Le
PARTICULIER IMMOBILIER vient de consacrer
un long article (numéro de décembre 2007)
aux « nouveaux
contrats d’ascenseurs ».
Le
PARTICULIER reprend un certain nombre d’observations
et surtout de mises en gardes exprimées
par l’ARC depuis trois ans (voir notre guide
« Ascenseurs : comment éviter le pire ? ») ou nous développons longuement les problèmes liés au contrat.
Voici
quelques extraits très intéressants de l’article
du PARTICULIER IMMOBILIER.
À noter : l’article fait état du contrat-type de l’ARC,
qui est naturellement toujours disponible
pour les adhérents collectifs de l’ARC.
« Ascenseurs,
signez le bon contrat
Ø
Votre contrat d’entretien
est-il conforme à la réglementation ?
Ø
Ses clauses vous sont-elles
favorables ?
Ø
C’est le moment de renégocier,
voire de changer d’ascensoriste.
La mise en
sécurité des ascenseurs va coûter fort cher
aux copropriétaires. Mais combien d'entre
eux savent ce que va leur coûter, au fil
des années, le contrat d'entretien que leur
syndic a (parfois signé sans même les consulter ?).
I-
Pourquoi faut-il faire attention aux nouveaux contrats ?
(…)
[le PARTICULIER explique d’abord pourquoi il faut
être vigilant sur les nouveaux contrats]
Bruno Dhont, directeur de
l'ARC,constate
ainsi que « Les nouveaux contrats-types (dits « étendus »)
sont très défavorables aux copropriétaires,
notamment en raison des clauses introduisant
les notions de vétusté et d'obsolescence,
qui l'ont vidé de sa substance. »
Un point de vue qui n'est pas éloigné de
celui de Stéphane DorÉ,
directeur général du bureau d'études spécialisé
A2C :
« La portée du contrat à clause
étendue est sérieusement limitée puisque,
sauf rénovation spécifique, les pièces constitutives
de l'ascenseur ne sont garanties a minima
que pendant les dix, vingt ou trente premières
années de leur installation, en fonction
du type de pièces concerné, suivant le.
référentiel Afnor.
Il est donc inutile de souscrire des contrats
étendus "standard" dès l'instant
où ces vingt ou trente premières années
sont écoulées. Ou bien, si vous tenez au
contrat étendu, négociez avec l'ascensoriste
pour proroger ces durées », conseille-t-il.
(…)
Autre raison incitant à la vigilance : les bureaux d'études et les syndics
professionnels que nous avons interrogés
constatent depuis deux ou trois ans une
détérioration de la qualité de maintenance
: « Aujourd'hui, on dénombre jusqu'à 150 appareils par technicien, alors que
la raison commanderait de ne pas dépasser
80 », regrettent-ils. « Rien d'étonnant, remarque Stéphane
DorÉ, la moitié des effectifs des ascensoristes est aujourd'hui affectée aux
travaux de rénovation et une partie de l'encadrement
est passé dans les bureaux d'études... réduisant
les équipes d'entretien à la portion congrue.
»
II- Les contrats-types, ce qu’il
faut en penser ?
Le propriétaire de l'ascenseur passe un contrat d'entretien écrit avec une
entreprise dont le personnel chargé de l'entretien
doit avoir reçu une formation appropriée
suivant la réglementation en vigueur...
Tous les ascensoristes ont un
contrat-type à proposer à leurs clients,
soit, pour les plus grands, qu'ils l'aient
élaboré eux-mêmes ou, pour les autres, qu'ils
se reposent ENSEUR rière pays.
te, plomb, DPE, PPR) sera obligatoire à la location.
a location.
re.
er à cer sur le référentiel
Afnor. Des contrats-types pas toujours favorables
aux copropriétaires. Bruno Dhont
observe ainsi que chacun a sa propre recette
pour limiter l'étendue de ses obligations
:
« L'un va glisser dans son contrat
une clause écartant théoriquement la vétusté
(voir ce mot), mais y introduire des délais visant à exclure
du contrat les pièces ayant dépassé un certain
âge. L'autre va "garantir la disponibilité
des pièces durant vingt ans", impliquant
qu'au-delà, les pièces seront frappées d'obsolescence
(voir ce mot) et donc à la charge du client. La plupart vont
plafonner les pénalités à 5 % du montant
annuel du contrat et ne les appliquer qu'à
partir de plusieurs défaillances consécutives,
les ''privant ainsi de leur caractère dissuasif...
