Avec la
période des assemblées générales, le problème du « quitus » revient sur le devant
de la scène.
Un
de nos « vieux »
adhérents qui a, depuis longtemps, compris que le « quitus » - non prévu
par la loi de 1965 :
-
était inutile pour les
bons syndics ;
-
était dangereux pour
les copropriétaires,
a
tenté d’en persuader son président du conseil syndical.
Celui-ci - qui a pourtant l’air proche des intérêts
des copropriétaires - lui a répondu une longue lettre
où il reprend quelques uns des arguments distillés par
certains syndics pour arracher le quitus aux copropriétaires.
Nous
reproduirons :
-
la lettre de ce président ;
-
la réponse que nous faisons
à notre adhérent pour qu’il la transmette à son président.
I.
Voici la lettre du président du conseil syndical
Concerne
: Votre courrier du 19 Février 2010
Je
vous remercie pour les mots aimables que vous avez formulés
à mon égard en qualité de Président du Conseil Syndical
de notre copropriété.
Cependant,
je ne peux accepter que l'on dise que je fasse le jeu
du Syndic contre les intérêts des copropriétaires, comme
vous semblez le suggérer. Vous remarquerez que je ne
vous ai demandé les raisons de votre refus systématique
de donner Quitus au Syndic qu'après le vote de l'Assemblée
sur ce sujet, pensant que vous aviez un grief particulier
que nous aurions pu régler en présence du Syndic. Vous
pouviez mettre en garde l'assistance sur les dangers
d'un vote positif avant ce vote. Je laisse la parole
à qui la demande assez largement. J'estime en effet
que, ne nous réunissant qu'une fois par an, chacun a
le droit de s'exprimer sur les questions de l'ordre
du jour comme il l'entend.
Le
Conseil Syndical a de tous temps accompagné et apporté
son aide aux Syndics successifs dans leur gestion de
nos immeubles, partant du principe qu'étant sur place,
nous pouvions augmenter leur efficacité pour le bien
de la copropriété sans pour autant retirer leur totale
responsabilité. Pour ma part; j'ai toujours préfère
travailler en faisant confiance à mes collaborateurs
ou interlocuteurs quels qu'ils soient. C'est tellement
plus agréable que de voir le mal et la suspicion partout.
Plus de quinze ans cumulés de Président de cette copropriété,
dont je suis conseiller depuis l'origine, ne m'ont jamais
fait regretter cette manière de gérer les responsabilités
que l'on me confiait.
Sans
connaître sûrement tous les règlements et lois concernant
la copropriété, je vous remercie de m'avoir rappelé
ceux concernant le Quitus.
Je
résumerai ce que vous rappelez sur le sujet et qui se
trouve page 78 du Particulier « Spécial copropriété
» N° lOllb - 2007 :
«Le
Quitus donné au Syndic n'est pas simplement la ratification
de sa gestion financière de la copropriété, mais de
l'ensemble des actes effectués au cours de son mandat
(y compris ceux qui excèdent ses pouvoirs) dont les
copropriétaires ont eu connaissance. Il libère de
toute responsabilité vis-à-vis de la copropriété car
il couvre ses éventuelles fautes de gestions. Il est
dès lors impossible de le poursuivre en justice, sauf
pour des faits qu'il aurait volontairement dissimulés,
ce qui est difficile à démontrer ».
Il
est dit qu'en demandant le Quitus nous ne nous engageons
que sur ce dont les copropriétaires ont eu connaissance
et les avocats vous diront qu'il est toujours possible
d'amener devant la justice un Syndic sur des manquements
aux règles qu'un Syndicat de copropriétaires ne pouvait
connaître.
Je
respecte votre interprétation et votre vote. Je n'ai
pas la même vision. Vous citez page 4 de votre courrier
Maître …. rapportant les travaux de l'UNARC.
