Notre
dossier du mois de janvier 2009 est destiné à vous inciter
à ouvrir l’œil et, au besoin, à vous engager à mener
l’enquête sur deux sujets en apparence différents mais,
en fait, assez proches.
Premier thème :
Nous nous apercevons depuis quelques mois que certains syndics ont changé
le fournisseur de gaz ou d’électricité « historique » de TOUTES leurs copropriétés (à savoir GDF
ou EDF), sans aucune autorisation de leurs copropriétaires
(ceci, moyennant quelques avantages intéressants pour
eux).
Apparemment et à court terme cela peut paraître intéressant.
Mais derrière ces apparences se cachent des réalités moins roses :
des tarifs futurs non contrôlés ou, pire encore, des
copropriétés « captives »
de certains syndics.
Il est donc urgent que tous les copropriétaires puisent savoir si leur
syndic n’a pas changé de fournisseurs et si oui, agir
en conséquence.
Deuxième thème :
Comme on le sait les syndics sont, de plus en plus, des « courtiers »
d’assurance qui gagnent ainsi de l’argent assez facilement.
Or plus ça va plus nous sommes persuadés que ce mélange
des genres (syndics et assureurs) n’est pas du tout
favorable aux syndics-courtiers
et aux assureurs.
Pour savoir ce qu’il en est, nous vous donnons quelques pistes, d’abord,
et une liste de questions à vous poser ensuite et
à poser à votre syndic.
- Découvrez ces deux thèmes.
- Le cas échéant, menez l’enquête dans votre copropriété.
Première thème :
êtes-vous sûr que votre syndic n’a pas changé le fournisseur « électricité » ou « gaz » de votre copropriété ?
I-
Des syndics qui quittent EDF et GDF
sans le dire à leurs copropriétaires
Attention :
Il
apparaît que de nombreux syndics professionnels ont
résilié les contrats d’électricité des parties communes
ou équipements communs des copropriétés qu’ils gèrent
(contrats passés avec EDF) et les contrats gaz des chaufferies
collectives (contrats passés avec GDF) pour signer des
contrats avec des opérateurs dits « alternatifs », mais ceci sans obtenir l’accord des assemblées
générales et même - souvent - sans prévenir les conseils
syndicaux.
II-
Mais quelles mouches les a piqués ?
Oui,
pourquoi les syndics se livrent-ils à ces « transferts » de contrats
sans demander leur avis aux copropriétaires ?
Pour
plusieurs raisons :
1)
La
première est que les fournisseurs proposent certains
avantages au bénéfice des seuls syndics, mais ceci uniquement
si le syndic transfère TOUS ses contrats chez ce fournisseur ; or les syndics savent
bien que s’ils demandent leur avis aux copropriétaires,
les trois-quarts refuseront par prudence (en effet,
quitter aujourd’hui EDF et GDF qui pratiquent des tarifs
réglementés, c’est renoncer pour l’avenir aux tarifs réglementés).
2)
Les
avantages que les syndics retirent du transfert sont
de différents ordres :
-
groupage
des factures ;
-
facilité
de paiement permettant aux syndics de placer plus longtemps
l’argent des copropriétés ;
-
voire
commissions.
On
notera qu’un des principaux fournisseurs alternatifs
en matière d’électricité n’est autre que… GDF et qu’un
des principaux fournisseurs alternatifs en matière de
gaz n’est autre que… EDF !
III-
Gare aux futurs « retours de bâton »
Quelles incidences ?
Votre
syndic vous dira : « N’ayez
crainte, j’ai négocié des prix plus faibles que les
tarifs réglementés. Alors il n’y a aucun problème pour
vous » ! Sachez qu’il n’a rien négocié,
évidemment car, aujourd’hui, TOUS
les opérateurs « alternatifs » consentent des prix
MOINS chers
que les prix réglementés, (ceci pour un, deux ou trois
ans) afin - précisément - d’attirer le client.
Sachez
surtout que le tarif obtenu est temporaire (contrat
de un, deux ou trois ans).
Or
- à la fin du contrat signé et dans la mesure où votre
copropriété ne pourra PAS revenir au tarif réglementé
- vous risquerez de subir des augmentations
importantes car votre syndic sera la plupart du temps
dans l’incapacité de négocier les prix (il ne négocie,
en général, déjà pas les prix du fioul aujourd’hui,
comment négocieraient-ils les prix de l’électricité
ou du gaz demain avec un opérateur de stature nationale ?).
