L’ARC
ne v pas manquer de causes à défendre
pendant cette année 2011.
Parvenir
à l’amélioration de l’arrêté du
19 mars 2010, dit arrêté NOVELLI,
fait partie des DIX grands chantiers de la Copropriété
mis en œuvre par notre association
[
actualité
05.01.11 : 2011 les dix grands
chantiers de la copropriété].
I. Les problèmes tarifaires les plus fréquemment constatés
Il
résulte des analyses faites par
l’ARC et, plus précisément, de
notre dernière enquête, que les
problèmes tarifaires les plus
fréquemment repérés sont les suivants :
-
tenue
de l’assemblée générale facturée
en plus ;
-
tenue
des archives dites « non
utiles » facturée
en
plus ;
-
multiplication
des forfaits spécifiques hors forfait de base ;
-
multiplication
des prestations particulières, dont une partie devrait rentrer dans les
tâches de gestion courante ;
-
tarifs
arbitraires
et
très élevés pour les actes
obligatoires (lettre RAR, état
daté, etc.) ;
-
prix
abusifs des photocopies (incluant
la « main d’œuvre », selon les syndics).
Ces
problèmes, bien connus depuis
des années, ont des origines identifiées
qui sont les suivantes :
- Il n’y a
toujours aucune définition de
la notion de « gestion courante », ce qui autorise des facturations
complémentaires nombreuses.
- La liste
indicative des tâches de gestion
courante de l’arrêté du 19 mars
2010 présente des lacunes importantes.
- L’arrêté
n’interdit pas les « forfaits »
complémentaires au forfait de
base.
- Le périmètre
des prestations supplémentaires
facturables en plus du forfait
de base n’est pas défini.
- Aucune définition
de ce que recouvrent les frais de tirage n’est donnée par
l’arrêté.
- Enfin, les
syndics sont libres de facturer
au prix qu’ils veulent les actes
obligatoires qu’ils sont seuls
à pouvoir assurer (exemple :
mise en demeure ; état
daté).
Il
suffit donc de traiter ces SIX points et 90 % des problèmes disparaitront.
C’est
ce que nous proposons.
II.
Voici les six points à améliorer
précisément dans l’arrêté du 19
mars 2010
1. Il faudrait que l’arrêté précise la
notion de « gestion
courante ».
Il
est indispensable que l’arrêté
donne enfin une définition précise
de ce que sont les tâches qui
doivent rentrer dans la gestion
courante.
Il
suffit pour cela de reprendre
l’excellente définition du Tribunal
de Grande Instance de Grenoble,
à savoir :
« Le critère pertinent devant être retenu (par le Tribunal) pour définir
la notion de « gestion courante »
correspond à l’ensemble des actes
accomplis par le syndic à l’occasion
d’un fonctionnement a minima (prestations
certaines) de la copropriété ou
présentant un caractère suffisamment
prévisible pour faire l’objet
d’une tarification forfaitaire
(prestations prévisibles) ».
Grâce
à cette définition, tous les actes
concourant au fonctionnement a
minima de la copropriété et toutes
les tâches prévisibles rentreront
dans le forfait de base :
ainsi, par exemple, comme il est
« prévisible » qu’un certain nombre de copropriétaires n’acquitteront
pas leurs charges à temps, la
relance simple doit donc être intégrée dans les actes de gestion de
base.
2.
Il faudrait allonger, par ailleurs,
la liste minimale indicative des
tâches de gestion courante et
la préciser.
Il
est nécessaire, en effet, que
l’arrêté complète la liste actuelle
et la corrige pour éviter des
sur-facturations
; en particulier :
a) introduire
une disposition selon laquelle
« La tenue de l’assemblée générale sera incluse
dans le forfait de base - quels
que soient les horaires - à concurrence
de ... heures » ;
b) supprimer
la distinction entre « archives utiles » et « archives
non-utiles », contraire
aux dispositions de l’article
33 du décret du 17 mars 1967 modifié
;
c) préciser
que la reprise de la gestion -
comme celle de la comptabilité
- est intégrée dans le forfait
de base.
3.
Il faudrait que l’arrêté interdise
explicitement la perception de
tout « forfait » en dehors du forfait de
base.
