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Les Actions 19 01 05 ©
Le traitement
des copropriétés " fragiles "
Comme nous l’avons, à de nombreuses
reprises écrit, on ne traitera efficacement le problème
des copropriétés en difficulté que si l’on
a la possibilité d’agir dans ces copropriétés de
façon précoce, au début du processus de dégradation.
Mais comment agir précocement ?
- Si un noyau de copropriétaires veut agir
il se heurte souvent à la passivité ou à l’incompétence
du syndic et reste impuissant ; la seule solution, souvent
est de changer de syndic ; mais cela ne fait qu’aggraver la situation.
- Si le Maire veut intervenir, il n’a pas de légitimité.
- Si une association comme l’ARC veut agir, elle
n’a pas non plus de possibilité, etc.
La conséquence est que tout
le monde sait que la situation commence à aller mal mais que
personne ne peut rien faire.
Le seul moyen actuel possible - faire
nommer un administrateur judiciaire - est non seulement inadapté
(il s’agit d’un moyen trop lourd) mais s’avère souvent un remède
pire que le mal (honoraires élevés ; administrateur
souvent lointain ; absence de moyens propres à l’administration
judiciaire, etc).
Voilà pourquoi, depuis deux
ans, nous avons adressé aux pouvoirs publics des propositions concrètes
pour obtenir que le juge puisse - dès que les problèmes
d’une copropriété sont identifiés et sur demande
des copropriétaires ou du Maire ou d’une association, etc - faire
nommer simplement un expert qui va élaborer un " diagnostic "
de la situation.
- Ainsi, plutôt que de nommer un administrateur,
le juge désignera une personne qui sera sensée expliquer
ce qui se passe dans la copropriété : d’où
viennent les problèmes, qui est responsable et comment traiter
ces problèmes avant qu’ils ne deviennent insolubles.
- Cette idée a fait son chemin et a fini par
séduire de plus en plus de responsables et d’élus.
- Comme toujours, cependant, se posent de nombreuses
questions pratiques :
- à quel moment va-t-on déclencher
la demande ?
- quels sont les critères de déclenchement ;
- qui va pouvoir faire la demande ?
- qui va faire les diagnostics ?
- quelle sera la mission précise de l’expert,
etc.
- Nous avons essayé de répondre à
ces questions pratiques et avons élaboré les propositions
qui suivent que nous avons soumises aux élus et responsables
concernés. Espérons que cela fera avancer un peu plus
vite encore cette idée qui n’est plus très loin de devenir
réalité.
A- Critères
pour détecter les pré-difficultés
- Critères objectifs
- Niveau des impayés de charges supérieur
ou égal à 20 % du budget prévisionnel.
- Assemblée générale non réunie
depuis plus de dix huit mois.
- Arrêté d’insalubrité, de péril
ou de sécurité non levé au bout de six mois.
- Dettes de plus de trois mois vis-à-vis des
fournisseurs supérieures à plus de 15 % du budget.
- Cas de saturnisme.
II. Critères
mouvants et en partie subjectifs
- Interventions anormalement élevées
des forces de l’ordre.
- Nombre de demandes de logement émanant de
l’immeuble trop important.
B -
Personnes saisissantes
- Toute personne intéressée dès
lors que deux critères objectifs seront réunis.
- Le Maire ou le Procureur dès lors que des
points les concernant pourront être mis en avant.
C -
Autorités saisies
- Président du Tribunal d’Instance
- Par voie de requête par toute personne
intéressée et 10 % des copropriétaires en nombre.
II. Procureur
de la République
D- Missions de l’observateur
- Celui-ci devra répondre à des
questions précises.
1. Impayés de charges
- Qui ne paye pas ses charges et pourquoi ?
- Les méthodes mises en place par le
syndic sont-elles :
- suffisantes, si non pourquoi ?
- efficaces, sinon pourquoi ?
- Que faire précisément pour
résorber les impayés ?
2. Niveau des charges
- Les charges sont-elles correctes, sinon pourquoi ?
(analyse poste par poste).
- Que faire précisément, poste
par poste, pour alléger les charges ?
3. Gestion financière
et analyse des dettes et créances.
- La situation financière est-elle saine
ou repose t-elle sur des pratiques dangereuses :
- fonds de réserve trop lourd ?
- dettes vis-à-vis des fournisseurs ?
- fonds travaux non utilisé ? etc.
- Comment assainir la situation ?
4. Administration
- Y’a-t-il absence d’assemblée générale ?
- Sur quels points la loi de 1965 n’est-elle
pas appliquée ?
- Le syndic en place est-il apte à résoudre
les problèmes de la copropriété ? Sinon
pourquoi ?
5. Problèmes " physiques "
graves
- Y’ a-t-il un ou des arrêtés
d’insalubrité ou de péril non traité ?
- Y’a-t-il un arrêté " sécurité "
non traité ?
- Y’ a-t-il danger lié à la présence
de plomb ?
6. Problèmes sociaux
ou chroniques
- Quels sont les problèmes sociaux ou
chroniques qui pèsent sur la copropriété :
- copropriétaires en surendettements reconnus ?
- successions vacantes ?
- squatters ?
- sur-occupations de certains logements, etc ?
E -
Personnes pouvant assurer la mission d’observateur
- Outre les administrateurs judiciaires, les observateurs
pourront être des praticiens de la copropriété.
- Ces personnes devront satisfaire à une double
condition.
1. Avoir dix ans d’expérience dans le domaine
de la copropriété :
- au sein d’un cabinet de gestion ;
- au sein d’un bureau d’études ;
- au sein d’une association-conseil ;
- au sein d’une structure autre (ADIL…).
2. Avoir suivi une formation complémentaire
assurée par un organisme disposant d’un numéro d’agrément
portant sûr :
- la médiation ;
- l’analyse des impayés ;
- l’analyse des procédures de recouvrement
de charges ;
- la comptabilité des copropriétés ;
- les charges et la maîtrise des charges.
F- Préconisations
de l’observateur
- L’observateur devra faire des recommandations
et préconisations précises concernant :
- Le traitement des problèmes sociaux.
- Demande de mise sous administration 29-1.
- Demande d’abandon partiel de créances
(à mettre en place).
- Saisine directe de la DNID.
G- Mesures périphériques
à mettre en place
- Enfin pour faciliter la mission du diagnostiqueur,
il est nécessaire, pensons-nous, que des améliorations
soient apportées à certaines procédures.
En voici une liste non exhaustive :
- Mise en place d’une " procédure
collective " adaptée à la copropriété.
- Mise en place d’un juge de la " copropriété
en difficulté ".
- Bénéfice du FSL pour tous les
ménages reconnus comme surendettés.
- Institution des fonds travaux obligatoires
abondés chaque année d’un montant égal à
5 % minimum du budget prévisionnel (exemple Québécois
très efficace).
- Accélération des procédures
d’ordre ou paiement prévisionnel du super privilège.
- Possibilité d’inclure dans le cahier
des charges des ventes judiciaires la prise en charge des arriérés
(cf : arrêt Cour de Cassation).
- Octroie de l’aide juridictionnelle à
toutes les copropriétés reconnues en difficulté.
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