».
Parmi les autres modèles de contrat évoqués, on trouve celui de la CNAB la seule fédération d'administrateurs
de biens ayant pris l'initiative de modérer
les appétits des ascensoristes. Mais aussi,
le contrat-type de l'ARC (le plus favorable
aux copropriétaires) et celui de la
FSCC (Fédération des syndicats
coopératifs de copropriété), tandis que
des enseignes commerciales, comme Foncia
et Loiselet & Daigremont, proposent
des avenants visant à supprimer les clauses
trop défavorables aux copropriétaires et/ou
à en introduire de plus équitables.
Sachant que ces contrats ou avenants
ont été élaborés par des bureaux d'études.
« Ainsi,
le plus souvent, le contrat de l'ascensoriste
est utilisé, mais certaines clauses sont
biffées, les conditions particulières "maison"
- introduites en annexe - prévalant sur
les dispositions standard des contrats »,
soulignent Bruno Dhont
et Stéphane DorÉ.
(…)
III-
Le carnet
d'entretien (à
ne pas confondre avec le carnet d'entretien
de l'immeuble) : exigez un carnet « papier »
Les visites, opérations et interventions effectuées en exécution du contrat
d'entretien font l'objet de comptes rendus
dans un carnet d'entretien tenu à jour.
Le carnet d'entretien, lisible et compréhensible,
peut être établi sous une forme électronique
ou sur un support papier ou les deux.
Papier ou électronique, faut-il privilégier l'un plutôt que l'autre ? Dans
bon nombre d'organismes HLM, le carnet
papier est imposé, notamment parce qu'il
oblige le technicien à se rendre dans le
local machine, plutôt que de se contenter
(parfois) d'apposer un avis de passage ou
de valider un code-barre. L'ARC abonde dans ce sens : « II faut donner la préférence au carnet papier
conservé en machinerie ou dans un autre
local désigné par le client. Pour chaque
visite ou dépannage, exiger mention de
la date, heure arrivée et départ, nom du
technicien, opérations précises (pas de
: « nécessaire/ait »), cause de la panne,
nature de l'intervention, pièces changées...
» Et refuser la clause de certains
ascensoristes qui, même s'ils acceptent
la double version papier/électronique,
font prévaloir, en cas de discordance, la
version électronique que l'ARC juge trop
facile à modifier après coup.
(…)
IV-
Pénalités : attention aux fausses pénalités
Le contrat d'entretien inclut obligatoirement les pénalités encourues
en cas d'inexécution ou de mauvaise exécution
des obligations contractuelles ainsi que
des modalités de règlement des litiges.
Les pénalités peuvent venir sanctionner les délais (voir ce mot) non respectés, le taux excessif de pannes
ou d'immobilisation de l'appareil ou l'absence de remise
de l'un des documents obligatoires (voir
cette entrée). Si un gardien ou une
personne responsable est présente dans l'immeuble,
on pourra exiger que les techniciens présentent un « bon d'attachement » au moment
de leurs visites.
Certains dispositifs, « boîtes noires » ou « mouchards », peuvent aussi
être utilisés (Datalift).
Afin d'assurer un contrôle systématique
de la mission de l'ascensoriste, certains
bureaux d'études (Ceci,
Exxeco) proposent une visite bi-annuelle
de l'installation visant à contrôler ?
la qualité de maintenance. Coût : de
200 à 300 euros par an.
