ARC / Abus n°2094 : 02 12 09/©

Le contrat type de syndic de la FNAIM : échanges très intéressants entre l’avocat de l’UFC-Que-Choisir et l’ARC

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I.                   Un contrat de syndic « explosé » par le Tribunal de Grande Instance de Grenoble

Nous comptions revenir cette semaine, sur le Jugement du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Grenoble concernant un contrat de syndic et préciser que ce contrat était - en fait - le contrat type mis au point par la FNAIM et repris par l’UNIS, ceci après parution de l’avis du Conseil National de la Consommation (CNC).

Il est en effet assez savoureux que ce contrat - dont nous avons mis en avant les imperfections et ambiguïtés, mais que la DGCCRF trouve « parfait » - se fasse ainsi étriller par un Tribunal de Grande Instance (qui lui trouve soixante défauts).

Il est surtout très intéressant que ce jugement non seulement démontre toutes les graves imperfections (illicéité, caractère abusif) du contrat FNAIM, mais surtout montre les imperfections de l’avis du CNC que nous ne cessons de mettre en avant depuis des mois et des mois.

Nous comptions donc revenir sur ce jugement, lorsque nous avons reçu un aimable courrier de l’avocat qui a obtenu ce jugement. Nous donnons ci-dessous la teneur de nos échanges et vous invitons à relire le jugement (voir abus numéro 2083) si vous ne l’avez pas encore fait.

II.                 Lettre de l’avocat de l’UFC à l’ARC

«  Messieurs,

Je me permets de vous adresser sous ce pli un jugement susceptible de vous intéresser...

Il m’incite à vous suggérer (les professionnels utilisant le nom de votre association pour prétendre que vous auriez  « validé» le contrat modèle FNAIM...) que le fait qu'un arrêté soit projeté sur la base de l'avis rendu par le CNC, en septembre 2007, ne semble en définitive pas une victoire pour le mouvement consumériste, ou alors une victoire à la Pyrrhus...

En effet :

- d'une part l'avis du CNC était considéré comme un compromis «minimum », or l'arrêté va se contenter de le reprendre,

- d'autre part et surtout, la liste actuellement objet du compromis passé devant le CNC, est très étriquée, et grâce à elle, les organisations professionnelles de l'immobilier (dont la fnaim), ont établi des contrats types qui multiplient (même en les découpant en plusieurs actes), les prestations prétendument particulières qui devraient faire partie de la gestion courante.

Le jugement rendu par le TGI de Grenoble, considère ainsi que le contrat modèle FNAIM  contient 60 clauses irrégulières. Ce qui tend à démontrer que l'avis du CNC - qui ne dit rien des clauses visées- est très insuffisant, et protège insuffisamment les consommateurs de la « gourmandise » des syndics professionnels.

Veuillez croire, à l'assurance de mes sentiments, « consuméristes » et respectueux .

Christian BRASSEUR ».

 

III.              Lettre de l’ARC à l’avocat de l’UFC

« Cher Maître,

 

Tout d’abord laissez-nous vous féliciter pour le jugement que vous avez obtenu concernant le contrat -FNAIM (ses clauses illicites et abusives).

Nous voudrions aussi répondre à votre aimable courrier sur deux points : le contrat FNAIM ; l’avis du CNC.

1.   Le contrat type FNAIM

J’attire d’abord votre attention sur le fait que le contrat FNAIM que vous avez demandé au Tribunal de Grande Instance d’examiner est la première version du contrat-type FNAIM, version que nous avons non seulement critiquée publiquement (voir notre site Internet), mais obligé la FNAIM à modifier sur un certain nombre de points.

J’attire ensuite votre attention sur le fait que notre association - tout en constatant que la FNAIM avait amélioré son premier contrat-type et en lui en donnant acte - a continué à dénoncer la deuxième version de ce contrat-cadre pour plusieurs raisons que vous trouverez sur notre site Internet en tapant : « L’ARC et le contrat cadre FNAIM ».

Que les professionnels laissent croire (surtout auprès d’un tribunal) que l’ARC valide leur contrat type est normal, mais il est important de vérifier à la source ces affirmations erronées et trompeuses et nous sommes donc heureux d’avoir - sur ce point - corriger l’information dont vous disposiez.

2.   L’avis du CNC

Ensuite, rassurez-vous : de même que nous n’avons pas approuvé le contrat FNAIM nous n’avons jamais approuvé l’avis du CNC qui est non seulement un avis MINIMUM, comme vous le dites, non seulement un compromis mais aussi un avis AMBIGU sur des points importants.

(heureusement d’ailleurs que nous avons réussi à faire introduire - à l’occasion de la loi BOUTIN - un article 18-1 A dans la loi de 1965 sur les honoraires de syndic, ce qui règle au moins ce point important lui aussi très mal traité par l’avis qui avait, sur ce point, laissé toute latitude aux syndics…).

Aujourd’hui, comme vous le dites justement, se pose le problème de savoir QUEL arrêté va être signé pour éviter que les copropriétaires ne soient victimes d’une illusion ;

-          l’arrêté minimum trompeur que les chambres professionnelles appellent maintenant de leurs vœux ?

-          ou l’arrêté suffisant que nous réclamons ?

Vous trouverez à cet égard en pièce jointe copie de la lettre que nous avons adressée à Hervé NOVELLI et qui est très claire à ce sujet.

À noter que, pour discuter de l’arrêté, il faudrait que le CNC se réunisse rapidement. Or visiblement aujourd’hui certains essayent de gagner du temps.

Nous sommes intervenus auprès de toutes les organisations membres du CNC pour qu’elles réclament une première réunion en décembre prochain, mais n’avons pas encore eu de retour à ce jour. Peut-être, vous aussi, pouvez-vous intervenir auprès de votre organisation pour obtenir que le CNC se réunisse et empêcher ainsi cette « victoire  à la Pyrrhus » que vous redoutez.

Voici donc, cher Maître, quelques précisions. Comme vous le voyez nous sommes non seulement en phase avec vous, mais totalement mobilisés sur ce problème d’honoraires et pensons, comme vous, que l’essentiel reste à faire.

Dans l’espoir que nous pourrons - tous ensemble - améliorer la transparence ainsi que la prévisibilité tarifaire et empêcher les abus successifs que subissent des millions de copropriétaires, je vous prie de recevoir, cher Maître, l’assurance de mes salutations distinguées.

 

Fernand CHAMPAVIER 

Le Président.

  

Notre abus numéro 2047 : lettre à Hervé NOVELLI.

 

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