Voici
la lettre adressée par SIX organisations de consommateurs
à Monsieur Luc CHATEL (Secrétaire d’Etat à la
Consommation) pour lui demander de
changer l’avis du CNC (Conseil National de la
Consommation) en arrêté (voir abus numéro 1631
et numéro 1627).
Voici la lettre :
« M, Luc CHATEL
Secrétaire d’Etat chargé de l’industrie et de la consommation
139, rue de Bercy
75012 Paris
Paris, le 3 décembre 2008
Monsieur le Ministre,
Comme vous le savez, le Conseil national de la consommation a rendu, le
27 septembre 2007, un avis sur l'amélioration de la
transparence tarifaire des syndics. Ce texte a été élaboré
conjointement entre les associations de consommateurs
et les professionnels, ces derniers s'étant ensuite
engagés à en respecter les termes faute de quoi, un
arrête serait pris.
Dans une période où les préoccupations liées au pouvoir d'achat et aux
dépenses de logement sont importantes, un texte limitant
les abus tarifaires des syndics paraissait plus que
nécessaire.
Si nous avons pu constater un effort de la part des organisations professionnelles
pour présenter l'avis à leurs membres, force est de
constater que son application effective demeure largement
perfectible. En effet, les principaux témoignages qui
nous parviennent et les nombreux contrats étudiés par
nos organisations mettent en exergue des dispositions
le violant directement ou le contournant. D'autres conventions
sont incomplètes et n'en reprennent que partiellement
les termes.
Aussi, n'avons-nous pas constaté d'amélioration significative de la situation
depuis les travaux du Conseil national de la consommation.
Par ailleurs, nous vous rappelons qu'il existe environ
20 % de syndics non affiliés à une chambre syndicale
et qui restent en grande partie à l'écart de l'avis.
En fait, même si certains syndics ont accepté d'appliquer
intégralement l'avis, ces derniers demeurent trop peu
nombreux.
Parallèlement à cela, nous avons constate des abus sur la notion même
de gestion courante et de prestations exceptionnelles,
de nombreux contrats violant la
Recommandation n"96-01 de la Commission des clauses
abusives. En effet, alors même que celle-ci considère
comme abusive les clauses restreignant la gestion courante,
de nombreux contrats postérieurs à l'avis contiennent
une accumulation de prestations particulières ou précisent
que toute tache non expressément prévue fera l'objet
d'une facturation spécifique.
Selon nous, il est indispensable qu'un arrête vienne, non seulement fixer
la liste de prestations de gestion courante, mais également
rappeler le caractère limitatif des prestations exceptionnelles.
Nous savons que les professionnels refusent l'idée d'un
arrêté, mais les arguments avancés ne sont pas convaincants.
Tout d'abord, scion les chambres professionnelles, un arrête serait attentatoire
à la liberté contractuelle. Or, comment peut-on d'un
côté adhérer loyalement a un avis et le respecter sans
mettre en avant une quelconque atteinte à la liberté
contractuelle et de l'autre, considérer qu'un arrête
au texte identique serait liberticide ?
Ensuite, les chambres de syndics expliquent qu'il surfit aux copropriétaires
de négocier la reprise de l'avis dans le contrat. Or,
la possibilité d'effectuer une réelle négociation est
illusoire, le contrat propose étant. dans la plupart
des cas, un contrat d'adhésion sans possibilité réelle
pour les copropriétaires de le modifier. Surtout, il
paraît paradoxal d'avoir à négocier le respect des termes
de l'avis du CNC, ceux-ci ayant déjà fait l'objet d'accord
au sein du CNC. Les seules négociations ne peuvent en
fait que porter sur la possibilité de rajouter des
prestations qui ne sont pas visées expressément par
l'avis.
La transformation de l'avis en un texte réglementaire permettrait aux
copropriétaires de contester les clauses des contrats
de syndics qui méconnaissent les termes de l'avis. À
l'heure actuelle, on ne peut contraindre un professionnel
à modifier son contrat au motif que certaines prestations
facturées en sus devraient normalement être incluses
dans la gestion courante, l'application de l'avis étant
purement facultative et relevant du pouvoir discrétionnaire
du syndic. La publication d'un arrêté fournirait ainsi
aux copropriétaires les armes juridiques pour contester
les clauses tarifaires qui leur sont imposées et qui,
nous le rappelons, ont des incidences financières non
négligeables pesant sur le pouvoir d'achat. Elle permettrait
également de toucher les syndics qui ne sont affiliés
à aucune chambre professionnelle.
Bien évidemment, nous restons à votre entière disposition pour tout complément
d'information. Dans cette attente, nous vous prions
de croire, Monsieur le Ministre, en l'expression de
nos salutations distinguées.
Mme Reine Claude MADER Rapporteur du Collège Consommateur.
Associations
signataires :
-
ARC
-
CGL
-
CLCV
-
CNAFC
-
UFC
- Que Choisir
-
UFCS ».