ARC / Abus n°2115 : 16 12 09/©

Le TGI de Grenoble, le contrat FNAIM et l’avis du CNC (1er épisode)

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I.                   Introduction

Beaucoup de nos adhérents et de non adhérents nous ont écrit pour nous remercier d’avoir mis en ligne l’arrêt du 2 novembre 2009 du Tribunal de Grande Instance de Grenoble qui s’est prononcé sur le contrat-type FNAIM (voir abus numéro 2094)  tout en nous disant en substance ceci : « Cet arrêt est compliqué et en partie illisible par des profanes. Ne pouvez-vous pas en retirer l’essentiel pour nous aider vis-à-vis de nos syndics ? ».

Vous nous connaissez ? Toujours prêt à rendre dervice. Nous avons décidé d’extraire les principaux points de cet arrêt pour permettre à TOUS de mieux en comprendre l’importance.

On verra d’ailleurs que les juges - sur certains points - reprochent à l’avis du Conseil National de la Consommation (CNC) de ne pas être suffisamment cohérent ou précis.

Ceci est très intéressant car c’est exactement ce que nous disons depuis des mois et exactement ce que nous demandons au ministre de prendre en considération.

Rappelons ici que les points litigieux de l’avis du CNC sont précisément ceux que les syndics ont réussi - contre l’avis des organisations de consommateurs et de l’ARC - à imposer à l’Administration.

II.                 Nous allons examiner ici un premier problème 

« Les syndics peuvent-ils - comme c’est le cas dans le contrat type FNAIM - prélever des honoraires supplémentaires en cas « d’actions en justice » et pour « remise des dossiers à l’huissier ou à l’avocat en cas d’impayés de charges ».

On va le voir, le Tribunal de Grande Instance répond très clairement ceci :

  1. Le lancement des procédures judiciaires est un acte de gestion courante.
  2. Par contre le « suivi » et la gestion d’une procédure peuvent être facturés en plus.
  3. Dès lors est « abusive » (dit le TGI) la perception d’honoraires pour le lancement d’une procédure.
  4. Par voie de conséquence est également  « abusive » la facturation d’honoraires de syndic, la remise des dossiers à un avocat ou un huissier, cet acte étant assimilable au « lancement » d’une procédure.

Voici maintenant le Tribunal de Grande Instance dans le texte (accrochez-vous quand même un peu).

« Le tribunal estime :

  1. « Qu’eu égard aux multiples possibilités de contentieux auxquels une copropriété est susceptible d’être confrontée (copropriétaires défaillants, entrepreneurs, propriétés voisines…), il apparaît que le lancement par le syndic des procédures judiciaires, lorsqu’il s’agit de l’accomplissement d’actes simples, par exemple la transmission du dossier à un avocat ou un huissier, est un acte suffisamment prévisible, notamment quant à son faible coût, pour être intégré à la tarification forfaitaire ».
  1. « Que le projet d’arrêté transmis par la DGCCRF le 7 mars 2006 prévoyait d’ailleurs d’inclure dans la gestion courante « la remise du dossier à l’avocat ou à un huissier ». Qu’en revanche, il n’apparaît pas possible de mesurer la quantité de travail requise par le syndic pour le suivi et la gestion éventuelle des procédures contentieuses soumises à l’aléa du nombre et de leur nature, de sorte que le syndic est fondé à ne pas intégrer cette prestation dans sa rémunération forfaitaire ».
  1. « Que la clause litigieuse du contrat type FNAIM [Note : rémunération pour « actions en justice »]apparaît beaucoup trop générale sans distinction de ce qui relève du lancement des procédures et de leur suivi ».
  1. « Que (par ailleurs), la clause distingue « actions en justice » et « remise du dossier à l’huissier ou à l’avocat » mais prévoit dans les deux cas une rémunération supplémentaire. Qu’au vu de ces éléments, il y a lieu de déclarer abusive la clause en ce qu’elle prévoit une rémunération supplémentaire du syndic sans distinction entre le lancement et le suivi de procédures ».
  1. « Que l’autre clause litigieuse (concernant la remise du dossier à l’huissier ou à l’avocat) apparaît (également) abusive en ce qu’elle prévoit une rémunération supplémentaire pour la remise du dossier à l’avocat ou à l’huissier ».

À noter : comme on le constate le juge renvoie même à un projet d’arrêté de la DGCCRF qui allait plus loin que l’avis du CNC.

Ce qui prouve combien l’« avis » du CNC est insuffisant.

Prochain épisode : « Rémunérations concernant les déclarations de sinistres ».

 

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