ARC / Abus n°2976 : 29 12 11/©

Monsieur LEFEBVRE et la Recommandation de la Commission des Clauses Abusives sur les contrats de syndic : un silence bien étrange

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Oui, nous trouvons très curieux le silence qu’observe Frédéric LEFEBVRE, secrétaire d’État à la consommation, suite à la publication accablante de la Recommandation numéro 11.01 de la Commission des Clauses Abusives sur les contrats de syndic.

Les responsables de l’ARC et de l’UNARC ont donc décidé de lui faire part de son étonnement en lui rappelant que c’était son prédécesseur - Hervé NOVELLI - qui avait sollicité la commission pour avis et que la moindre des choses était de tirer les conclusions qui s’imposent. Voici la lettre de l’ARC et de l’UNARC :

 

 

Monsieur Frédéric LEFEBVRE - Ministre

Ministère de l’Economie

139, rue de Bercy

Télédoc 144

75572 PARIS CEDEX 12

 

Paris, le 20 Décembre 2011

 

Objet : réactions suite à la publication de la recommandation n° 11-01 de la Commission des Clauses Abusives sur les contrats de syndic.

 

Monsieur le Ministre,

 

Nous nous permettons de vous adresser ce courrier pour vous faire savoir combien nous sommes étonnés par votre silence suite à la publication de la Recommandation numéro 11.01 de la Commission des Clauses Abusives concernant les contrats de syndic.

Il nous semble que cette recommandation - particulièrement détaillée, et sévère sur ce qui apparaît comme étant des pratiques à la fois lourdes de conséquences et suffisamment répandues pour justifier une mise en garde circonstanciée - aurait méritée, selon nous, vos commentaires publics et officiels.

Si votre silence nous étonne particulièrement c’est que la Commission des Clauses Abusives a émis cette recommandation suite à une saisine de votre prédécesseur, Hervé NOVELLI, qui cherchait à vérifier - ce que nous avions alors affirmé - si l’arrêté du 19 mars 2010 qu’il avait signé était ou non suffisant pour faire cesser les innombrables abus relevés quotidiennement par les copropriétaires.

Pourquoi donc - dans la mesure où c’est le Secrétariat d’Etat qui a saisi la Commission des Clauses Abusives - ne donner aucun commentaire du travail approfondi qu’elle a mené et des conclusions qu’elle en retire ?

Pourquoi également avoir saisi la Commission des Clauses Abusives si c’est pour ne pas améliorer l’arrêté du 19 mars 2010 à la lumière de ces mêmes conclusions.

N’est-il pas incroyable que de nombreux cabinets dont certains appartiennent aux plus grands groupes de syndics de ce pays continuent, par exemple, après la publication de la commission :

-          à ne pas afficher un prix différencié en cas de compte séparé ;

-          à prévoir de nombreuses prestations ou frais qui devraient être inclus dans leurs honoraires de base (y compris des frais administratifs forfaitaires hors frais de photocopie ou d’affranchissement pouvant  représenter de 10 à 20 % des honoraires de base) ;

-          à prévoir dans leur contrat des honoraires non négociables pour suivi comptable ou technique en cas de  travaux ;

-          à multiplier les frais privatifs illégaux mais aussi manifestement abusifs (états datés ; lettres de relance simple ou recommandée) ;

[Nous nous demandons d’ailleurs à ce sujet où en sont les enquêtes lancées par la DGCCRF depuis trois ans et quels en sont les résultats] ;

-          à faire croire que la garantie des fonds mandants n’est acquise qu’en cas de gestion en « compte unique », etc.

Les conclusions de nos études mais aussi de toutes les études qui sont actuellement engagées par des observateurs indépendants confirment (et vont bientôt confirmer) que la situation en ce domaine (honoraires de syndic) non seulement ne s’est pas améliorée mais qu’elle s’est dégradée tant l’impunité est grande, les syndics ayant d’autant plus tendance à faire ce qu’ils veulent qu’ils savent qu’aucune sanction ne pourra les atteindre.

Nous continuons à espérer, néanmoins, que vous avez prévu de réagir officiellement suite à la publication de cette recommandation et dans cette attente impatiente, vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de notre haute considération.

 

Fernand Champavier                                       Ketty EVEN 

Président de l’ARC.                                                Présidente de l’UNARC ».

 

 

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