Alors que nombre d'ascensoristes limitent à 5 % du montant annuel du contrat
le plafond des pénalités encourues, la Cnab
conseille de retenir un taux maximal de
pénalité de 15 % et Exxeco d'aller jusqu'à 25 %, l'ARC se
cantonnant à 20 % et Ceci osant 30 % à
60 % selon la technologie. Mais est-ce un
point fondamental, pour les copropriétaires
? Comme le souligne Pierre Bentolila, directeur de la division service
de l'ascensoriste AFL : « Quelle
que soit leur importance, ce ne sont pas
les pénalités qui obligeront un ascensoriste
à bien travailler. » À méditer…
(…)
V-
Vétusté : refuser absolument
la « vétusté » automatique
État de ce qui est dégradé par le seul effet de l'âge,
indépendamment de l'usage qui en a été
fait. Cette dégradation se traduit
par la perte des performances initiales
ou des propriétés basiques telles que l’isolement,
la conductivité, la porosité, le délitage,
etc.
La clause de vétusté est un point particulièrement
sensible du contrat, car elle exonère l'ascensoriste
de son obligation de prendre en charge le
remplacement d'un élément défectueux. Le
référentiel propose deux méthodes pour l'appliquer :
1)
l'ascensoriste ne peut
l'invoquer avant trente ans pour les organes
mécaniques, notamment les moteurs, vingt
ans pour les éléments électromécaniques
et dix ans pour les composants électroniques
;
2)
le contrat définit un certain
nombre de critères particuliers, notamment
des durées plus longues.
Certains ascensoristes acceptent cette seconde solution. « Chez AFL, nous ne sommes pas opposés au fait
de majorer de cinq ans les durées de dix
et vingt ans », avance Pierre Bentolila. In
Numeri note que bien des gestionnaires
consultés ignorent
sur quoi est fondée la notion de vétusté
prévue dans le contrat qu'ils ont signé.
Un constat d'autant plus inquiétant que la notion de vétusté est une grave pomme de discorde avec les ascensoristes.
L'ARC y voit même le problème essentiel des années à venir. Écartée dans
le décret puis dans l'arrêté, la notion
de vétusté a été réintroduite par la commission
Afnor,
malgré la résistance de l'ARC et de l'USH.
Cette dernière, jugeant que d'autres critères
que l'âge sont à prendre en compte, a d'ailleurs
évacué la clause de vétusté de ses contrats,
remplacée par une politique de rénovation
et de modernisation des appareils, Exxeco a fait de même, mais ses contrats « garantie totale »,
conclus pour dix ans, ne visent que des
appareils installés ou rénovés après 2000.
Selon l'ARC, la vétusté ne peut exister sur un élément actif (en mouvement)
: si la pièce est hors d'usage, c'est qu'elle
est atteinte par l'usure, non par la vétusté.
Deux notions presque impossibles, en pratique,
à distinguer.
L'exclusion de la clause de vétusté semble plus acceptable pour les ascensoristes
si le contrat antérieur était complet. Foncia a habilement négocié cette exclusion si le cumul « durée
du contrat complet » / « durée du contrat
étendu » est d'au moins huit ans. Sinon,
le contrat de l'ARC renvoie au dispositif
prévu à l'état des lieux d'entrée (voir
ce mot) et celui de Foncia
propose le recours à l'arbitrage : les parties
s'efforcent de choisir un expert qui se
prononcera sur la vétusté de la pièce concernée.
Enfin, si clause de vétusté il y a, elle doit s'appliquer à partir de
la date de pose de la pièce concernée et
non à partir de la date d'installation
de l'ascenseur, d'où l'importance de l'état
des lieux contradictoire avant le début
du contrat, afin que soient clairement établies
les dates d'installation des pièces importantes.
(…)
VI-
La hausse des prix n’est pas inéluctable…
Un contrat
minimal pour un immeuble de six étages serait
facturé, en moyenne, entre 1 200 et
1 900 euros (TTC) par an par les PME,
de 1 500 à 2 300 euros pour les
grands ascensoristes (étude IN NUMERI, à
la demande du ministère du logement).
[Note de l’ARC : dans l’article du
PARTICULIER une erreur a été commise à ce
sujet par inversion entre « PME » et « grands ascensoristes ». Ayant été
destinataires de l’étude du ministère, nous
avons corrigé nous-mêmes cette bien regrettable
erreur]
Le surcoût
du contrat étendu par rapport au contrat
minimal serait de l’ordre de 20 % à 30 %,
en moyenne. L’étude de IN NUMERI souligne
encore que « le coût des contrats étendus
HLM est inférieur à celui de contrat minima
des immeubles privés, ce qui traduit toute
la difficulté des particuliers à négocier
leurs contrats d’entretien avec les ascensoristes ».
