On
le sait : plus aucun syndic ne se gêne vraiment, non seulement
pour créer des filiales, mais surtout pour les imposer illégalement aux copropriétaires.
On
a vu récemment la façon dont LAMY s’y prenait pour imposer LAMY-Assurance
(voir abus numéro 2116).
Malheureusement
les « gros » n’ont pas le monopole de ces coups de force. Qu’on
en juge.
I.
Le cabinet DEBAYE à Paris
Des
adhérents nous ont adressé, en effet, pour examen leur contrat
de syndic, celui du cabinet DEBAYLE, 16, rue Vignon à Paris.
À
cette occasion et après avoir trouvé une bonne quinzaine de
non-conformités avec l’avis du CNC (Conseil
National de la Consommation) - à noter que ce cabinet est membre
de l’UNIS - que découvrons-nous ? une clause qui concerne
l’assurance et qui est doublement étonnante :
-
d’abord
parce qu’il s’agit, comme on va le voir, d’un coup de force
commercial ;
-
ensuite
parce que cette clause recèle un pur mensonge, ou si vous préférez
une tromperie qui s’apparente à de l’escroquerie.
Nous
verrons d’ailleurs un peu plus bas que ce syndic va encore plus
loin dans les pratiques dites « abusives ». Citons d’abord la
clause.
II.
La clause illégale et trompeuse
Voici
cette clause : « Sauf décision d’assemblée générale contraire,
le courtage ou le co-courtage des polices d’assurance pourra
être assuré par le CABINET DEBAYLE (article 66 du décret du
20/07/1972 et article 39 du décret du 17/03/1967) ».
Commentaire :
-
Ce
syndic est, en effet, totalement dans l’illégalité en introduisant
une telle clause. Pourquoi ? Tout simplement parce que
la loi prévoit exactement le contraire de ce que laisse entendre
ce syndic : la loi dispose en effet que le syndic DOIT
obtenir une autorisation SPECIALE
pour faire travailler une de ses sociétés et que cette autorisation
ne peut donc être ni tacite ni résulter d’une clause insérée dans un contrat.
Le syndic
est ainsi doublement HORS LA
LOI, sans compter le fait qu’il cherche - comme
tous les mauvais professionnels - à tromper son monde avec des
références à des textes réglementaires qui disent en réalité
exactement le contraire de ce qu’on leur fait dire...
III.
La cerise sur le gâteau : comment
on appâte le client
Mais
le syndic va encore plus loin. Voici ce qu’on trouve, en effet,
dans la partie « tarification » de son contrat :
« Gestion
des sinistres courants : 3 % H.T du montant de l’indemnité
obtenue par le syndic, ou 10 % H.T s’il n’agit pas en tant
que courtier pour le contrat d’assurance de l’immeuble».
« Vous
me prenez comme courtier [Note de l’ARC : le courtier
touchant déjà environ 20 % de la prime] :
ce ne sera QUE 3 % en plus pour gérer vos dossiers comme syndic
; vous ne voulez pas de moi comme courtier : ce sera…
10 % ».
Oh !
Le cher syndic…
Et
après ça, ils diront que nous voyons le mal partout. Partout !
Voilà un nouvel exemple qui va peut-être nous aider dans notre action visant
à interdire à ce que les filiales de syndics puissent intervenir
dans les copropriétés qu’ils gèrent.
Nous venons d’ailleurs d’écrire aux Ministères de la Justice et du Logement à
ce sujet et donnerons le texte de nos courriers dès la semaine
prochaine.