ARC, Actualité /15 02 06 / ©

L’ARC aux parlementaires : tenez bon !

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La " sagesse " des députés ayant enfin permis l’introduction d’un régime comptable simplifié pour les petites copropriétés (voir : " Régime comptable simplifié pour les petites copropriétés : un pas décisif a été franchi ")

 

, mais nous craignons la montée en puissance du lobby immobilier qui va, évidemment, tenter d’écraser cette jeune pousse sous son talon " professionnel ".

Voici donc les lettres que nous adressons aux sénateurs pour leur demander de ne surtout pas céder à ces pressions.

N’hésitez pas à transmettre copie de cet article et de ces lettres à votre propre sénateur.

  1. Voici d’abord la lettre adressée au rapporteur de la loi au Sénat, Dominique BRAYE :
  2.  

    Monsieur Dominique BRAYE

    Sénateur

    SÉNAT

    Palais du Luxembourg

    15, rue de Vaugirard

    75291 PARIS CEDEX 06

    Paris, le 31 Janvier 2006

    Monsieur le Sénateur,

    Comme vous le savez, la loi ENL qui vient d’être adoptée par la Chambre des Députés en première lecture et dont vous êtes le rapporteur au Sénat, a introduit une disposition qui prévoit un régime comptable simplifié pour les petites copropriétés.

    Nous nous permettons de vous faire savoir que notre association - qui regroupe, en autre, plusieurs milliers de syndics bénévoles - est particulièrement favorable à ce dispositif, qui reprend d’ailleurs un avis du Conseil National de la Comptabilité.

    Il apparaît cependant que certaines organisations professionnelles de syndics sont hostiles à ces mesures, ceci pour des raisons à notre sens purement commerciales (la complexité comptable dissuaderait, en effet, les syndics bénévoles de poursuivre leur mandat et entraînerait les toutes petites copropriétés à faire appel à des professionnels).

    Nous ne doutons néanmoins pas que les sénateurs, comme l’ont déjà fait les députés, sauront résister aux pressions de ces organisations professionnelles.

    Il apparaît aussi que certains juristes de la Chancellerie craignent que ce régime simplifié n’introduise une distorsion dans les droits des copropriétaires. Là aussi nous nous permettons de vous assurer qu’il n’en est rien, car le régime proposé ne concerne que deux dispositions simplificatrices relatives à la TENUE des comptes et nullement les règles de transparence et de présentation des comptes aux copropriétaires.

    Ce régime dispense en effet simplement les toutes petites copropriétés - comme l’avait suggéré le Conseil National de la Comptabilité dès 2003 - de mettre en place une comptabilité complexe en partie double, tout en leur laissant la possibilité de constater en fin d’exercice les quelques engagements non soldés.

    Le texte voté est celui-ci :

    " Toutefois, un syndicat comportant moins de dix lots à usage de logements, de bureaux et de commerce dont le budget prévisionnel moyen sur une période de trois exercices consécutifs est inférieur à 15.000 euros n’est pas tenu à une comptabilité en partie double ; ses engagements peuvent être constatés en fin d’exercice ".

    Comme vous le constatez les mesures de simplification - bien qu’importantes - sont strictement limitées et encadrées et doivent donc pouvoir être adoptées sans crainte par le Parlement .

    Naturellement nous restons à votre disposition pour répondre aux éventuelles questions que soulèveraient les objections des uns et des autres et vous prions de recevoir, Monsieur le Sénateur, à l’expression de nos salutations distinguées.

    Fernand CHAMPAVIER

    Le Président ".

     

  3. Voici ensuite la lettre adressée à Madame la Sénateur Valérie LÉTARD, qui il y a quelques mois s’était opposée à une exonération totale de l’application du plan comptable pour les petites copropriétés (exonération dont nous ne voulons pas non plus, étant favorable à un régime simplifié) :

Madame le Sénateur,

Il y a quelque temps nous avions eu le plaisir d’échanger des courriers avec vous au sujet de ce que nous pensons être le nécessaire régime simplifié comptable pour les toutes petites copropriétés. Peut-être vous en souvenez-vous.

L’introduction de ce régime avait, comme vous le savez, été rejetée par la Commission Paritaire Sénat-Chambre des députés, laissant entier le problème que l’on peut résumer ainsi : est-il raisonnable d’imposer une comptabilité d’entreprise complexe à des petites structures dont le budget annuel représente la moitié du budget moyen d’une famille française ?

Cela est-il normal, surtout, à un moment où tout plaide pour la simplification ? Cela est-il opportun, alors que cela forcera les copropriétés concernées soit à rester en dehors de la loi, soit à faire appel à des professionnels coûteux et parfois peu scrupuleux ?

Pour répondre à ces questions, comme vous le savez, la chambre des députés a, dans le cadre de la loi ENL, introduit une disposition qui, enfin, prévoit un régime simplifié pour les petites copropriétés.

Notez que ce régime (qui porte simplification sur deux points seulement parmi cinquante) n’exonérera pas les petites copropriétés d’avoir à respecter les règles de transparence et d’information requises vis-à-vis des copropriétaires.

Il les dispense simplement - comme l’avait suggéré le Conseil National de la Comptabilité dès 2003 - de mettre en place une comptabilité complexe en partie double, tout en leur laissant la possibilité de constater en fin d’exercice les quelques engagements non soldés.

Le texte voté par la Chambre est celui-ci :

" Toutefois, un syndicat comportant moins de dix lots à usage de logements, de bureaux et de commerce dont le budget prévisionnel moyen sur une période de trois exercices consécutifs est inférieur à 15.000 euros n’est pas tenu à une comptabilité en partie double ; ses engagements peuvent être constatés en fin d’exercice ".

Nous nous adressons à vous dans la mesure où, bien que vous ayez à juste titre critiqué l’exonération totale de règles comptables pour les petites copropriétés, nous pensons que vous ne pouvez pas ne pas vous associer à la proposition faite par la chambre des députés et aurez à cœur de suivre nos députés sur ce point.

Nous restons à votre disposition pour répondre à vos éventuelles questions au cas où vous ne seriez pas entièrement convaincue par la nouvelle proposition et vous prions de recevoir, Madame le Sénateur, l’assurance de nos salutations distinguées.

 

Fernand CHAMPAVIER

Le Président ".

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