I.
L’éco-prêt : une bonne mesure
dont profitent très peu les
copropriétaires
On
parle beaucoup de l’éco-prêt
à taux zéro et on a raison,
puisqu’il s’agit là d’une
mesure d’aide particulièrement
intéressante.
Ce
qu’on dit moins c’est que
- en copropriété - ce prêt
avantageux est très peu mobilisé
(moins de un pour cent des
prêts, 99 % concernant les
maisons individuelles) ceci
- en partie - parce qu’il
est peu adapté aux spécificités
de la copropriété.
C’est
la raison pour laquelle l’ARC
tente - dans le cadre de son
action menée comme co-animateur
du Chantier
Copropriété du Grenelle Plan
Bâtiment - d’obtenir la
mise en place d’un éco-prêt
collectif à taux zéro adapté
à la copropriété.
Voyons
pourquoi et voyons les propositions
concrètes que le « Chantier
Copropriété »,
co-animé par l’ARC, fait à
ce sujet.
● Pourquoi un éco-prêt à taux zéro qui soit « collectif » ?
On le sait, pour obtenir un éco-prêt actuellement il
faut faire un bouquet de travaux
(deux ou trois) ceci dans
un délai de deux ans. Or,
en copropriété il est, le
plus souvent, très difficile,
voire irréaliste, de mettre
en oeuvre ces « bouquets » en un temps si court. Il faut donc adapter les
règles de l’éco-prêt à la
réalité et à la temporalité
de la copropriété.
Par ailleurs l’éco-prêt individuel n’est pas accordé
à tout le monde et en particulier,
aux copropriétaires les plus
« fragiles ». D’où l’intérêt d’un
prêt collectif qui puisse
permettre de surmonter cette
difficulté (on verra comment).
On note également que les banquiers sont souvent réticents
à faire des prêts de 3 000
ou 4 000 euros par personne
et que certains banquiers
vont même jusqu’à refuser
de prêter des sommes si faibles.
D’où, là encore, l’intérêt
d’un prêt collectif.
À cela s’ajoute le fait que si nous disposions d’un
éco-prêt collectif, ceci constituerait
un puissant levier à la décision
collective.
Voilà pourquoi les membres du « Chantier copropriété » souhaitent
la mise en place d’un éco-prêt
collectif dont les conditions
soient adaptées à la
Copropriété
et qui puisse d’une part aider
à la décision en matière de
travaux énergétiques et d’autre
part permettre le financement
de ces travaux par tous les
ménages.
1. Mécanisme proposé
L’éco-prêt
collectif (c’est-à-dire contracté
par le syndicat des copropriétaires
au profit, uniquement, de
copropriétaires qui le souhaitent) :
a)
serait
fixé à un niveau maximum de
30 000 € par logement
en fonction d’un plan pluriannuel de travaux voté par l’assemblée
générale et comprenant
au moins trois mesures de
travaux d’économies d’énergie
ou un objectif en terme de
performance énergétique ;
b)
ne
concernerait que les logements
d’habitation principale ;
c)
serait
débloqué par tranche (maximum
trois).
Des
pénalités (application d’intérêts)
seraient prévues au cas où
le plan voté ne serait pas
respecté.
2. Cumul éventuel entre éco-prêt collectif et éco-prêt individuel
Les membres du « Chantier » ont souhaité que - dans les immeubles avec chauffage
individuel - les copropriétaires
puisent bénéficier à la fois
de l’éco-prêt individuel et
de l’éco-prêt collectif.
Il
faut donc rapidement travailler
sur l’articulation entre un
éco-prêt individuel pour les
travaux sur parties privatives
et un éco-prêt collectif pour
les travaux décidés par l’assemblée
générale.
3. Les garanties nécessaires
L’un
des intérêts du prêt collectif
est qu’il permet de financer
la quote-part des ménages
les plus fragiles.
Il
faut néanmoins éviter qu’il
ne se traduise par un appel
à la « solidarité
de palier » en
cas de défaillance de certains
(solidarité des voisins).
Il
faut donc prévoir un système
de garantie adapté et peu
coûteux :
a)
pour
les copropriétés dont le niveau
moyen d’impayés avant travaux
est faible (exemple :
inférieur à 5 %), une garantie
de l’ordre de 0,20 % du prêt
peut être envisagée (versée
à la banque) ;
b)
pour
les autres copropriétés, il
faudrait mettre en place un
système comparable à la GRL :
-
cotisation
un peu plus forte (exemple :
0,30 %);
-
contractualisation
avec un organisme capable
d’effectuer le recouvrement
et pouvant mobiliser les aides
(exemple :
UESL comme pour la
G.R.L. Garantie des Risques Locatifs).
4. Coûts annexes
Dernier point. Il est important que les prêts à taux zéro ne coûtent
pas en fait 2 ou 3 %... Important,
en conséquence, que les syndics
ne facturent pas des honoraires
sur des prêts, ce qui est
assez courant (2 % voire 2,5
% facilement…).
Il
est donc nécessaire que ce
point soit réglé, soit par
un engagement des fédérations
professionnelles (engagement
qui, malheureusement, n’« engagera »
qu’elles) soit par un texte
réglementaire accompagnant
la mise en place du prêt collectif.
À
noter que les syndics - qui
peuvent négocier des honoraires
sur travaux - n’ont pas intérêt
à facturer des frais sur un
prêt à taux zéro qui doit
précisément permettre de faciliter
le vote des travaux.
Conclusion
-
Il
faut donc mettre absolument
en place un éco-prêt collectif.
-
Il
serait souhaitable :
1.
que
son principe soit intégré
dans la loi des finances rectificative
pour 2010 ;
2.
que
le « Chantier Copropriété » soit associé à la rédaction des décrets
d’application.
-
Ceci
permettrait à la fois d’aller
vite tout en se donnant le
temps de prendre en compte
TOUS les aspects de ce nouveau et indispensable
dispositif.
N’hésitez pas à réagir à ces propositions
qui - rappelons-le - sont
le fait d’une concertation
entre tous les membres du
« Chantier
Copropriété » co-animé
par l’ARC.