IV-
Un problème plus préoccupant encore :
celui des gros syndics
Il semble, en
effet, que certains gros syndics pensent, en négociant
le prix du gaz, garder « captifs » les syndicats de copropriétaires en utilisant l’argument
suivant : « Moi,
je suis capable de négocier un bon tarif pour mes copropriétés
car je pèse très lourd ; en allant chez un petit
ou moyen syndic vous serez obligés de payer le prix
de l’électricité ou de gaz qu’on vous imposera. Conséquence ; restez chez moi, les
kWh y sont moins chers ».
Il
faut évidemment agir
pour échapper à ce « piège », comme nous avons déjà commencé à le faire à l’ARC
(nous reviendrons dans quelques semaines sur ces problèmes).
V-
Enquêtez vite
En
attendant, il faut que les copropriétaires sachent où
ils en sont et quels sont vraiment leurs fournisseurs
d’électricité et de gaz. Pour cela il faut procéder
ainsi :
1)
il
faut demander à votre syndic la copie d’une facture
gaz et électricité ;
2)
si
l’opérateur historique a changé, demandez au syndic
une copie de la convention qu’il a signée avec le nouvel
opérateur et
une copie du contrat qui lie l’opérateur ET votre syndicat
de copropriété.
Puis répondez aux questions suivantes :
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QUESTIONNAIRE
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Electricité :
quel est votre nouveau fournisseur :
-
depuis quelle date ?
-
durée du contrat ;
-
conditions tarifaires.
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Gaz :
quel est votre nouveau fournisseur :
-
depuis quelle date ?
-
durée du contrat ;
-
conditions tarifaires.
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Disposez-vous vraiment d’un contrat
signé au nom du syndicat des copropriétaires
ou y a-t-il seulement un contrat global liant
votre syndic (en son nom) pour TOUS ses immeubles ?
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Le syndic a-t-il fait voter le changement
du (des) contrat (s) en assemblée générale.
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Si vous êtes adhérent à l’ARC, merci de
nous adresser les résultats de vos investigations.
Si vous n’êtes pas encore adhérent à l’ARC…
vous savez ce qu’il vous reste à faire.
Deuxième thème :
le « syndic-assureur »L’assurance
de votre copropriété n’est-elle pas par hasard « négociée » par une filiale de votre syndic ? quelles sont
les très mauvaises surprises que peut réserver un
« syndic assureur » ?
(voir
aussi abus numéro 1633)
I-
Le syndic-assureur
ou comment faire de l’argent facilement
Un
moyen ou un gros syndic aujourd’hui peuvent gérer entre
3.000 et 30.000 copropriétés allant de 90.000 lots principaux
à 1.000.000.
- Si l’on considère
que la prime moyenne d’une assurance - copropriété
revient à environ 50 euros par lot principal et par
an - cela fait des montants de prime allant de 4.500.000
euros à 50.000.000 € par cabinet.
- Etant donné que les
honoraires de courtage sont de 20 % du montant des
primes (en fait ils peuvent aller jusqu’à 25 %), cela
donne des honoraires spécifiques allant de 900.000
euros à 10.000.000 d’euros.
- De quoi exciter l’appétit
insatiable de nos chers syndics (et encore, nous ne
parlons pas des assurances dommage-ouvrages
ni des assurances « locatives » placées par le
syndic-gérant).
Et voilà pourquoi les LOISELET, FONCIA, LAMY, URBANIA,
mais aussi les GIEP et de plus en plus de moyens et
de gros syndics se lancent actuellement dans le « courtage d’assurance ».
- Car une fois qu’on
gère des copropriétés il n’est pas très difficile
de leur placer des « assurances » surtout quand on leur certifie qu’on a
les « meilleurs tarifs » (« Pensez ; je n’ai
pas de frais de commercialisation et en plus je négocie
en gros »).
II-
Une réalité parfois très décevante
- Mais est-il vraiment
sûr que ces syndics-assureurs
sont vraiment concurrentiels ? Non seulement ce n’est
pas sûr, mais une première enquête auprès de nos adhérents
nous laisse entrevoir une situation beaucoup moins
rose et des constats plutôt négatifs, en particulier :
1. des primes souvent non concurrentielles ;
2. des augmentations de primes non forcément contrôlées
et parfois injustifiées ;
3. des déclarations de sinistres parfois non faites, même
au-delà des franchises ;
4. des couvertures insuffisantes ;
5. des honoraires de syndic non pris en charge, forcément,
par l’assureur, ceci malgré l’affirmation du contraire…
III-
Et vous ?