Quant à la
mise en conformité avec la réglementation,
elle aurait engendré, en moyenne, une hausse
de 13 % pour les contrats minimaux et de
11 % pour les contrats étendus.
Les seules
baisses ont porté sur les contrats étendus
contenant une prestation maintenant incluse
dans le contrat minimal tel le service 24
heures/24.
Et l’ARC
de remarquer que lorsque le conseil sydncial
a été associé à la négociation, dans 80
% des cas il y a eu absence de majoration,
voire baisse (contre 15 % seulement sans
association du conseil syndical). En cas
d’augmentation : elle oscille entre
5 % et 25 %, avec une moyenne de 13 %.
Selon les
ascensoristes, les hausses seraient liées,
soit à des services supplémentaires, soit
à des rattrapages. Les baisses résulteraient
de mises en concurrence, d’une diminution
des prestations, voire de l’acceptation
par le client de conditions de paiement
plus favorables.
Ainsi OTIS
consent-il une remise de 3 % si le client
opte pour el prélèvement automatique. La
conclusion d’IN NUMERI : « La
hausse des tarifs des contrats au moment
de leur mise en conformité ne semble pas
inéluctable. La mise en concurrence permet
de l’éviter ou de la limiter dans de nombreux
cas ».
Ce que confirme
tant un groupe aussi important que FONCIA,
qui est parvenu à revoir à la baisse le
prix de certains contrats et à limiter les
hausses à 150 euros, qu’un syndic indépendant
comme le Cabinet LELIÈVRE, gérant 8 000
lots à Paris et qui a « converti »
plusieurs dizaines de contrats complets
en contrats étendus, sans la moindre augmentation ».
Conclusion
Voici donc, passées en revue, les principaux problèmes
posés par les nouveaux contrats.
Encore une fois, si vous voulez aller plus loin et
négocier de bonnes clauses, vous pouvez
vous procurer le guide : « Ascenseurs :
comment éviter le pire ? »
qui consacre trois parties et 20 chapitres
aux nouveaux contrats, à savoir :
Troisième partie
Les nouvelles obligations en matière de contrat d’entretien
Chapitre
6 : Les textes
Chapitre
7 : La
nouvelle donne en quelques mots 100
Chapitre
8 : Les nouvelles obligations pesant sur les ascensoristes
Chapitre
9 : Opérations minimum et pièces
minimum à changer
Chapitre
10 : L’obligation de signer un nouveau contrat :
quels délais ?
Quatrième partie
La renégociation du nouveau contrat : mode d’emploi
Chapitre 11 :
Les deux questions à vous poser avant
de négocier un nouveau contrat
Chapitre 12 :
La suppression légale du contrat
complet : quelles solutions pour éviter
les problèmes ?
Chapitre
13 : Contrat de base ou contrat « étendu » ?
Chapitre
14 : Les clauses obligatoires des contrats :
attention au détail
Chapitre 15 :
Les clauses facultatives indispensables
à introduire dans son contrat ou à corriger
Chapitre
16 :
L’état des lieux d’entrée
Chapitre
17 : Le « plan d’entretien »
Cinquième partie
Comment contrôler l’ascensoriste et le respect du contrat ?
Chapitre
18 : La complexité du contrôle en copropriété
Chapitre 19 :
Empêcher les simples « passages »
en lieu et place de visites d’entretien
Chapitre 20 :
Obliger l’ascensoriste à remplir
complètement en temps réel un carnet d’entretien
papier
Chapitre 21 :
Vérifier le « remplissage »
du carnet d’entretien et le faire savoir
à l’ascensoriste
Chapitre 22 :
Accéder gratuitement au système de
traçabilité de l’ascenseur
Chapitre 23 :
Vérifier par des moyens simples que
l’ascenseur est correctement entretenu
Chapitre 24 :
Vérifier que les obligations en matière
d’entretien sont bien respectés
Chapitre 25 :
Eventuellement mettre en place son
propre système de télésurveillance.
*