L’ARC,
actuellement se bat sur plusieurs fronts :
-
d’abord
et en permanence sur le front des améliorations énergétiques
des copropriétés (voir dossier du mois de décembre 2009) ;
-
ensuite
sur celui du compte séparé obligatoire SANS
dérogation ;
-
ensuite
sur celui de la normalisation des contrats de syndic et de la
transparence des honoraires ;
-
ensuite
sur celui des travaux de mise en conformité des ascenseurs ;
-
ensuite
sur celui de la fibre optique et de la mutualisation.
À
quoi s’ajoute toute une série d’autres actions (copropriétés
en difficulté ; justice accessible pour les copropriétaires
au Tribunal d’Instance ; réforme de la garantie des syndics ;
contrôle des syndics via un ordre ; rétablissement de la
possibilité de compléter l’ordre du jour sur certains points,
etc, etc.).
Tout ça, fait déjà beaucoup. Mais reste
insuffisant.
Il
est, en effet, un autre combat que nous menons depuis longtemps,
mais qui requiert une nouvelle et décisive mobilisation :
celui qui concerne les filiales de syndic, ces sociétés qui
poussent comme des champignons et qui actuellement « pourrissent » littéralement le monde de la copropriété.
Nous
allons nous attaquer à ce problème à travers des exemples très
concrets, des abus énormes, la mise en évidence des conséquences
désastreuses qu’entraîne cette situation.
Dès cette semaine nous revenons sur le
cas LAMY et LAMY - ASSURANCE.
Mais nous le verrons : ce cas n’est
qu’un cas parmi des milliers. Tout le monde s’y met :
les gros, les moyens, les petits. Toutes les astuces sont
utilisées. Indélicatesses et illégalités fleurissent.
Si vous avez connaissance de cas précis,
n’hésitez pas à nous les faire connaître pour le plus grand
profit non pas des syndics cette fois-ci, mais des copropriétaires.
Auparavant
rappelons que l’une de nos propositions « législatives » actuelles
concerne précisément ce problème.
Revenons
sur celle-ci pour montrer à quel point il pourrait être facile
d’intervenir vite et efficacement si on voulait.
I-
Notre proposition d’article de loi
Insérer
dans la loi du 10 juillet 1965 un article 18-4 ainsi rédigé :
« Le syndic
– même avec l’accord de l’assemblée générale – ne pourra signer
aucun contrat ou marché pour le compte d’un syndicat de copropriété
dont il est mandataire avec une personne ou une société avec
laquelle il serait lié :
-
par des liens
de parenté ;
-
par des liens
de nature capitalistique.
Un
décret en Conseil d’État fixera la nature et l’étendu de ces
liens.
Les
clauses d’un contrat signé en méconnaissance des dispositions
visées par le présent article sont inopposables au syndicat
des copropriétaires concerné. »
II-
La justification de cette proposition d'article de loi
Certains
grands pays (Allemagne, États-Unis par exemple) luttent depuis
des années contre les conflits d’intérêts et le mélange des
genres au sein des professions immobilières. La
France, de son côté, laisse faire.
Cela
explique qu’aujourd’hui un syndic peut être aussi bien (directement
ou indirectement) courtier d’assurances, banquier, expert en
ascenseurs, vendeur de systèmes de vidéosurveillance, diagnostiqueur
immobilier, entrepreneur de travaux, propriétaire d’entreprise
de nettoyage, etc., et qu’il puisse faire « travailler » toutes ses sociétés dans les copropriétés qu’il
gère.
Le
seul garde-fou (mis en place par le décret de 1967) concerne
l’obligation faite au syndic d’obtenir l’autorisation de l’assemblée
générale de contracter avec une de ses sociétés. Néanmoins,
faute de sanction attachée au non-respect de cette disposition,
ce texte est peu respecté.
Par
ailleurs, de nombreux syndics ont mis au point des dispositifs
qui font que les assemblées générales sont mises devant le fait
accompli (exemple : le syndic précise dans son contrat
qu’il pourra être amené à faire travailler des filiales).
En
conséquence, de plus en plus de syndics font travailler « LEURS »
sociétés dans « LEURS » copropriétés.
Qui
peut prétendre :
a)
que
cela est normal et sain ?
b)
que
cela favorise la véritable concurrence ?
c)
que
les copropriétés y trouvent leur compte dans la durée ?
d)
qu’il
n’y a pas forcément très rapidement conflits d’intérêts (on
se doute avec quel acharnement le courtier-syndic, rémunéré
au pourcentage des primes d’assurance, va se battre pour éviter
les augmentations non justifiées de primes…) ?
Pour
rétablir un climat de confiance indispensable entre syndics
et copropriétaires, il est donc nécessaire d’éviter aux syndics
la tentation d’utiliser les copropriétés qu’ils gèrent comme
des clients captifs pour leurs autres sociétés, donc d’empêcher
les syndics – qui sont mandataires des syndicats de copropriété – de contracter avec des
sociétés avec qui ils sont liés, ce qui ne peut qu’entraîner
à terme des conflits d’intérêts au détriment des copropriétés
et créer de redoutables confusions.
Naturellement
le « groupe » auquel appartient le syndic pourra faire travailler
ailleurs ses filiales, en satisfaisant aux règles de la concurrence.
La solution que nous préconisons est simple
:
a)
il
faut d’abord rendre illicite le fait, pour un syndic, de faire
travailler dans une de ses copropriétés toute filiale ou société
avec laquelle il est lié d’une façon ou d’une autre ;
b)
il
faut ensuite prévoir que les clauses d’un contrat passé (malgré
tout) entre de telles sociétés et un syndic pour le compte d’une
copropriété qu’il gère seront inopposables aux copropriétés
concernées, en clair, que le syndic devra faire son affaire
de ce contrat, y compris de ses dispositions financières, ce
qui sera de nature à dissuader toute velléité de contournement
de la disposition.