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Il est en train de se produire dans notre pays
un événement grave et passé inaperçu :
de très nombreuses copropriétés qui refusent
les contrats abusifs imposés par les ascensoristes et tentent
de les négocier, sont aujourd’hui dans l’illégalité
et s’exposent à des risques judiciaires graves en cas d’accident.
En effet, comme on le sait, lorsque leur ancien
contrat d’entretien d’ascenseur était arrivé à
échéance, les copropriétés avaient jusqu’au
30 septembre 2005 pour signer un nouveau contrat, ceci sous peine
de sanction pénale.
Or, les ascensoristes ont profité de cette
obligation pour proposer (c’est-à-dire en fait imposer) des
clauses très déséquilibrées. Naturellement
de nombreuses copropriétés, voire certains syndics,
sous l’impulsion de l’ARC refusent ces contrats.
Mais que faire lorsqu’un ascensoriste tente d’imposer
un contrat truffé de clauses inadmissibles et refuse de discuter
l’introduction d’autres clauses ?
- Changer d’ascensoriste ? Oui, mais à condition
que les autres ascensoristes ne proposent pas le même contrat.
Or, précisément, les quatre grands de l’ascenseur
(97 % du marché) proposent tous ou peu près les
mêmes contrats inadmissibles.
- Refuser de signer ? C’est la sagesse même,
mais en agissant ainsi on se met hors la loi ou en " insécurité "
judiciaire, surtout dans l’hypothèse où surviendrait
un accident.
Aujourd’hui nous sommes donc confrontés
d’un côté à un énorme bras-de-fer entre
ascensoristes et copropriétés passé inaperçu
(les ascensoristes ayant décidé de faire les morts)
et à une situation alarmante d’illégalité où
se trouvent les milliers de copropriétés qui ont décidé
de résister au chantage des ascensoristes.
Comment débloquer cette situation ?
Comment éviter, que les copropriétaires
ne soient à la fois les otages et les victimes des ascensoristes ?
L’ARC demande une table ronde urgente entre :
- le Ministère du Logement ;
- la Fédération des Ascenseurs ;
- les organisations de propriétaires d’ascenseurs.
Voici la lettre adressée à cet effet
à Jean-Louis BORLOO.
Si vous êtes dans cette situation, vous aussi
écrivez à Jean-Louis BORLLO.
Ministère de l’Emploi,
du Travail
et
de la cohésion sociale
Monsieur
Jean Louis BORLOO
Ministre
d’Etat
127,
rue de Grenelle
75007
PARIS
Paris,
le 20 Octobre 2005
Objet : des milliers de copropriétés
dans l’illégalité et dans l’impasse.
Monsieur le Ministre,
L’Association des Responsables de Copropriétés
qui représente les intérêts de plusieurs dizaines
de milliers de propriétaires d’ascenseur (syndicats de copropriétaires)
souhaite vous alerter sur les conséquences graves des nouvelles
dispositions applicables aux contrats d’entretien des ascenseurs,
issues du décret du 9 septembre 2004 et des arrêtés
du 18 novembre 2004.
Ces textes réglementaires imposent, en effet,
sous peine de sanction pénale (article R 152-1 du CCH) la
signature d’un contrat conforme aux nouvelles dispositions, soit
le 30 septembre 2005 au plus tard pour les contrats venant à
échéance avant cette date, soit à leur échéance
pour les autres..
Utilisant cette opportunité les grands ascensoristes
ont introduit dans leur contrat-type un certain nombre de clauses
dont l’application aura des conséquences désastreuses
pour les propriétaires d’appareil.
L’une de ces clauses concerne la " vétusté "
qui pourra être invoquée unilatéralement par
les ascensoristes dès que certains délais contractuels
auront été dépassés (dix ans pour les
composants électroniques, vingt ans pour les composants électromécaniques,
trente ans pour les composants mécaniques), la date d’effet
étant, par ailleurs non pas la première prise en charge
de l’équipement par l’ascensoriste, mais la date de mise
en service.
La forte concentration dans ce secteur économique
et les grandes difficultés de mise en concurrence particulière
à ce type de prestation (les grandes entreprises de maintenance
étant également constructeurs) font qu’aujourd’hui
les copropriétés (contrairement aux organismes HLM)
sont dans la quasi-impossibilité de faire modifier cette
clause et d’introduire une disposition permettant que la vétusté
soit constatée contradictoirement.
Dès lors, pour ne pas accepter des contrats
dont certaines clauses sont léonines, de nombreuses copropriétés
en sont réduites à refuser les contrats proposés,
sans pouvoir, malgré tout trouver un prestataire de substitution.
Outre nos adhérents, nous venons d’apprendre
qu’un grand groupe de syndics qui gère plusieurs centaines
de milliers de logements se refusait pour le moment à
signer les contrats pour le compte de ses mandataires, qui sont
les syndicats de copropriétaires, sans pour autant obtenir
satisfaction de la part des ascensoristes.
Les copropriétaires et les syndics sont
donc ainsi pris non seulement en otageS, mais sont dans l’illégalité
et pourront, en cas d’accident, voire leur responsabilité
lourdement engagée pour n’avoir pas signé de contrat
et Etre santionnÉs pénalement.
Nous en appelons donc à votre haute autorité
et vous demandons sans attendre de réunir les principales
organisations concernées de copropriétaires et de
syndics avec la Fédération des Ascenseurs pour qu’une
issue soit trouvée à ce problème grave né
du décret du 9 septembre 2004.
Vous remerciant vivement pour la suite que vous
donnerez à la présente, nous vous prions de recevoir,
Monsieur le Ministre, l’assurance de notre haute considération.
Fernand
CHAMPAVIER
Le
Président.
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