailleurs, l’UNPI.

La Presse ayant fait état de ce drôle d’événement et certains journalistes nous ayant demandé ce que nous en pensions, nous nous permettons de livrer quelques commentaires.

 

1-     Une mesure générale qui ne coûte rien

 

On a un Gouvernement formidable : face à la grogne des locataires et à un marché locatif de plus en plus tendu, il a eu une idée simple : demander à une association de bailleurs de … s’engager à … inciter ses adhérents à … modérer… l’augmentation des loyers.

 

Génial, tout simplement.

On espère que le Gouvernement ne s’arrêtera pas en si bon chemin et on attend un accord :

 

-          avec le MEDEF pour qu’il s’engage à « inciter » ses adhérents à augmenter un peu plus les salaires ;

-          avec la Fédération du Commerce pour qu’elle s’engage à « inciter » ses adhérents à modérer l’augmentation des prix ;

-          avec le « syndicat du crime » pour qu’il s’engage à « inciter » ses adhérents à diviser les agressions par deux, etc, etc.

 

2-     Un engagement qui n’engage à rien

 

On ne peut que féliciter le Gouvernement et l’UNPI - qui par ailleurs ne cesse de se plaindre de la faiblesse de la « rentabilité locative » - de cet engagement.

Le problème est le suivant. Quand les journalistes demandent :

 

-          « Quel contrôle y aura-t-il » ? la réponse est : « Contrôle, mais vous n’y pensez pas ».

-          Quand ils demandent : «  Quelles sanctions pour vos adhérents qui ne suivront pas vos consignes » ? la réponse est : « Sanctions, mais vous n’y pensez pas ! »

 

3-     La modération des augmentations des loyers est déjà là

 

Curieux ce Gouvernement et cette organisation qui semblent avoir oublié que la modération des hausses est déjà assurée par un indice-maison, l’I.R.L. (ou Indice de Revalorisation des Loyers), spécialement créé en janvier 2006 pour remplacer l’indice applicable alors, qui s’emballait…

Comment se fait-il que l’UNPI l’ait déjà oublié ?

 

4-     Un problème déplacé

 

Le problème ce n’est pas le niveau des augmentations de loyer, c’est - chacun le sait - le niveau de base des loyers.

Si les pouvoirs publics n’avaient pas - sur la pression de l’UNPI entre autres - multiplié les cadeaux fiscaux aux bailleurs sans contrepartie (en particulier  sans exiger l’application de loyers mieux contrôlés) la situation ne serait pas aussi catastrophique.

Or là, il n’y avait pas besoin « d’accord » d’opérette.

 

5-     Soyons plus sérieux

 

Cet accord de modération n’est ni sérieux ni digne des problèmes vécus par les locataires, ni compatible avec la pratique des bailleurs « normaux » qui pratiquent des loyers « normaux » et dont un certain nombre sont adhérents à l’ARC. Il a même un côté un peu « cynique ».

« Embrassons-nous devant les caméras, semblent-ils dire ; les locataires ne seront-ils pas émus par la merveilleuse générosité des bailleurs et l’énergie déployée par le Gouvernement ?».

 Tout cela fait un peu « comédie musicale » et nous ne pensons pas que cela soit vraiment à l’honneur de ceux qui signent cet accord en carton-pâte et qui :

a)     ne résolvent ainsi AUCUN problème ;

b)     laissent penser qu’ils considèrent les locataires de ce pays comme de parfaits idiots.

 

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