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Les Actions 02 06 04 © Le fonds travaux obligatoire en copropriété : nouvelle contribution de l’ARC (juin 2004)
Rappelons d’abord en deux mots nos analyses et propositions à ce sujet.
Nos propositions sont des propositions de bon sens et tous ceux qui connaissent la copropriété sont d’accord pour dire que la situation actuelle (aucune obligation de provisionner les gros travaux) est dangereuse. Et pourtant nos propositions recueillent en général beaucoup de résistance.
Ces réactions sont compréhensibles, mais il faut comprendre aussi qu’on ne peut en rester là et qu’il faut :
Avant de voir cela de près, donnons les résultats d’une enquête que nous venons de réaliser sur un certain nombre de copropriétés adhérentes et qui sont très éclairants.
► dans les copropriétés autogérées ce sont plutôt les copropriétés " aisées " qui ont des fonds travaux ; ► par contre dans les copropriétés gérées par un professionnel, ce sont plutôt les copropriétés " modestes " voire sociales qui disposent d’un tel fonds.
Comment interpréter ces résultats ? Nous pensons que c’est clair :
Curieux, non ? Revenons maintenant, sur certaines objections.
On nous dit : " les charges sont déjà très élevées ; le fonds travaux va augmenter les charges et donc les difficultés des copropriétaires ". Or, en interrogeant nos adhérents sur ce point nous avons constaté ceci : ►les charges courantes des immeubles où il y a un fonds travaux sont - pour des immeubles comparables - plus faibles que sur les immeubles où il n’y a pas de fonds travaux ; ►en fait cela veut dire que le taux d’effort global est le même dans les deux cas, sauf que, lorsqu’il y a " fonds travaux " il y a un phénomène de compression des charges. Pour nous cela signifie que la création d’un fonds travaux (donc effectivement en principe d’une sur-charge ou charge supplémentaire) force à mieux gérer les charges pour maintenir le taux d’effort.
La conclusion serait que les copropriétés qui ont un fonds travaux :
Cela veut dire qu’il n’y a pas sur-charge, mais amélioration de la gestion.
Quand les copropriétaires nous disent qu’ils craignent la création d’un fonds travaux avec un syndic professionnel, cela ne renvoie pas forcément à la crainte que le syndic utilise cet argent à d’autres fins. Cela renvoie au fait que les syndics prennent souvent cet argent (fréquemment 1 % des sommes !). Il faut donc traiter ce problème et d’autres problèmes liés à la très faible rentabilité de cette épargne. Selon nous pour faire en sorte que les " placements " des copropriétés soient facilités, il faut trois conditions :
Cela signifie qu’il faut un dispositif négocié (y compris avec les caisses de garantie) qui permette :
En fait nous demandons que soit institué au profit des copropriété un dispositif comparable à ce qui existe en matière d’épargne immobilière privative ou en matière d’épargne retraite : la mise au point d’un produit d’épargne collective protégé et attractif. A ces conditions verront le jour des " fonds travaux " heureux et vertueux qui non seulement permettront de prévenir le manque d’entretien des copropriétés et faciliteront les décisions de travaux mais entraîneront, comme on l’a vu, des économies de charges.
Ce qui précède permet d’éliminer les principaux arguments contre le fonds travaux. L’argument principal qui reste réside donc dans la crainte que le " fonds travaux " n’incite le syndic :
C’est donc ce dernier point qu’il faut régler. Là encore nos adhérents ont depuis longtemps trouvé la réponse : les fonds travaux sont déposés sur un compte rémunéré ; les fonds correspondants ne peuvent en aucun cas être utilisés par le syndic ni pour payer des travaux non décidés, ni surtout pour payer d’autres dépenses et, par exemple, compenser des impayés de charges. Il suffit d’ailleurs que cela soit précisé dans la résolution pour que le syndic ne puisse - sauf à engager lourdement sa responsabilité - agir autrement. CONCLUSION On le constate, les objections opposées à la création des fonds travaux ne résistent pas à une enquête approfondie ou à la recherche de solutions adaptées. La frilosité des pouvoirs publics saisis de ces problèmes n’en est donc que davantage regrettable. En effet aujourd’hui il convient d’agir :
Seul le fonds travaux peut répondre à ces deux problèmes, à condition que les dispositions évoquées dans cette note soient prises. Alors qu’attend-t-on ? ARC - MAI 2004
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