I.
Syndics professionnels et syndics bénévoles
Dans
un entretien accordé à BATI-ACTU, le Président de l’UNIS a donné
trois raisons pour inciter les copropriétaires à choisir un
syndic professionnel de préférence à un syndic non professionnel.
La
première de ces raisons était : « Les syndics professionnels, eux, connaissent
la réglementation en matière de sécurité ».
« Ouaf !
ouaf ! ouaf ! » disons-nous et entendons-nous
dire les lecteurs que vous êtes.
Car
le problème avec de nombreux syndics professionnels est précisément
que, trop souvent, ils connaissent si mal la réglementation
qu’ils finissent par s’en remettre à des professionnels indélicats
qui leur vendent n’importe quoi à n’importe quel prix (voir
l’abus
récent mettant en scène RIF N° 2062 - côté indélicat professionnel
- et GID - côté syndic ignorant et / ou complice, numéro 2075).
II.
Le cas du syndic DHUIT PHB : une
double ignorance et un abus
Le
cas qui nous a été rapporté et dont nous avons vérifié les moindres
détails est particulièrement éclairant sur cette fameuse « compétence » des syndics
en matière de réglementation.
Par
ailleurs il va nous permettre de faire d’une pierre deux coups
et de dénoncer un abus tarifaire.
- Les syndics et le D.U.E.R.
-
Tout
le monde sait que les syndics professionnels se sont déclarés
incapables de réaliser le D.U.E.R. concernant le personnel d’immeuble
(y compris des simples femmes de ménage) et ont décidé de faire
appel à des sociétés coûteuses et pas plus compétentes que ça
pour faire des D.U.E.R.
-
Heureusement
nous avons réussi à faire introduire dans l’avis du CNC (Conseil
National de la Consommation) une disposition
selon laquelle le syndic devait procéder à la mise en place
du D.U.E.R. et à sa mise à jour, ce qui a permis de limiter
les abus (200 euros pour une simple signature annuelle devant
un elliptique « R.A.S »).
-
Voilà
pourquoi un de nos adhérents géré par ce cabinet a été à la
fois surpris et indigné de voir dans les comptes 2008-2009 la
ligne suivante : « D.U.E.R. :
400 € », sans plus d’explication.
-
Il
s’étrangle, puis contacte le syndic. Il fait valoir :
o
que
ce travail est prévu dans les tâches de gestion courante de
l’avis du CNC ;
o
que
ce travail est même prévu dans le contrat de son syndic, qui
reprend sur ce point l’avis du CNC ;
o
que
ce travail se réduit chaque année à une simple signature (la
copropriété employant seulement une femme de ménage).
-
Le
syndic l’envoie « sur les roses ».
- Derrière l’abus, incompétence et inconscience
-
Nous
demandons alors à l’adhérent de se procurer le document pour
mieux comprendre.
-
Et
là - premier étonnement - nous nous apercevons
qu’il s’agit DU premier D.U.E.R. sur cette copropriété
alors que le syndic est en poste depuis de nombreuses années.
Cet excellent professionnel était tout simplement passé à côté
du fait :
a)
que
le D.U.E.R. était obligatoire, dernière
limite, en 2003 (ça ne fait QUE six ans ; mais pour
cet ami de la réglementation, ça n’est rien) ;
b)
que
le défaut de DUER pouvait entraîner non seulement une amende
pénale pour le syndicat des copropriétaires mais aussi un problème
très grave en cas d’accident du travail engageant la responsabilité
civile et pénale.
Voici d’ailleurs, entre parenthèse, chers
Internautes, le genre de raisons qui explique qu’il ne faut
JAMAIS donner le quitus à son syndic. Fin de la parenthèse.
-
Deuxième étonnement : nous nous apercevons que ce DUER - qui a coûté 400
€ (ce qui est proprement honteux d’autant qu’il n’y a eu ni
autorisation de l’assemblée générale ni mise en concurrence)
- a juste permis de repérer trois problèmes :
1.
l’échelle
du dernier étage n’est pas munie d’un crochet ;
2.
le
salarié qui sort les poubelles (gardienne employée à 30 %) doit
mettre des gants (ce qu’elle fait, d’ailleurs…) ;
3.
les
fenêtres de la cage d’escaliers ne sont pas pourvues d’un garde-corps.
Sachant
que le premier point ne concerne pas le DUER (la salariée n’est
pas censée grimper sur le toit), que le deuxième point est heureusement
déjà traité par la salariée elle-même, reste un seul point qui
n’est pas mineur, mais qui est LE GRAND classique de 50 % des petites
copropriétés anciennes qui disposent d’une cage d’escaliers
avec fenêtres.
Ainsi,
on s’aperçoit que ce syndic a du - au mépris de son contrat
et de l’avis du CNC -
faire payer à la copropriété un « spécialiste » pour lui apprendre cette évidence : pas
de nettoyage des vitres sans garde corps. Le syndic ne connaît
NI la législation NI son métier.
Résumons :
-
un
syndic incompétent qui ne sait pas qu’il fallait faire le DUER
au plus tard en 2003 sous peine d’amende ;
-
un
syndic dangereux qui ne sait pas qu’il faut éviter de faire
nettoyer les vitres des fenêtres de cage d’escaliers à une femme
de ménage, dès lors qu’il n’y a pas de garde-corps ;
-
un
syndic indélicat qui répercute illégalement et abusivement une
facture de 400 € pour un DUER (qui en valait de tout façon 200
€ au maximum) et qui prouve simplement que ce syndic est un
danger public.
Comme dit Monsieur IVARS, Président
de l’UNIS : « Les syndics professionnels, eux, connaissent
bien la réglementation ».