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ARC ,Les Actions 10 03 04 ©
La loi sur la faillite
civile entre en application :
toujours aucune réponse
du Ministre de la Ville sur les problèmes des charges de copropriété
des personnes bénéficiant du dispositif.
L’ARC repose donc les mêmes
questions
Voilà trois ans que nous sollicitons
du Gouvernement de bien vouloir prendre en compte deux demandes toutes
simples :
- les charges de copropriété non payées
ne doivent pas être considérées comme des " dettes "
(la copropriété ne fait pas métier de prêteur ;
elle n’en tire aucun bénéfice…) ;
- au cas où une commission ou un juge décident
que des " impayés de charges " de
copropriété peuvent rentrer dans un plan de surendettement
(voire, désormais, de faillite), il serait normal et logique
que ces impayés soient pris en charge par le Fonds de Solidarité
Logement, au lieu de l’être par les voisins.
Deux demandes de bon sens qui demeurent,
malheureusement, sans réponse. Ce qui fait que, aujourd’hui, les
charges impayées irrécouvrables - même après
vente du logement des personnes " surendettées "
- restent à la charge des autres copropriétaires et ceci
alors même qu’une partie de ces charges est due à de décisions
administratives ou judiciaires (suspension des procédures, voire
suspension des saisies).
Nous profitons donc de la sortie des
décrets concernant la faillite civile pour réinterroger
Monsieur BORLOO sur ces demandes.
Nous lui adressons d’ailleurs un dossier dramatique concernant une copropriété
qui démontre les conséquences très négatives
de l’absence de réponse à nos questions.
Voici :
- la lettre à Monsieur BORLOO ;
- le dossier ;
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" Ministère
de la VILLE
Monsieur
BORLOO
55,
rue Saint Dominique
75007
PARIS
Paris,
le 3 Mars 2004
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Monsieur le Ministre,
Les décrets d’application
concernant " la faillite civile " sont parus et nous
sommes toujours en attente de votre part d’une réponse concernant
les questions suivantes :
- est-il normal que les charges dues à
un syndicat de copropriété (chauffage, eau, services divers)
soient considérées comme des " dettes " ;
- est-il normal que des copropriétaires,
souvent en difficulté, aient à prendre en charge les créances
irrécouvrables de copropriétaires bénéficiant
d’un dispositif d’effacement partiel ou total de leurs dettes ?
- comment est-il possible d’obliger les voisins
d’un copropriétaire surendetté à payer ses charges
irrécouvrables alors même qu’il existe un Fonds de Solidarité
Logement qui DEVRAIT le faire ?
Nous nous permettons, en effet,
de vous rappeler que - même lorsque le logement d’une personne surendettée
est vendu - les dispositifs mis en place empêchent les syndicats
de copropriété de récupérer la totalité
de leurs créances. En effet les délais très longs
accordés par les commissions ou les juges, les moratoires, les
suspensions de poursuites ou de saisie font que des personnes surendettées
peuvent devoir dix années de charges alors que le privilège
spécial dont disposent les copropriétés ne porte
que sur deux ans.
Il est singulier de vouloir résoudre
le problème de certaines familles au détriment d’autres
familles, ceci sans utiliser les dispositifs de solidarité publique
qui existent et qui sont financés par l’impôt.
Pour démontrer les conséquences
dramatiques de l’actuel silence opposé à nos questions,
nous vous adressons un petit dossier concernant le cas d’une copropriété
en " Plan de sauvegarde " et dont le redressement
est compromis du fait de l’absence de réponses adaptées
aux problèmes posés plus haut.
Nous espérons, Monsieur
le Ministre, que vous voudrez bien répondre à nos questions
et préoccupations. Nous saisissons de nouveau la Presse spécialisée
et les parlementaires concernés de ce problème aigu.
Nous vous remercions par avance
de bien vouloir apporter des réponses à ce problème
et vous prions de recevoir Monsieur le Ministre, l’assurance de notre
haute considération.
Fernand
CHAMPAVIER
Le
Président.
P.J : "
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Banque de France
Commission
Banque de France
du
Surendettement des Particuliers
de
la Seine Saint Denis
30,
avenue Jean Lolive
95507
PANTIN Cedex
Paris,
le 26 Décembre 2003
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Monsieur le Président,
Une fois de plus notre association
est confrontée au problème (et paradoxe) que représente
le " traitement " des cas de surendettement
dans les copropriétés elles-mêmes en grande difficulté.