Je
citerai alors une phrase de ce même Maître ……., reprise
à la page 15 du N° 258 bis de la revue Le Particulier
Immo : «Refuser son Quitus au Syndic, c'est considérer
que le Conseil Syndical est lui-même incompétent, car
incapable de relever les erreurs ou carences du Syndic
».
Dans
le même article, on peut lire « Un copropriétaire peut
toujours refuser le Quitus sur tel ou tel point, mais
il faut pouvoir le justifier. On peut par exemple approuver
les comptes, mais émettre des réserves en refusant de
donner Quitus sur la qualité de certains travaux réalisés
par exemple. Mais pas sur l'ensemble, sinon autant changer
de Syndic».
J'ai
évoqué cette phrase lors de l'Assemblée Générale, mais
bien évidemment il n'y a aucune obligation à voter l'unanimité
le Quitus. Nous avons encore cette liberté dans les
Assemblées Générales d'exprimer son point de vue et
de voter comme on l'entend.
Je
ne préconiserai jamais, sauf manquement grave de sa
part, de changer de Syndic, considérant qu'il vaut mieux
travailler dans la continuité et améliorer des rapports
au fur et à mesure des rencontres dans une confiance
mutuelle. Partir dans une aventure à l'issue incertaine
avec un nouveau Syndic représente toujours un risque.
Comme
tout copropriétaire, vous pourrez joindre à la prochaine
convocation de la prochaine Assemblée Générale votre
point de vue sur cette question par un courriel: recommandé
au Syndic dans les délais prescrits.
Très
cordialement ».
II.
La réponse de l’ARC
« Cher Monsieur,
Votre interlocuteur se berce de mots. En voici un exemple. Je prends la
phrase de votre président de conseil syndical :
« Il est dit qu’en demandant
le quitus nous ne nous engageons que sur ce dont les
copropriétaires ont eu connaissance et les avocats vous
diront qu’il est toujours possible d’amener devant la
justice un syndic sur des manquements aux règles qu’un
syndicat de copropriétaires ne pouvait connaître ».
Précisément, que veut dire : « Dont ils ont eu connaissance » ? La réponse est non pas
ce que le syndic leur a DIT
ou écrit, mais ce dont « ils
devraient avoir connaissance s’ils avaient TOUT contrôlé »,
ce qui est impossible.
Prenons un exemple réel :
-
un
syndic a - durant
cinq ans - commis des erreurs en matière d’établissement
de paie ;
-
le
conseil syndical a contrôlé les paies tous les ans,
sans rien voir ;
-
l’assemblée
générale a voté tous les ans le quitus.
Arrive un contrôleur de l’ARC qui découvre
l’erreur.
Le syndicat des copropriétaires demande au
syndic le remboursement de ses erreurs. Le syndic répond :
« vous m’avez voté mon quitus ».
Le conseil syndical réplique : « vous ne nous avez pas signalé vos erreurs ;
nous allons en justice ».
Le syndicat des copropriétaires a été débouté,
le juge ayant fait valoir que le syndic n’avait rien
dissimulé et que l’examen des pièces aurait permis de
relever l’erreur.
Cette histoire vraie montre que votre interlocuteur est mal informé.
En ce qui concerne les propos de Maître …… - que nous connaissons bien
à l’ARC et que nous apprécions - sont étonnants.
Comment peut-on dire : « Refuser
son quitus aujourd’hui c’est considérer que le conseil
syndical lui-même est incompétent, car incapable de
relever les erreurs et carences du syndic » ?
Il faut, au contraire, affirmer qu’il est bien normal qu’un conseil syndical
non professionnel ne soit pas forcément à même de relever
TOUTES les erreurs d‘un syndic, erreurs
qui peuvent être tout aussi bien de nature techniques,
réglementaires, comptables, juridiques et j’en passe…
Or c’est précisément parce qu’un conseil syndical ne peut contrôler TOUS ces points que voter le quitus est
d’une totale imprudence.
J’espère avoir répondu à vos questions et vous prie de recevoir, cher
Monsieur, l’assurance de mes salutations distinguées.
Bruno DHONT
Le Directeur ».