Comme
annoncé dans notre article
paru dans la rubrique « actualité » du 5 janvier 2011,
le dossier « ascenseur » fait partie des DIX grands chantiers de la Copropriété que l’ARC a à cœur de défendre au cours
de l’année 2011 [ actualité
05.01.11 : 2011 les
dix grands chantiers de
la copropriété].
Voici
plus d’un an et neuf mois
que la loi (celle du 25
mars 2009) a permis de modifier
les échéances des tranches
de travaux 2 et 3 concernant
la mise en conformité des
ascenseurs. Depuis nous
attendons que le ministre
veuille bien signer le décret
prolongeant effectivement
les délais.
Ce
qui est agaçant c’est que
- tout le monde le sait
- ce décret va être signé
mais que le ministre n’en
a rien fait uniquement pour
ne pas faire de peine aux
ascensoristes qui ont peur.
Peur de quoi ?
Peur,
en particulier, que le report
des échéances ne signifie
pour eux :
-
mise
en œuvre de la concurrence
(donc baisse des prix) ;
-
moins
de travaux faits en 2011-2012,
donc baisse de leurs chiffre
d’affaires (à ce propos,
lire aussi notre article :
« Une étude sur les ascensoristes bien venue pour les copropriétaires ».
Voici
la lettre adressée par Fernand
Champavier,
Président de l’ARC, à Benoist
Apparu,
Ministre du Logement :
« Ministère du Logement
Monsieur Benoist
APPARU
Hôtel de Castries
72, rue de Varenne
75007 PARIS
Paris, 23 Décembre 2010
Monsieur le Ministre,
A la fin du mois de décembre, va s’achever la première période concernant
les travaux de mise en conformité
des ascenseurs.
Cette première période avait été repoussée de deux ans et demi suite à
l’action de toutes les personnes
concernées (propriétaires,
copropriétaires, ascensoristes,
bureaux d’études).
Aujourd’hui et alors même que nous avons réussi à faire introduire dans
la loi du 25 mars 2009 une
disposition permettant de
repousser de la même façon
les échéances numéro 2 et
3, aucune décision n’est
prise concernant le report
effectif.
Nous voulons vous redire une nouvelle fois que cette absence de décision
porte préjudice aux copropriétaires
et usagers, ceci pour les
raisons exposées ci-dessous.
En effet, les ascensoristes (qui ont finalement peu recruté compte tenu
des départs à la retraite)
sont surchargés de travail,
ce qui entraîne plusieurs
conséquences :
1. ils ne répondent pratiquement plus à des appels
d’offre (de travaux) ou
exceptionnellement (ce qui
empêche la concurrence de
jouer) ;
2. ils réalisent souvent de façon non satisfaisante
(précipitation, manque de
formation, sous-traitance)
les travaux commandés ;
3. ils assument également de plus en plus mal
l’entretien courant (ce
que vient de reconnaître
le Ministère du Logement)
préférant privilégier les
gros travaux plus rémunérateurs.
Dès lors il s’avère indispensable de rallonger les délais pour pouvoir
« desserrer
l’étau », ce qui
permettra :
-
de
relancer la concurrence,
donc de faire baisser les
prix ;
-
d’éviter
les « embouteillages »
en matière de travaux, donc
d’améliorer la qualité de
mise en œuvre ;
-
de
permettre aux techniciens
d’entretenir le matériel
correctement, donc d’éviter
les pannes.
Ceci est d’autant plus indispensable que la
deuxième phase de travaux
s’annonce plus complexe
et coûteuse (faut-il installer
un variateur de fréquence ?
Si oui, comment éviter de
payer 40.000 euros ce qui
coûte 20.000 ? etc.).
Au nom des copropriétaires nous vous demandons, en conséquence, de bien
vouloir mettre en application
la loi du 25 mars 2009,
et donc de signer le décret
permettant le report de
la deuxième et troisième
tranche.
Cela permettra de favoriser la mise en concurrence et la meilleure qualité
non seulement des travaux
mais aussi de la maintenance
des ascenseurs.
Nous précisons - pour finir - qu’il n’y a strictement aucune raison relative
à la sécurité à maintenir
l’échéance actuelle de la
deuxième tranche dans la
mesure où celle-ci concerne
essentiellement la précision
d’arrêt.
Or chacun sait que lorsque l’absence de précision est dangereuse c’est
au-delà de cinq centimètres
et que lorsqu’on arrive
à un tel dénivelé c’est
quatre vingt dix fois sur
CENT
parce que l’ascensoriste
a mal
fait son travail et non
parce que le matériel est
inadapté.
On le voit, rien ne justifie de ne pas prolonger le délai ; tout
justifie, par contre de
le prolonger.
Dans l’attente d’une signature rapide du décret qui pourra enfin permettre
de faire jouer la concurrence
ainsi qu’améliorer la qualité
des prestations, et vous
en remerciant, nous vous
prions de croire, Monsieur
le Ministre, en l‘expression
de notre haute considération.
Fernand Champavier
Le Président.