Certains problèmes relevés
sur une copropriété du département, classée
par le Préfet en " plan de sauvegarde "
( Le Chêne Pointu à Clichy sous Bois) vont nous permettre
d’illustrer notre propos, par lequel nous poursuivons un double objectif :
- vous alerter sur les effets pervers de certaines
décisions de la Commission ;
- nous permettre de reposer - au-delà de ces
exemples - le problème de l’absence de réponse vraiment
adaptée au paradoxe mis en évidence, alors que des solutions
simples préconisées par notre association existent, comme
par exemple la prise en charge systématique par le FSL des dettes
de charges, dès lors qu’un PLAN est accordé, le FSL faisant
lui-même son affaire de la récupération de ces sommes
auprès des débiteurs.
Nous vous souhaitons bonne réception
de la note jointe et restons à votre disposition pour toute rencontre
que vous souhaiteriez à ce sujet.
Recevez, Monsieur le Président,
l’assurance de nos salutations distinguées.
Fernand
CHAMPAVIER
Le
Président.
Copie : M.Le Maire de
Clichy sous Bois
M.Le Président du Conseil
général
M.Le Ministre du Logement
M.Le Ministre de la Ville
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Comment, actuellement,
le traitement du surendettement personnel contribue à générer
ou accroître les difficultés des copropriétés,
voire à empêcher le redressement des copropriétés
reconnues " en difficulté " ou " dégradées "
ARC-Décembre
2003
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INTRODUCTION
Cela fait des années que
nous tentons - en vain - d’alerter les pouvoirs publics sur une faille
énorme dans le traitement des difficultés familiales.
En effet en raison, du fait que
les impayés de charges de copropriété sont considérés
comme des dettes ordinaires, on constate que " les plans "
dont bénéficient les personnes reconnues en surendettement
concernent aussi les charges de copropriété, ce qui - par
un mécanisme que nous allons expliquer :
- a pour conséquence d’augmenter les charges
impayées des personnes concernées ;
- a pour conséquence d’aggraver les difficultés
des copropriétés qu’elles occupent ;
- contribue donc un peu plus à la dégradation
des copropriétés dites " en difficulté ".
- peut aussi contribuer à faire basculer
certaines autres familles dans le surendettement.
I -
Traiter le problème des surendettés
sans le faire au détriment des voisins et des copropriétés
- Il est naturellement capital de traiter le problème des
personnes surendettées. Néanmoins nous pensons qu’il n’est
Ni normal Ni efficace que ce traitement se traduise par :
- un transfert de charges sur les voisins le
plus souvent eux AUSSI très modestes ;
- une aggravation de la situation des copropriétés ;
- un maintien dans les lieux des débiteurs
chroniques qui peut avoir deux effets :
- un effet de " révolte " des
autres copropriétaires face à des facilités
accordées par l’État;
- un effet de contagion.
- Bien sûr nous comprenons que l’État,
dans sa logique, fasse tout pour favoriser le maintien dans les lieux
des familles.
- Nous pensons néanmoins qu’au minimum
l’Etat devrait être cohérent et prendre en charge financièrement
le coût de ce maintien, ce qui serait simple à assurer
par le biais du F.S.L.
- Nous pensons aussi que, dans les copropriétés
en difficulté classées en " Plan de sauvegarde "
les commissions Banque de France devraient également prendre
en compte le fait qu’il est PLUS important pour le sauvetage des familles,
de toutes les familles de favoriser d’abord le redressement
des copropriétés.
II - Les
" plans " contre les copropriétés
Que prévoient les
plans ?
- Souvent les plans - qui interrompent des saisies
immobilières en cours (saisie coûteuses engagées
à la suite de procès eux-mêmes coûteux) -
prévoient le dispositif suivant :
- un paiement très faible au titre de
l’arriéré ;
- le paiement des charges en cours ;
- la demande de mise en vente aimable du logement.
- Naturellement, la plupart du temps les charges
en cours ne sont pas payées (ou très partiellement) et
les " mises en vente " amiable se font à
un prix élevés ce qui fait que le logement n’est jamais
vendu.
- Au terme du " plan " on
a donc :
- une dette qui a augmenté ;
- l’obligation pour la copropriété
de reprendre un jugement.
- Souvent d’ailleurs on assiste à un deuxième
plan ou à la prolongation du délai de mise en vente amiable.
- Outre le fait que cela aggrave le déficit
de trésorerie de la copropriété il faut savoir
que cette perte de temps crée un préjudice définitif
à la copropriété puisque que - au final et lorsque
le logement sera vendu (neuf fois sur dix judiciairement) - la copropriété
ne pourra recouvrer que les deux dernières années de charges
(au titre de son superprivilège), le reste étant transformé
en créances irrécouvrables.
