Pour
servir les intérêts des ascensoristes, la
FAS (Fédération des Ascenseurs)
vient de diffuser un dossier de Presse où
elle affirme :
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que
les accidents graves ont pratiquement disparus ;
8
que
les pannes ont très sensiblement baissé ;
9
que
les accidents les plus fréquents sont dus :
o au décalage de cabine ;
o au choc des portes.
Ce
dossier que vous trouverez en annexe à cet
article relève de ce qu’on appelle l’« intoxication »
voire de la manipulation :
10 faits occultés ;
11 chiffres fantaisistes ou invérifiables ;
12 affirmations « maison »,
le tout pour dissuader le Gouvernement d’appliquer la
loi du 25 mars 2009 qui permet de repousser
de trois ans les échéances, ce dont ne veulent
évidemment pas nos quatre « majors »
qui font tout pour remplir leurs carnets de
commandes.
Nous
avons donc décidé de répondre à la
Fédération des Ascenseurs.
I.
Quand la puissante Fédération des Ascenseurs fait ce qu’on appelle de l’intox…
1
La Fédération des Ascenseurs (FAS) est un des lobbys les plus efficaces
au monde : autour des quatre « grands »
elle entretient des « permanents »
très efficaces pour défendre le droit d’imposer
des travaux facturés chers et souvent inutiles.
2
Comme
indiqué en introduction la
Fédération a établi et diffusé
dernièrement un magnifique document de vingt-cinq
pages pour faire passer aux médias le message
suivant : « Il-ne-faut-surtout-pas-repousser-les-échéances-des-travaux-obligatoires-et-coûteux-imposés-aux-propriétaires-d’ascenseur ».
Il
est vrai qu’un report aurait pour conséquence
de permettre de faire jouer la concurrence
(donc de faire baisser les prix), de donner
du temps aux copropriétaires pour mieux négocier
les prix et pour écarter les travaux inutiles,
DONC là encore de faire baisser les
montants de travaux, perspectives insupportables
pour nos quatre majors.
Parmi
les messages distillés dans ce document un
argument qui se veut décisif : « La
mise en conformité était nécessaire :
la preuve (disent les ascensoristes) :
- les accidents
graves ont pratiquement disparus ;
- les pannes
ont diminués de façon spectaculaire ;
- les accidents
concernent essentiellement les chutes dues
à un manque de précision d’arrêt et aux chocs
de portes.
Conséquence :
il ne faut pas relâcher ses efforts ».
Nous
avons donc décidé de montrer que les chiffres
et arguments qu’expose la Fédération
des Ascenseurs dans ce document sont soit
inexacts ou faux, soit fantaisistes, soit
injustifiés.
Suivez
la démonstration.
1.
« Les accidents très graves ont quasiment
disparus » disent-ils.
Voici
ce qu’on peut lire dans le document de la Fédération des Ascenseurs :
« Incidents
et accidents au plan national :
« Depuis
2009 : un baisse de près de 20 % du nombre
d’accidents (d’usagers ou de techniciens)
et très peu d’accidents graves, sauf un technicien
sérieusement blessé en mai 2009 à Pantin dans
le cadre d’un chantier de mise en sécurité
et un technicien décédé en mars 2010 à Bordeaux ».
Comment
des gens si sérieux peuvent-ils se permettre
de tels propos ?
a) Il suffit de taper sur Google pour s’apercevoir que
la FAS tente grossièrement de cacher
la vérité ; et sans avoir à refaire la
liste de la dizaine d‘accidents très graves
survenus en 2009-2010, citons seulement trois
cas de ces accidents « oubliés » par la Fédération : la mort à Lens d‘un technicien
Thyssen, le 15 mai 2009 venant après la mort
d’un technicien dans un immeuble géré par
Loiselet à Paris
et avant la mort d’un technicien à Chelles
en 2010. Pourquoi la FAS n’en parle pas ?
b) Par ailleurs d’où sort ce chiffre de « prés
de 20 % ». Interrogée par nos
soins, la FAS n’a - évidemment - rien pu
répondre.
Poursuivons.
2.
« Le taux de pannes a beaucoup baissé »
disent-ils
« On
constate trois pannes par ascenseur et par
an », dit le document.
●
Ceci appelle d’abord une série de questions :
- D’où « sortent »
ces chiffres ?