- Il est important,
si votre syndic est un « syndic-assureur »
(lui-même courtier ou disposant d’une filiale) que
vous puissiez savoir exactement de quoi il retourne
et que vous puissiez faire le tour de la question.
- Pour cela il faut,
certes, vérifier que le niveau initial de la prime
est correct (c’est le minimum) mais il faut surtout
vérifier que « l’arbre ne cache pas la forêt »,
autrement dit que derrière l’éventuel prix d’appel
initial ne se cache pas des très mauvaises surprises.
- Pour cela nous vous
proposons de répondre aux questions suivantes.
L’enquête sera parfois longue. Nous vous souhaitons
néanmoins d’aller jusqu’au bout. Cette « randonnée » est non
seulement en général très instructive mais aussi très
rentable.
IV-
Questions à vous poser sur vos syndics
assureurs et leurs contrats d’assurance
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Les questions à vous poser.
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Explications.
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- Montant initial
de votre prime d’assurance « négociée » par votre syndic-courtier ou sa filiale d’assurance.
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Le
prix initial peut être en apparence très intéressant.
On va voir qu’il faut parfois se méfier.
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- Date d’effet initial
du contrat.
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Important
pour reconstituer l’histoire de votre contrat.
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- Prix de l’ancienne
assurance (coût annuel et année concernée).
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Important,
évidement, pour
comparer avec la nouvelle assurance.
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- - Niveau des franchises
de l’ancien contrat.
- Niveau des franchises du nouveau contrat.
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Nous
nous sommes aperçus que la prime pouvait être
moins forte chez les
« syndics-assureurs »,
mais les franchises PLUS fortes. Il faut donc
absolument vérifier ce point.
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- Évolution annuelle
du montant de la prime depuis sa prise d’effet
initiale (ou du moins sur les trois dernières
années)..
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Recherche
indispensable et qui réserve des surprises, car
les augmentations peuvent être très supérieures
à l’inflation. Il s’agit d’un « classique » ;
la première année le prix (
dit « prix
d’appel ») est faible, mais il augmente
ensuite très vite.
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- Avez-vous subi des
sinistres sur les trois dernières années ?
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Pas
facile de le savoir. Reprenez l’état des dépenses
ou interrogez votre syndic.
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- Si oui :
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-
Tous
les sinistres ont-ils été déclarés ?
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Voir
les relevés de dépense. Nos adhérents nous signalent
que ce n’est pas toujours le cas.
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-
Montant
des honoraires du syndic.
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Très
important. Certains syndics prennent jusqu’à 10
% de l’indemnité versée.
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-
Montant
des indemnités totales reçues.
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Il
faut répondre à cette question pour savoir si
vous êtes correctement indemnisé (en effet si
l’assureur vous donne 5.000 euros pour 10.000
euros de travaux, l’intérêt de l’assurance se
révélera très limité).
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- Les honoraires de
syndic sont-ils BIEN remboursés par l’assurance ?
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Attention à ce point ! Les assurances prenant en charge les honoraires
de syndic au titre des « pertes indirectes » il est essentiel
de vérifier que votre « syndic-assureur »
ne joue pas sur les deux tableaux…
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- Avez-vous des problèmes
concernant cette assurance ou les conditions
d’indemnisation (montants, délais, gestion des
sinistres, etc.).
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Il
est important de répondre à cette question.
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- Connaissez-vous
votre « sinistralité » (nombre de sinistres annuels et coûts) ?
Si non, avez- vous demandé
celle-ci à votre syndic ?
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Il
est important de bien savoir quel est le rapport
sinistre/prime (sinistres réellement indemnisés).
Parfois
le courtier parle d’une forte sinistralité pour
justifier des hausses de primes, mais en analysant
le problème on s’aperçoit qu’il a inclu des sinistres non indemnisés.
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Une
fois que vous aurez répondu à toutes ces questions,
vous aurez sans doute - comme beaucoup de nos adhérents
- découvert que tout n’est pas toujours si parfait dans
le monde a priori parfait du « syndic-assureur ».
Il
faudra agir en conséquence et faire comme la plupart
de nos adhérents (revenir vers un VRAI
courtier d’assurance).
En
attendant vous pouvez toujours, là encore, nous adresser
le résultat de vos investigations…