III - Des
dettes colossales vis-à-vis de la copropriété
- Nous allons prendre l’exemple d’une copropriété classée
Plan de sauvegarde (L……………….) et considérer 4 cas de surendettement.
- Les quatre cas que nous allons examiner représentent
un montant de dettes cumulées de 85.000 € (quatre vingt cinq
mille) soit, en bon francs, près de 600000 francs
- Comme on le voit, ce montant est considérable.
- Or, il faut insister sur le fait que les plans
accordés par la commission, les suspensions de saisies ou les
conversions de saisie immobilière en vente amiable (qui ne se
réalise pas…) ont deux effets :
- la dette ne cesse d’augmenter ;
- la partie des charges que la copropriété
est susceptible de récupérer (limitée en fait
au superprivilège – soit les deux dernières années
de charges) ne fait que croître, relativement.
IV - DESCRIPTION
DES CAS
1 - Compte G……….. (31.851 €
de dettes de charges) :
- Ce copropriétaire a bénéficié
d’un plan de surendettement en 2001. Le " plan "
n’a fait qu’empêcher la vente judiciaire (alors que la copropriété
avait obtenu un jugement à grand frais).
- Aujourd’hui la copropriété doit
relancer une action judiciaire pour les dettes nées depuis 2000.
Sans doute les G…….. vont-ils ressaisir la commission…
- Espérons donc que celle-ci pensera AUSSI
à la copropriété.
2 - Compte L………… (14.416 €) :
- Le plan accordé est le suivant :
(plan du 25 novembre 2002) :
- quatre mois à 0 € ;
- 10 mois à 76 €.
- Plus : procéder à la vente
du bien pendant la durée du plan.
- Naturellement le bien ne sera pas vendu (ce
qui est fort compréhensible) car la mise à prix sera trop
forte. A noter que la demande éventuelle du juge d’avoir à
présenter tous les trois mois des mandats assortis d’une baisse
du prix n’a, dans les faits, strictement aucune efficacité dans
la pratique; on a même vu des promesses de vente de complaisance
).
- Naturellement aussi la famille ne réglera
pas ses charges courantes bien qu’elle doive le faire.
- Conséquence : au bout du " plan "
la dette sera montée à 18 ou 19.000 euros ; quatorze
mois complémentaires auront été perdus dans tous
les sens du terme (perte de temps ; perte d’argent).
- Rappelons (au risque de lasser) que, pendant
ce temps-là :
- le copropriétaire bénéficie
des services de la copropriété ;
- ses voisins sont obligés de compenser
les impayés ;
- la copropriété continue de se
dégrader faute de trésorerie.
3- P…………… (22.360 €) :
- Cet aimable citoyen qui a fait de la prison
pour avoir battu sa femme est en train d’établir un dossier de
surendettement.
- Espérons que la commission saura, là
aussi, penser également un peu à la copropriété
et aux autres copropriétaires.
- Nous sommes cependant plutôt sceptiques.
4 - Compte K………. S…….. (dette :
14.787 €) :
- Une première saisie immobilière
a échoué en 2000 suite à un plan de surendettement.
- Un nouveau plan a été établi
en 2003 :
- 15 € sur 24 mois ;
- 95 € sur 36 mois.
- la vente amiable n’a pas été préconisée
(de toute façon cela n’aurait servi à rien).
- Naturellement les charges courantes ne seront
pas payées.
- Que sera la dette au bout du plan ?
Voilà donc quatre cas parmi
beaucoup d’autres.
Peut-être feront-ils comprendre
combien la stratégie de " maintien dans les lieux "
à tout prix (pour la copropriété) est dangereuse.
Pour nous il faut procéder
autrement :
- pénaliser davantage les prêteurs
de deniers qui gagnent bien leur vie à faire des prêts
à des familles souvent insolvables dès le départ ;
- permettre aux familles de payer (enfin) leurs
charges de copropriété ;
- si elles ne le peuvent pas, le FSL doit venir
au secours (de ces familles, DONC de la copropriété) ;
- Si le FSL ne le peut pas, il faut :
- laisser la copropriété arrêter
l’hémorragie par la saisie immobilière;
- reloger la famille.
Nous demandons uniquement, encore
une fois, aux pouvoirs publics d’être cohérents et de ne
pas imposer aux copropriétés en difficulté ce qu’on
n’impose pas aux bailleurs sociaux. "
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