Depuis
longtemps, l’ARC se bat pour la création d’un Ordre
permettant de contrôler l’activité des syndics.
Ce
besoin fait partie intégrante des vingt-deux propositions
pour améliorer la Copropriété,
présentées par l’ARC auprès de la ministre de la justice
le 14 avril dernier [ abus numéro 2269]
Mais
les questions récurrentes, déjà évoquées dans notre
abus n°
1737],
sont les suivantes :
-
En quoi la mise en place
d’un Ordre des syndics professionnels pourra-t-elle
garantir une régulation et l’application de réelles
sanctions ?
-
Les associations représentatives
pourront-elles participer au dispositif ?
En
conséquence :
Un Ordre des syndics professionnels, Oui !!
Mais par n’importe quel Ordre
La Belgique dispose déjà d’un
Ordre : l’IPI (Institut Professionnel des agents
Immobiliers).
Quelle
est son efficacité ? Afin d’en avoir une idée,
nous reproduisons ci-dessous l’article rédigé dans la
revue « Le Cri » par Olivier HAMAL.
Olivier HAMAL, député fédéral belge, vice-président national du Syndicat
National des Propriétaire sera présent lors du colloque
organisé par l’ARC les 1er et 2 juillet
prochain .
Voici
le reflet de son expérience en ce qui concerne l’Ordre
belge :
« Informé de faits inacceptables, et devant l'inertie de l'IPI, le SNP a réagi et demande avec insistance
à la ministre Laruelle un nouveau statut et un meilleur
suivi déontologique des syndics professionnels. Les
autorités judiciaires sont saisies.
En matière de copropriété, le premier objectif
du Syndicat National des Propriétaires et Copropriétaires
était de voir adopter une nouvelle loi en vue de renforcer
la démocratie, la transparence dans la gestion et la
participation dans les copropriétés. Tel sera normalement
le cas dans les prochaines semaines.
Le deuxième objectif, et qui n'est pas des
moindres, est de voir adopter dans les meilleurs délais
un nouveau statut et un meilleur suivi déontologique
des syndics professionnels.
Nous sommes en effet de plus en plus interpellés
par les dossiers qui
nous sont soumis et qui, nonobstant des plaintes de
copropriétés et du SNP auprès de l'IPI, n'entraînent
pas les réactions que nous estimons nécessaires d'un
ordre professionnel dans le souci de protéger ces
consommateurs que sont les copropriétaires.
C'est ainsi qu'à notre permanence de Liège,
fin février, une de nos membres est venue nous consulter
suite aux difficultés rencontrées par sa résidence en
raison de l'incurie de son syndic, membre IPI, un sieur
Christophe Debehogne qui depuis sa désignation en 2006,
il y a donc trois ans, n'a jamais convoqué l'Assemblée
générale, ne présente plus les comptes (2007, 2008 et
2009) et est manifestement dans l'impossibilité de les
établir, etc.
A la force du canon, les copropriétaires ont finalement obtenu
qu'il convoque une Assemblée générale le 5 février 2010
mais, en l'absence de comptes à présenter le jour même,
celle-ci a dû être reportée au 22 février, date à laquelle
les copropriétaires se sont à nouveau réunis sans nouvelle
convocation écrite. Néanmoins cette seconde Assemblée
a dû être reportée à nouveau au 22 mars, pour les mêmes
raisons.
C'est
là que nous intervenons et que nous avons invité notre
membre à prendre l'initiative avec d'autres copropriétaires
représentant au moins 1/5 des quotités, d'écrire par
recommandé au syndic pour le mettre en demeure de convoquer
une Assemblée générale en bonne et due forme pour le
22 mars avec, à l'ordre du jour, sa révocation et la
nomination d'un nouveau syndic, et la présentation des
comptes au moins pour 2007 et 2008.
Il ne fera rien et finalement, toujours sur
nos conseils, quelques copropriétaires plus actifs prendront
l'initiative de convoquer eux-mêmes l'Assemblée générale
et le mettre dehors.
Lors de nos contacts, notre membre nous a signalé
qu'elle avait connaissance d'une autre copropriété
qui avait rencontré les mêmes problèmes avec ce
syndic et, information prise quelques mois plus tôt,
des copropriétaires de cette Résidence avait porté l'affaire
devant le Juge de paix pour faire désigner un syndic
provisoire.
De fil en aiguille, nous sommes tombés sur une troisième copropriété
qui elle aussi avait des difficultés analogues avec
le sieur Debehogne. Le Président du Conseil de gérance
avait porté plainte auprès de l'IPI le 16 novembre 2009
et n'avait eu comme suite qu'un simple accusé de réception
en date du 4 décembre 2009 et plus rien depuis lors.
Il y en a peut être d'autres encore !
Suite à ces faits, nous avons écrit à l'IPI
pour l'interpeller sur cette situation et l'inviter
à prendre les mesures qui s'imposaient pour y mettre
fin. Au moment de la rédaction de cet article pas de
réaction...
Il devient
indispensable qu’un nouveau statut soit mis en place
pour les syndics d’immeubles et un meilleur suivi déontologique
assuré avec un volet préventif majeur.
Nous avons aussi écrit à Madame la Ministre Sabine Laruelle, en charge des Instituts professionnels, pour
qu'elle saisisse le Commissaire du Gouvernement auprès
de l'IPI afin qu'en regard de ce dossier et de deux
autres il interpelle les instances fonctionnelles mais
aussi disciplinaires de l'IPI. Pas de nouvelles
non plus...
Devant tant d'inertie le SNP a décidé à l'avenir,
et tel a déjà été le cas dans ce dossier, d'interpeller
en parallèle les autorités judiciaires en les personnes
du Procureur Général et du Procureur du Roi de Liège.
Les faits dénoncés sont inacceptables et traduisent
des négligences graves pour un professionnel de la gestion
des copropriétés. Les copropriétaires s'interrogent
sérieusement sur la gestion de leurs fonds et par là
même, de leurs économies.
Ceci sans compter que les habitants des copropriétés sont loin d'être
tous des personnes nanties et pourraient se trouver,
en raison des manquements précités, dans une situation
délicate, outre les difficultés pouvant intervenir entre
bailleurs et locataires pour ce qui est des décomptes
annuels des charges, du paiement des dépenses et notamment
des primes incendie etc.
Nous pourrions aussi nous étendre, toujours
sur le plan liégeois, sur un autre dossier mettant en
cause un autre syndic, la société AGI.
Suite à différentes plaintes l’IPI s'est contenté d'un
contrôle formel (accès à la profession même avec un
prête-nom). L'assesseur juridique, nonobstant des lacunes,
graves selon nous, laisse ce type de syndic courir dans
la nature.
Une information judiciaire est en cours, ce
que le Procureur Général près la
Cour d'Appel de Liège et le Procureur
du Roi nous ont confirmé suite aux courriers que nous
leur avons aussi fait parvenir dans ce dossier. L'IPI
n'a donné aucune suite à nos lettres du 12 octobre et
nous venons de le relancer.
Conclusion de tout cela, il devient indispensable
que dans les meilleurs délais un nouveau statut soit
mis en place pour les syndics d'immeubles et un meilleur
suivi déontologique assuré avec un volet préventif majeur.
Il faut aussi que les instances disciplinaires puissent
fonctionner en toute indépendance, en dehors de toute
influence corporatiste.
Dans un tel contexte nous ne pouvons que suivre le Ministre de la Justice lorsqu'il veut judiciariser,
relativement à un certain nombre de professions, les
procédures disciplinaires ».