I.
Rappel sur l’avenant 74 ou la « nouvelle
convention collective »
L'avenant n° 74 qui réforme en profondeur les règles
régissant les gardiens
et employés d'immeubles
avait été signé par les
organisations professionnelles
en avril 2009 (voir ici
même http://www.unarc.asso.fr/site/gardien/0210/convention.htm).
L'arrêté du 24 décembre
2009 qui rend ses dispositions
obligatoires (à quelques
réserves près) pour toutes
les copropriétés a été
publié au Journal officiel
du 5 janvier 2010.
Les nouvelles dispositions s'appliquent depuis le 1er
février 2010.
À noter : dès la semaine prochaine un dossier complet
sur cette nouvelle Convention
collective sera disponible
sur notre « zone
adhérents ».
Nous avions prévu de
la mettre en ligne cette
semaine, mais le rédacteur
est parti en congés…
payés.
En attendant, voici les nouvelles dispositions concernant
les congés payés des
gardiens et employés
d’immeuble.
II.
La question des congés payés
Si de nombreux changements apportés sont importants,
il convient d'attirer
immédiatement l'attention
sur celui concernant les
congés payés.
En effet, la règle voulant que les droits à congés doivent
être consommés avant le
1er avril de
chaque année n'existe
plus et désormais, depuis
le 1er février
2010, les gardiens et
employés d'immeubles rentrent
dans le doit commun.
L'arrêté précise que l'ouverture des droits à congés
existe dès que le salarié
totalise l'équivalence
de 10 jours de travail
effectif chez le même
employeur. Le salarié
acquiert, comme auparavant,
deux jours et demi ouvrable
par mois de travail effectif
entre le 1er
juin et le 31 mai
suivant, augmentés d'un
à quatre jours selon son
ancienneté.
III.
Les changements majeurs
Ce qui change vraiment se situe dans la prise des congés
et c'est l'article 25
de la convention collective
qui prévoit les modalités
suivantes :
Sur demande initiée par l'employeur, la date de départ en congé entre
le 1er mai
et le 31 octobre
est fixée d'un commun
accord avec le salarié,
et ce avant le 30
avril de chaque année.
Pour le solde, le salarié devra solliciter
au moins deux mois à l'avance les dates de ses congés.
Les congés acquis au titre de la période de référence close
au 31 mai doivent
être pris avant le 1er juin
de l'exercice suivant,
à l'exception des salariés
originaires d'outre-mer
[…].
Ainsi, pour les "congés d'été", l'employeur
(comprendre ici le syndic)
doit demander au salarié
les dates souhaitées de
ses congés. Nous devons
préciser qu'en cas de
contestation, il faut
que l'employeur puisse
apporter la preuve de
cette demande et si la
lettre recommandée avec
accusé de réception ou
la remise contre décharge
sont des moyens reconnus
mais parfois lourds à
mettre en œuvre, nous
estimons que la mention
sur les bulletins de salaire
de janvier à avril peut
aussi être utilisée.
Nous noterons en passant la mention de commun accord
qui interdit donc à l'employeur
d'imposer des congés non
demandés et… aussi au
salarié d'imposer ses
dates.
Ensuite, pour le solde des congés, c'est au salarié
d'en faire la demande,
avec un délai de préavis
de deux mois.
Enfin, et c'est important, la date limite de prise des
congés est désormais fixée
au 31 mai et non plus
au 31 mars.
IV.
Conseils aux copropriétaires et aux
syndics
Nous pensons qu'il faut donc que tous les syndics appliquent
et portent à la connaissance
des gardiens et employés
d'immeubles ces nouvelles
règles, afin d'éviter
les litiges qui ne manqueraient
pas de survenir en l'absence
de demande de souhaits
des dates des congés d'été
par exemple.
Terminons en précisant que l'indemnisation des congés
non pris ne doit pas exister
dans une copropriété :
l'employeur ne peut pas
empêcher le salarié de
partir en congés régulièrement
demandés et respectant
les éventuelles dispositions
particulières du règlement
de copropriété, car on
voit mal quel motif serait
recevable, tandis que,
contrairement à une idée
reçue, le salarié qui
ne veut pas demander ses
congés ne peut en aucun
cas imposer à l'employeur
de les lui indemniser
(la règle étant que les
congés non pris du fait
du salarié, hors maladie
ou accident ou autre cause
qu'il subit, sont perdus,
selon une jurisprudence
bien établie).
Nous vous
renvoyons pour le reste,
à notre dossier du mois
de février 2010 en « zone adhérents collectifs », rubrique :
« Comment
faire ? Comment
ça marche ? »
sous rubrique :
« Gardiens et employés d’immeuble ».
( dés la semaine
prochaine )