ARC, Acualité / 02 02 05 / ©
Décret
d’application de l’article 18
Nous vous avions annoncé une
présentation et un commentaire du décret du 23 décembre
2004 concernant l’injonction de travaux dans les copropriétés
au cas où un équipement présente des DANGERS.
Le présent article remplit
cette promesse.
I. Un article de loi qui comble
un vide
-
En cas de problème concernant
le chauffage, l’ascenseur, le réseau électrique, etc,
le Maire ne pouvait pas intervenir (pas plus que le Préfet,
d’ailleurs).
-
L’article 18 de la loi dit BORLOO
a donc effectivement rempli un vide. A priori cela semble une excellente
disposition. En fait, ce n’est qu’un outil et comme tout outil il
peut permettre de résoudre des situations, mais il peut aussi
- mal utilisé - créer des problèmes et même
BLESSER.
II. Un
" bâton" qui peut être inefficace
ou " dangereux "
-
Beaucoup pensent que quand une
copropriété est incapable de faire face à ses
obligations d’entretien, il suffit d’une bonne injonction
administrative de travaux pour que tout rentre dans l’ordre. Le
syndic apeuré pense t-on, va demander des devis, convoquer
l’assemblée générale et obtenir un vote favorable
en utilisant le " bouton " administratif.
Ceux qui ont cette vision pense que la situation est due essentiellement
à quelques " marchands de sommeil "
sur la tête de qu’il faut taper fort pour qu’ils se décident
à voter des travaux.
-
soit le syndic a laissé
s’installer un montant d’impayés de charges très
important qui explique que le déficit de trésorerie
empêche de faire tous travaux (y compris quand ils ont été
votés) ;
-
soit les équipements
sont si vétustes que leur remise en état coûterait
une fortune incompatible avec la solvabilité des copropriétaires.
-
Prenons un exemple réel :
le syndic, sur injonction du Maire, fait voter 40.000 Euros de travaux.
Il n’obtient que 30.000 Euros. Il ne peut donc commander les travaux,
n’étant pas sûr de pouvoir les payer. Résultat :
les bons payeurs auront une fois de plus payé leurs appels
et les travaux ne seront pas faits !
-
Certes, on dira : il suffira
de poursuivre les mauvais payeurs. Mais quand la copropriété
est déjà en difficulté et dispose d’une trésorerie
qui ne lui permet déjà pas de faire face aux dépenses
courantes, cela reste quasi-illusoire.
III. Les
travaux d’office à la rescousse des copropriétaires de
bonne foi
-
Il y aurait bien une solution,
mais les Maires, malheureusement soit y sont peu favorables, soit
n’ont pas les moyens financiers nécessaires pour la mettre
en œuvre.
-
Il s’agit du dispositif dit de
" travaux d’office ". Dans ce dispositif,
la Ville paye l’entreprise, donc avance l’argent et récupère
ensuite sa mise - comme en matière d’impôt - par le
biais du percepteur.
-
Malheureusement, pour une partie,
ce dispositif efficace peut faire perdre aux copropriétaires
le bénéfice de subventions auxquelles ils auraient
droit. Il nous semble cependant qu’il devrait être possible
de trouver des solutions qui permettent de résoudre ce problème.
C’est ce que nous allons tenter de négocier dans les mois
qui viennent avec l’administration et les collectivités territoriales.
IV. Peut-on
utiliser intelligemment les nouvelles dispositions?
-
On peut aussi imaginer que dans
des situations moins bloquées, la nouvelle loi et son décret
puissent être utilisés pour faire faire des travaux,
en particulier là où l’inertie du syndic crée
de réelles difficultés.
-
Nous vous conseillons dans ce
cas là d’écrire une belle lettre recommandée
avec accusé de réception au Maire de votre Commune ;
de lui signaler les problèmes ; de l’informer que ces
problèmes risques d’engendrer des difficultés graves
se répercutant sur la santé ou l’intégrité
physique des occupants ; de l’informer qu’il existe un dispositif
législatif et réglementaire qui lui donne un pouvoir
d’intervention ; au besoin de lui photocopier la loi et le
décret ; enfin de l’informer avec toute l’amabilité
requise, qu’en cas de carence de sa part (refus d’utiliser ce texte)
il engage sa responsabilité dans la mesure où il
aura été mis au courant par vos soins par lettre recommandée
avec accusé de réception.
-
A priori, un tel discours, s’il
est appuyé naturellement sur des faits précis, ne
saurait laisser votre Maire indifférent et inactif. Il interviendra
alors soit directement auprès du syndic soit, si rien ne
bouge, auprès du juge. Mais là encore (et en disant
cela, nous nous adressons aux Maires ou aux services de la Mairie)
on se rappellera que l’injonction, pour être efficace et n’avoir
pas un effet contraire à celui attendu, doit être effectuée
avec prudence et discernement pour ne pas pénaliser les copropriétaires
de bonne foi, voire n’être utilisée que dans le cadre
de dispositif des " travaux d’office "
décrit plus haut.
Conclusion
On le voit, ce dispositif " miracle "
doit être manié avec beaucoup délicatesse et même,
dans certains cas, être proscrit.
Nous vous remercions de bien vouloir
faire remonter toutes vos expériences en ce domaine très
nouveau.
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