I. Rappel
La
loi numéro 2010-238 du 9
mars 2010 a institué l’obligation
d’installer dans chaque
logement un détecteur de
fumée avant le 8 mars 2015.
Un
décret était attendu pour
rendre opérationnelle la
loi. C’est chose faite.
A ceci près que le décret
renvoit lui-même à trois arrêtés qui ne sont pas encore sortis.
Rappelons
que cette obligation (peu
coûteuse, voir point III)
est - comme la ceinture
de sécurité - une bonne
obligation.
En Angleterre, elle
a permis de baisser de 70
% le taux des décès suite
à des incendies, dont il
faut rappeler qu’ils sont
dus surtout, non pas aux
flammes, mais aux fumées
(toujours très toxiques).
II. Pas de détecteur de fumée dans les
parties communes
C’est la première chose à retenir : contrairement à ce que certains
ont essayé de faire croire
(voir
abus numéro 2417),
la loi ne fixe aucune obligation
de faire poser des détecteurs
sur parties communes :
c’est d’ailleurs même déconseillé
(voir réponse ministérielle
du Réponse
ministérielle du
29 juin 2010
actualité
du 05 05 10 / Décret sur
les détecteurs de Fumée
et la sécurité incendie.
Le cabinet du ministre nous
répond ).
III. Un détecteur sur parties privatives
d’ici 2015
Sur
les parties privatives,
au moins un détecteur doit
être posé avant le 8 mars
2015.
Voici
ce que dit le décret :
« Art. R. 129-12 – Chaque logement, qu’il
se situe dans une habitation
individuelle ou dans une
habitation collective est
équipé
d’au moins un détecteur
de fumée normalisé.
« Le détecteur est alimenté par
piles ou fonctionne à partir
de l’alimentation électrique
du logement, sous réserve
dans ce cas qu’il soit équipé
d’une alimentation de secours
susceptible de prendre le
relais en cas de dysfonctionnement
électrique.
« Le détecteur de fumée doit :
« -
détecter les fumées émises
dès le début d’un incendie ;
« -
émettre immédiatement un
signal sonore suffisant
permettant de réveiller
une personne endormie dans
le seul logement où
la détection à eu lieu.
« Un arrêté conjoint des ministres chargés de la construction et de la sécurité
civile fixe les modalités
d’application du présent
article ».
A
noter qu’un arrêté est attendu.
IV. Le prix d’un détecteur
Nous
consacrerons un article
à ce problème la semaine
prochaine : sachez
que les prix vont de 15
à 50 € pour le même matériel.
L’ARC
a négocié un prix pour l’un
des meilleurs détecteur
à ... 15
€ (voir notre coopérative).
V. Formalité vis-à-vis de son assureur
La
loi, pour inciter les personnes
à respecter l’obligation,
a prévu qu’il faudrait prévenir
son assurance logement et
lui adresser une attestation.
A
défaut les personnes - en cas d’incendie - seraient
moins couvertes (vérifier).
Là
encore un arrêté fixera
le modèle d’attestation.
VI. L’occupant responsable de la pose,
sauf...
C’est
l’occupant qui doit installer
le détecteur. Donc, en cas
de logement loué, c’est
le locataire qui est concerné.
SAUF dans les cas suivants :
-
location
meublée ;
-
logement
à caractère saisonnier ;
-
logement-foyer ;
-
résidence
hôtelière à vocation sociale ;
-
logement
de fonction.
Donc,
si vous avez un gardien,
c’est le syndicat des copropriétaires
qui doit équiper le logement,
pas le gardien.
Attention : on attend - sur ce point - de nombreux abus :
détecteurs hors de prix ;
contrat d’entretien inutile,
etc.
Dites
à votre syndic de ne rien
faire sans votre accord
et consultez-nous.
VIII. Que faire dans les parties communes ?
Un arrêté à venir le
dira (donc faites attention)
La
loi avait prévu qu’un décret
fixerait les obligations
en matière de protection
incendie dans les parties
communes.
Inquiets
sur la capacité des lobbies
d’imposer des obligations
inutiles, nous avons demandé
à négocier sur ce point,
ce que nous avons fait.
Le
décret est donc très raisonnable
sur ce point grâce à notre
action, et ne concernera
que des mesures visant à
empêcher
la propagation de fumée
(exemple :
installation de portes entre
les caves et les cages d’escalier,
ce qui est déjà le cas)
et désignation.
« Art. R. 12-14 – Dans les parties communes
des immeubles à usage d’habitation,
les propriétaires mettent
en œuvre des mesures de
sécurité contre l’incendie.
Ces mesures indiquent les
consignes à respecter en
cas d’incendie et visent
également à éviter la propagation
du feu des locaux à risques
vers les circulations et
dégagements. Un arrêté conjoint des ministres en charge
de la construction et de
la sécurité civile fixe
les modalités d’application
du présent article ».
Le
décret renvoit
comme on le voit à un arrêté
et - là encore - nous avons
demandé à participer à la
négociation de cet arrêté.
Pour le moment, RIEN n’est prévu et aucune
obligation ne pèse sur
vous.
Faites attention, nous ne le répéterons jamais
assez.