ARC, Actualité /12 05 10/ ©

Une loi sur les « syndics » dans quelques semaines

Rappel de nos propositions

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I - Une loi sur les syndics ?

Face à la grogne constante des copropriétaires, à la mobilisation croissante des adhérents de l’ARC et au développement de certaines affaires (« Urbania »), les pouvoirs publics commencent à penser qu’il faut réagir et agir.

Voilà pourquoi un texte qui vise à mieux « encadrer » les syndics est en préparation et sera rapidement présenté au Conseil des Ministres.

Comme nous l’avions déjà indiqué, nous avons nous-mêmes été consultés par le Cabinet de Mme Alliot-Marie et avons fait part de nos demandes concernant les syndics.

Sur nos 22 propositions (voir abus n° 2269) concernant l’amélioration de la copropriété, 8 concernent les syndics.

Espérons que certaines seront reprises par le Gouvernement.

Nous les rappelons ci-dessous.

Avant cela, ci-joint un article du Moniteur sur ce sujet.

II -  L’article du Moniteur :

Le ministère de la Justice prépare un projet de loi sur les syndics

Le ministère de la Justice prépare actuellement un projet de loi sur les syndics et administrateurs de biens, visant à mieux protéger les copropriétaires, qui devrait être présenté au Parlement avant la fin juin, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

"Nous travaillons effectivement à l'élaboration d'un projet de loi afin d'améliorer le fonctionnement des syndics, une profession qui concerne la vie quotidienne de millions de Français", a confirmé à l'AFP Arthur Dreyfuss, porte-parole adjoint du ministère de la Justice, sans plus de détails.

"On travaille au sein du ministère, et également avec les professionnels", a ajouté ce porte-parole. Ce projet de loi pourrait être dès la semaine prochaine sur le bureau du Premier ministre François Fillon, selon des sources professionnelles.

En préparation depuis plusieurs mois, l'élaboration de ce texte, visant à mieux protéger les consommateurs et les copropriétaires, a été accélérée par les révélations sur Urbania, l'un des principaux administrateurs de biens en France, d'après ces mêmes sources.

Le parquet de Paris a ouvert mi-janvier une enquête préliminaire après une plainte pour abus de confiance de la Société Générale mettant en cause Urbania.

En décembre 2009, la banque avait porté plainte contre l'administrateur pour demander le remboursement de prêts consentis via une technique financière appelée "compte reflet" et contestée par les associations de copropriétaires.

Celle-ci permet aux syndics d'obtenir des prêts des banques en contrepartie du placement des fonds des copropriétaires par les syndics dans leurs établissements.

"Il faut réformer d'urgence le système comme nous le demandons depuis des années", a réclamé début mai l'Association des responsables de copropriété (ARC), dénonçant un "détournement impressionnant de fonds" par Urbania.

III -  Rappel des propositions de l’ARC concernant les syndics.

  1. Prévoir que le premier mandat d’un syndic ne pourra pas dépasser une année. 

L’objectif est d’éviter la multiplication des mandats de trois ans et leurs effets pervers (copropriétés « captives » ; absence de possibilité de mise en concurrence en cas de difficulté, etc.).

  1. Première assemblée générale d’une nouvelle copropriété : imposer que le syndic de « promotion » informe les copropriétaires par LRAR deux mois avant la date d’envoi des convocations.

L’objectif est de permettre aux copropriétaires de compléter l’ordre du jour (et, en particulier, d’adresser un contrat de syndic « concurrent »).

  1. Contrats de syndic : publier un décret de normalisation des contrats en lieu et place de « l’arrêté des prix » signé par le Secrétariat d’Etat à la Consommation et qui est particulièrement décevant, au moins pour les raisons suivantes :

-          absence de définition des tâches de gestion courante ;

-          absence de définition des tâches de gestion particulière ;

-          absence de définition des frais de tirage, etc.

  1. Interdire aux syndics de faire travailler dans leurs copropriétés des filiales ou entreprises dans lesquels les syndics ont des intérêts.

-          Il s’agit d’empêcher un mandataire d’être aussi un prestataire…

-          A noter que, contrairement à ce que peuvent dire les syndics, l’appel à des filiales :

o       n’induit pas d’économie d’échelle (ou alors de façon temporaire, voire de façon illusoire - exemple : prime d’assurance moins élevée mais couverture plus faible ;

o       peut induire par contre rapidement une dégradation des prestations et des surcoûts annexes, ceci sans réaction du syndic mandataire, et pour cause…

  1. Modifier les règles de la garantie financière.

-          En particulier, il n’est pas normal que la garantie soit plafonnée aux montants des fonds déclarés par le syndic (montant forcément inférieur à la réalité…).

  1. Obliger un cabinet de syndic dont l’actionnariat change substantiellement à convoquer dans un certain délai une assemblée générale à ses frais pour obtenir (ou non) la confirmation de son mandat.

-          Les copropriétaires choisissent un syndic « intuitu personae » et ne peuvent être vendus comme des meubles attachés au cabinet, d’où notre proposition.

  1. Permettre l’élection d’un syndic en cas de « vacance » du syndic, sans avoir à passer par le juge et  l’administration provisoire.

-          Il suffit de généraliser ce que la loi permet déjà si le règlement de copropriété le prévoit : la possibilité pour le président du conseil syndical et à défaut, le copropriétaire le plus diligent de convoquer une assemblée générale, en cas d’absence de syndic pour élire un nouveau syndic.

  1. Créer un Ordre des syndics avec des règles strictes.

-          Cet Ordre devra pouvoir :

o       être saisi par des organisations représentatives de syndics mais aussi de copropriétaires ;

o       intervenir auprès des syndics ;

o       sanctionner les infractions ;

o       en faire la publicité.

 

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