La
préparation de notre Colloque
sur l’Europe (au fait vous pouvez déjà vous
inscrire pour ce grand rendez-vous qui aura lieu au
Sénat) nous rend encore plus sensible à tout ce qui
se passe ailleurs que chez nous.
Voici
un article « emprunté »
au bulletin de nos amis de l’ASCQ (Association des
Syndicats de Copropriété du Québec) qui rend compte de ce qui se passe
dans un autre état Canadien - anglophone celui-ci
- l’ONTARIO.
Cet
article nous livre un témoignage d’auto-gestion ou
AUTO-GERANCE anglophone et transatlantique.
Curieusement,
comme vous allez le voir, nous ne sommes que faiblement
dépaysés.
Attachez
vos ceintures, nous partons pour l’ONTARIO.
L’auto-gérance en ONTARIO
« 1. Manque de gérants qualifiés
Ce n’est un secret pour personne qu’il
y a un sérieux manque de gérants professionnels en
Ontario. Vous n’avez qu’à lire les grands titres de
la section « Condominium » (note de l’ARC :
condominium = copropriété) du Toronto Star. Les gérants
professionnels se demandent qui s’occupera du nombre
croissant de nouvelles copropriétés et de celles qui
vieillissent ? Il y a des nouvelles copropriétés
où le promoteur a transféré la gérance aux copropriétaires
en les laissant à eux-mêmes pour trouver une gérance
ou une aide quelconque. Pour plusieurs, l’auto gestion
s’avère la seule option possible.
2.
Une conversion : de locataire à propriétaire
En 1991, les propriétaires investisseurs
de l’immeuble où nous habitons, ont décidé de vendre
dans notre immeuble.
Mon conjoint et moi avons décidé d’acheter
notre logement.
Nous savions hériter d’un immeuble nécessitant
de nouvelles fenêtres, portes, toit, clôtures et tout
ce que vous pouvez nommer. Cependant nous n’avions
aucune idée que nous héritions d’un fonds de prévoyance
pauvre, très pauvre, qui ne pourrait permettre de
faire face à toutes ces dépenses.
3.
Où est l’argent ?
Nous ne pouvions croire nos yeux lorsque
nous avons examiné les états financiers de cette copropriété.
Comment était-ce possible dans une copropriété gérée
par des professionnels depuis le jour de sa construction
et de son enregistrement ?
Considérant que les ressources financières
étaient très limitées, il était évident pour tous
les copropriétaires que nous n’avions d’autre choix
que d’adopter l’autogestion.
4.
Les professionnels, c’est nous
Moi et deux autres personnes fûmes élues
au Conseil d’administration. Nous avons appris très
rapidement que l’autogestion était un engagement à
temps plein.
On doit trouver suffisamment de volontaires
consciencieux qui sont prêts à s’y investir. On attend
qu’ils fournissent des services continus sans espoir
de compensation, sauf si les statuts (déclarations)
le permettent.
Les administrateurs doivent attaquer un
programme chargé et seront responsables du respect
des mêmes normes légales qu’un gérant professionnel
de copropriété.
5.
En Ontario, c’est comme cela
Comme exemple, ils doivent prendre les
dispositions pour faire les différents devis d’entretien,
traiter toute la correspondance écrite et verbale,
tenir les dossiers correctement, recueillir les charges
communes, émettre les lettres de retard et entreprendre
les recours si nécessaire, préparer les états financiers,
négocier avec les compagnies d’assurances pour assurer
la copropriété, préparer les budgets, les certificats
d’état de la situation, faire respecter les règlements,
la déclaration de copropriété, etc, etc.
Il y a de nombreuses questions concernant
un Condominium corporation (copropriété), peu importe
que vous ayez trois (3) ou trois cents (300) unités.
Peu importe le type de gérance, mais elle aura cependant
un effet direct sur l’apparence et l’entretien de
l’immeuble, la valeur de revente des copropriétés,
une qualité de vie pour les résidents et une stabilité
financière pour le Condominium.
6.
La clef, c’est la formation et l’information
Pour accomplir ces tâches, il est impératif
que les administrateurs connaissent bien la copropriété.
Il y a des publications associatives et d’autres volumes
pour les aider à se gérer soi-même.
Il est important pour les administrateurs
de suivre les sessions de formation offertes par les
experts de façon à leur permettre d’être à la page
dans les questions concernant la copropriété.
7.
Auto-gestion : un choix
Le premier avantage de l’auto-gestion,
à cause du travail des bénévoles, est son faible coût.
L’auto-gestion est plus commune dans des copropriétés
de soixante-quinze (75) unités ou moins.
Le désavantage majeur de l’auto-gestion
est le manque de continuité lorsqu’il y a rotation
des volontaires. Souvent, les volontaires perdent
intérêt ou déménagent. Alors, le Condominium est confronté
à une situation ou il n’y a plus personne avec l’expérience
ou les connaissances utiles pour continuer l’organisation
déjà en place.
S’occuper des chicanes (note : conflits)
entre copropriétaires ou des infractions commises
peut aussi devenir désagréable pour les volontaires.
Vous vous devez d’être ferme, mais équitable pour
être un bon gérant de copropriété.
8.
Etes-vous à la hauteur de la tâche ?
Tout Condominium déterminé à s’auto gérer
peut s’acclimater tranquillement avec cette idée.
Une assemblée des copropriétaires pour discuter de
cette possibilité (auto gérance) est un départ.
La gestion d’une copropriété touche tous
les copropriétaires, pas seulement quelques-uns. Insistez
pour que tous les copropriétaires assistent.
Peut-être le conseil ne voudra assumer
qu’une partie des responsabilités de la gestion et
voudra avoir un gérant pour accomplir l’autre partie,
à un coût moindre.
Certains gérants professionnels peuvent
offrir des services abordables à des copropriétés
plus petites. Des services comme la comptabilité,
service téléphonique, correspondance ou des références
sur l’entretien de l’immeuble. En permettant à un
gérant de partager quelques-unes des tâches, on permettrait
aux administrateurs d’acquérir une certaine expérience
pour éventuellement gérer leur propre immeuble.
Notre Condominium est auto géré avec succès
depuis quinze (15) ans. Mes co-administrateurs et
moi-même continuons de travailler très, très fort
pour se maintenir à flot. Quelques fois, nous sentons
que nos efforts ne sont pas appréciés, cependant,
avec le recul, nous réalisons la différence pour notre
communauté. Nous réalisons que notre participation
et notre dévouement valaient la peine ».
Nos
syndics bénévoles se seront reconnus. Les mêmes causes
produisent ici ou là les mêmes effets :
-
des
professionnels approximatifs incitent les copropriétaires
à se mettre en auto-gestion ;
-
la
qualité de gestion est vite au rendez-vous ;
-
les
économies aussi ;
-
les
travaux qui ne se faisaient pas se font.
Se
pratique aussi un système mixte, que nous appelons
- à l’ARC - co-gestion et que nous pensons qu’il serait
judicieux de rendre possible en France ( voir
dossier du mois d’avril).
Au
fait, avez-vous lu notre dernière édition du guide :
« Gérer
soi-même sa copropriété ou son ASL ? ».