- En quoi peut-on
faire confiance à des chiffres qui sont incontrôlables ?
- Pourquoi personne
n’a demandé à la Fédération comment elle pouvait sortir de tels chiffres
sans préciser et justifier ses sources ?
[A
noter : ce chiffre de « trois »
est forcément faux, car il est statistiquement
impossible qu’on ait une moyenne équivalente
à un chiffre rond].
Et
si, à l’ARC, nous disions : « La
moyenne des pannes relevées sur le parc des
copropriétés de France est de 6,3 » !
On
le voit, tout ceci est à la fois risible, pas sérieux et inadmissible.
●
Mais il faut aller plus loin encore.
En
effet, les ascensoristes sont IN-CA-PA-BLES
de connaître le nombre réel de pannes.
Il
semblerait même - d’après des témoignages
recueillis - que lorsque des techniciens se
déplacent pour des pannes, certains soient
incités à en profiter pour faire quelques
contrôles supplémentaires et fassent alors
passer leur dépannage pour la « visite
périodique obligatoire ». Sachant
qu’il y a huit visites obligatoires par an,
cela donne une idée des possibles dérives
de chiffres.
3.
« Les accidents actuels concernent
les chutes et les chocs »
Pour
finir la FAS répond à la question « :
« D’où proviennent aujourd’hui
les accidents ? ».
●
Avec ce troisième point nous atteignons le
sommet de la manipulation.
La Fédération écrit, en effet ceci :
« Les
accidents ont pour cause, par ordre de priorité :
- chute liée au
décalage des cabines ;
- chocs lors de
la fermeture des portes ».
Vous
avez noté : la majorité des accidents seraient dus à des
différences de niveau !
Naturellement
AUCUNE preuve n’existe, aucun chiffre
n’est donné, car il n’en existe pas ;
il s‘agit là d’un pur « bobard »,
comme on dit, dont l’objectif est de faire
passer le message suivant : « Il
faut installer chez vous des variateurs de
fréquence ».
Seul
problème et de taille :
pour qu’il y ait chute il faut que la différence
soit de l’ordre de 5 à 10 mm. Or, si une telle différence
existe, cela est du non pas à une absence
de variateur mais à une absence de réglage
par l’ascensoriste, donc à une absence
d’entretien, donc à
une absence de respect de son contrat.
« La
deuxième source d’accidents ce sont… les chocs
dus aux portes qui se referment » !!!
Là
aussi absence de chiffres, absence de contrôle
possible, du pur « bobard »,
ceci simplement pour arriver à justifier la
pose très coûteuse de cellule optique « toute
hauteur ».
II.
Où est la vérité ?
On
le voit, le document des ascensoristes qui
se présente comme un document objectif, est
un pur document de communication commerciale.
La
vérité est celle-ci :
1. s’il y a effectivement moins d’accidents depuis trois
ans c’est uniquement parce que des
serrures sécurisées ont été posées dans presque
tous les immeubles HLM. Cette seule mesure
concernait environ 75 % des accidents et nous
y étions favorables. La Loi DE ROBIEN aurait pu s’arrêter là, ce qui aurait
fait économiser sept milliards d’euros.
2. Non seulement le niveau des pannes semble n’avoir pas
baissé, mais il aurait tendance à augmenter
selon deux études réalisées pour le compte
du Ministère du Logement :
1) une étude réalisée par la COPREC (qui réunit tous les
grands bureaux de contrôle) ;
2) une étude réalisée par l’USH (Union Sociale de l’Habitat).
A
noter : c’est le ministère lui-même qui a fait état
de la dégradation de la maintenance lors d’une
réunion de travail qui a eu lieu le 29 juin
2009, à la
Grande Arche, en évoquant
ces deux études.
3. Quant aux soit disant accidents mis en avant par la Fédération
des Ascenseurs (chutes et chocs) nous exigeons
la production des sources et, en attendant,
continuons à considérer ces affirmations comme
de simples manipulations.
Conclusion :
« Qui
vole un œuf vole un bœuf », «
Qui ment un jour ment toujours ».
Quel crédit peut-on accorder à une profession
qui se permet de faire ce qu’elle veut avec
les chiffres comme elle se permet de faire
(à peu près) ce qu’elle veut avec les copropriétaires ?
*
Le document de la FAS : « La
mise en sécurité des ascenseurs existants »
(Avril 2010).