I.
Benoist APPARU et les 91 parlementaires
Quatre-vingt-onze
parlementaires ont questionné Benoist APPARU - Secrétaire d’État
au Logement - sur la raison qui justifie que la loi du 25 mars
2009 ne soit pas appliquée (point concernant le report de la
deuxième et troisième tranche des travaux de mise en conformité
des ascenseurs). Benoist APPARU leur répond invariablement :
« Une étude de mai 2009 prouve que ce report n’est pas nécessaire car -
en 2013 – les copropriétés seront prêtes ».
Une
étude ?
Non,
un chiffre qu’on
ne peut pas prendre au sérieux, dès lors qu’on creuse un peu
le problème. Nous allons le démontrer une fois de plus.
Voilà
pourquoi nous avons écrit aux parlementaires concernés pour
les alerter sur le fait que la réponse de notre ministre n’en
était pas une et que ce serait bien de le lui faire savoir.
II.
Benoist APPARU et l’ARC
Benoits
APPARU ne peut pas dire qu’il n’est pas au courant de notre
contre-étude puisque cela fait SIX mois que nous avons attiré
son attention (et celle de ses services) sur l’irrecevabilité
des chiffres qu’il cite (voir abus numéro 1913).
Naturellement
ses services se gardent bien de nous répondre, n’ayant RIEN à répondre.
Voici
donc la lettre adressée par l’ARC aux parlementaires, dont plusieurs
anciens ministres, pour les alerter sur les NON-réponses
du ministre et les drôles d’études qu’on met en avant (décidemment) dans notre République bien aimée pour éviter
de répondre aux copropriétaires et à leurs représentants.
III.
La lettre de l’ARC aux 91 parlementaires
Objet : non-report
des délais de réalisation des travaux d’ascenseurs, malgré le
vote de la loi du 25 mars 2009.
Madame ou Monsieur (le Député, Sénateur, Ministre),
Nous vous remercions vivement pour nous avoir transmis la réponse du Secrétaire
d’État au Logement à la question que vous lui aviez posée sur
le problème référencé.
Nous attirons cependant votre attention sur le fait que le Secrétaire
d’État au Logement, Besnoist APPARU, vous adresse une réponse,
ceci sans pour autant répondre à l’objection
de fond que nous avons déjà formulée et que nous lui avons adressée
il y a maintenant SIX mois.
Benoist APPARU vous écrit, en effet, qu’une étude réalisée en mai 2009
montrerait que les objectifs de mise en conformité seront atteints,
ce qui rendrait sans objet le report.
Or, précisément, nous avons mis en cause les résultats évoqués par Monsieur
APPARU en nous appuyant sur les chiffres issus de cette étude
elle-même (confiée à une société privée) sans que le ministère
ni le ministre puissent répondre à nos objections. Voici nos
arguments adressés à Benoist APPARU :
« Le ministère conclut - sur la foi d’une enquête - que 94 % des
gestionnaires privés de
copropriétés ont déclaré qu’ils seraient prêts en 2013, ce qui
rendrait inutiles les reports.
Or, on s’aperçoit :
a)
que
l’échantillon s’élevait à 1 412 cabinets ;
b)
que
seulement 222 cabinets ont répondu.
-
On
constate donc qu’il y a eu UN TAUX
DE RÉPONSES TRÈS FAIBLES, à savoir 16 %.
Nous affirmons que ce taux de réponses de 16 % (16 % de l’échantillon
lui-même, insistons sur ce point) est, à l’évidence, beaucoup
trop faible pour permettre de conclure raisonnablement à la
représentativité des
réponses des gestionnaires privés qui ont répondu à l’enquête.
Vous ferez peut-être valoir que la faiblesse du taux de réponses n’est
pas à elle seule suffisante pour jeter le doute sur le chiffre
obtenu. C’est pourquoi nous ajoutons un deuxième argument
statistique décisif qui complète le premier.
En effet, lorsque l’on étudie d’une part la répartition de l’échantillon
des gestionnaires privés (1 412 cabinets) par taille de cabinet
et d’autre part le taux de réponses également par taille de
cabinets, on observe les chiffres suivants :
|
Taille
de l’entreprise
|
Taille
de l’échantillon
|
Nombre
de gestionnaires ayant rempli le questionnaire
|
|
0-9 salariés
10-19 salariés
20-49 salariés
50-99 salariés
100-199 salariés
200-499 salariés
500 salariés et plus
|
1 135
102
82
30
26
24
13
|
123
33
29
6
4
24
3
|
|
|
1 412
|
222
|
Ainsi on constate que seulement
9,46 % de gestionnaires de petits cabinets ont répondu, alors
que cette tranche pèse 80 % dans l’échantillon !
A contrario on constate que 72,97 % des gestionnaires de gros cabinets
ont répondu, alors que cette tranche pèse seulement 2,6 %, dans
l’échantillon.
Nous
avons donc non seulement un taux très faible de rÉponses mais
en plus - au sein des réponses parvenues - une SUR-REPRÉSENTATION
très forte des gestionnaires des gros cabinets et une sous-reprÉsentation
sensible des petits cabinets.
Or, précisément, comme chacun sait, les gros cabinets sont ceux qui sont
les mieux organisés pour permettre le respect des échéances.
On le voit donc clairement, deux facteurs viennent ainsi biaiser de façon
rédhibitoire le résultat obtenu :
a)
d’une
part le taux global très faible des réponses est, déjà en lui-même,
source de suspicion statistique ;
b)
d’autre
part l’étude de l’origine des réponses prouve que non seulement
la proportionnalité n’est pas respectée entre les tranches de
syndics, mais qu’elle est radicalement INVERSÉE.
Conclusion :
Le chiffre de 94 % avancé par le ministère est donc non recevable (au
sens statistique du terme) puisqu’il ne correspond qu’à une
toute petite frange, statistiquement
et qualitativement non représentative de la
profession. Il est donc, au sens strict du terme, NON
pertinent et ne peut
orienter la décision du ministère en ce domaine ».
*
Comme vous le voyez, le ministre s’appuie dans la réponse qu’il vous a
faite, sur des chiffres dénués de toute signification.
Ce que nous souhaitons c’est que vous puissiez demander à Benoist APPARU
pourquoi, six mois après notre mise en cause argumentée de l’étude
qu’il invoque, il n’a toujours pas répondu à l’association représentative
nationale que je préside et qui est désormais l’association
la plus importante de conseils syndicaux et syndics bénévoles.
Vous-même, estimez-vous convenable que le ministère décide de ne pas appliquer
la loi du 25 mars 2009 sur le fondement de ce chiffre irrecevable
et de cette étude non pertinente ?
Comptant vivement sur votre autorité et votre détermination parlementaire
pour que le secrétaire d’État veuille bien répondre à ce point
capital et en vous remerciant vivement
par avance, je prie de croire, Madame ou Monsieur( le Député,
Sénateur, Ministre), en l’assurance de ma haute considération.
Fernand
CHAMPAVIER
Le Président ».
Nous sommes sûrs que nos quatre-vingt-onze
parlementaires vont avoir à cœur de questionner une nouvelle
fois le ministre et - d’avance - nous les en remercions.