Si
un syndic veut intégrer dans ses
prestations, des services (exemple :
accès Internet), il DEVRAIT
inclure le prix forfaitaire de
ce service dans ses honoraires
de base OU faire voter à part ce service.
En
ce qui concerne les « forfaits
administratifs »
complémentaires il convient de
les interdire (comme le précise
de Tribunal de Grande Instance
de Grenoble), les syndics devant
les intégrer dans le forfait de
base.
4.
Il faudrait que l’arrêté donne
des précisions sur les prestations
particulières facturables en plus.
L’arrêté doit préciser ce qui peut être facturé en plus
sur justification.
Exemple :
o
suivi
de procédures judiciaires ;
o
suivi
d’expertises.
Cette
liste doit être limitative.
5.
Il faudrait que l’arrêté définisse
ce que sont les frais de tirage
et sur quelle base les syndics
peuvent les facturer.
Il
n’est, en effet, pas admissible
que la photocopie soit facturée
en moyenne 0,30 cts d’euros, soit
dix fois son prix de revient.
Il
est nécessaire pour cela :
o
que
l’arrêté intègre les photocopies
courantes dans le forfait de base ;
o
qu’il
prévoit un prix taxé pour le reste
(exemple : 0,05 euro).
6.
Il faudrait, enfin, que l’arrêté
définisse une liste d’actes obligatoires
taxables.
On
doit pouvoir rapidement en finir
avec des tarifs arbitraires voire
fantaisistes pour des actes obligatoires
que seul le syndic peut effectuer,
à savoir :
o
lettre
RAR de mise en demeure en cas
d’impayés de charges ;
o
état
daté en cas de vente ;
o
transmission
d’un dossier à l’avocat, etc.
Pour
cela c’est simple : il suffit
d’appliquer les articles L 410-2
du code du commerce et L 113-1
du code de la consommation qui
prévoient de « taxer » ce genre d’actes.
Nous
demandons donc qu’une liste soit
établie dans l’arrêté et qu’un
tarif soit défini par décret complémentaire
(comme pour les frais d’huissier
ou de notaire).
*
Voici
donc six modifications simples
qui peuvent être apportées,
sans attendre, à l’arrêté en
vigueur et qui permettront de
régler une grande partie des
difficultés rencontrées, en
attendant la rédaction d’un
décret plus approfondi.
Voici
ci-dessous, copie de la lettre
de Fernand Champavier, Président
de l’ARC, à Frédéric Lefèvre,
Secrétaire d’Etat chargé du commerce
et de la consommation :
« Monsieur Frédéric LEFEBVRE - Ministre
Ministère
de l’Economie
139, rue de Bercy
Télédoc 144
75572 PARIS CEDEX 12
Paris, le 30 Décembre
2010
Monsieur le Ministre,
Comme viennent de le montrer deux nouvelles études faites par des organisations
représentatives (l’ARC et la CLCV) sur les contrats de syndic, il apparaît que
l’arrêté Novelli
du 19 mars 2010 n’a pas permis
de supprimer les abus tarifaires
massifs constatés depuis de nombreuses
années en ce domaine.
Nous l’avions prévu (tout comme la CGL et l’UFC-Que-Choisir qui s’étaient opposés à
la publication de cet arrêté en
l’état) tant cet arrêté présente
d’insuffisances.
Nous pensons - comme de nombreux observateurs - que seul un décret d’application
de la loi de 1965 permettrait
de régler de façon définitive
les problèmes relevés, ceci en
se référant aux jugements très
importants et très motivés du
Tribunal de Grande Instance de
Grenoble des 2 et 7 novembre 2009.
En attendant, nous proposons que vous puissiez accepter d’améliorer le
texte de l’arrêté dans le sens
préconisé par les principales
associations représentatives du
secteur.
Nous joignons à ce courrier un document de propositions et sommes à votre
disposition et à celle de vos
services pour répondre à toutes
vos questions à ce sujet.
Nous informons les autres organisations de cette initiative et, dans l’attente
de votre réponse dont nous vous
remercions par avance, vous prions
de croire, Monsieur le Ministre,
en l’expression de notre haute
considération.
Fernand CHAMPAVIER
Le Président.
P.J : 2
-
Améliorer
l’arrêté Novelli en attendant un vrai décret : les six propositions
de l’ARC.
- Nouvelle
enquête de l’ARC sur les contrats
de syndic ».