I.
Étude fantaisiste : le ministre répond enfin aux
députés
Depuis
un an Benoist Apparu (Secrétaire d’Etat au Logement)
se prévaut d’une drôle d’étude pour justifier
son refus de reporter les travaux d’ascenseur
de trois ans et donc d’appliquer la loi du
25 mars 2009.
Les
sénateurs et les députés ont très bien compris
que l’étude évoquée par Benoist Apparu était totalement farfelue, ceci d’autant plus que l’ARC
n’a eu aucun
mal à le démontrer de façon « scientifique ». Certains ont donc écrit à Benoist Apparu en lui demandant, une fois n’est
pas coutume, de respecter la statistique.
Mais
Benoist Apparu et ses conseillers font la sourde
oreille.
Seul problème : à l’ARC nous ne cessons de nous battre. Voilà
pourquoi nous avons écrit une nouvelle fois
au ministre pour tenter de le convaincre…
Vous connaissez la devise de l’ARC ?
[voir à la fin de le lettre au ministre].
II.
La lettre au ministre
« Ministère du Logement
Monsieur Benoist APPARU
Hôtel de Castries
72, rue de Varenne
75007 PARIS
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Député Alain BOCQUET m’a transmis copie de la lettre que vous
lui avez adressée le 22 avril dernier en réponse
aux arguments statistiques que nous opposons
depuis
dix mois à votre Administration et à vous
même, au sujet des travaux de mise en conformité
des ascenseurs, ceci sans avoir jamais obtenu
la moindre réponse.
Je vous avoue d’ailleurs que je suis particulièrement surpris par votre
réponse.
Que disons-nous, en effet ? Simplement ceci :
a) un bureau d’études statistiques a déterminé
un échantillon représentatif de 1 412
syndics ;
b) les réponses des syndics (222) non seulement
sont très peu nombreuses (16 %, donc non pertinentes
statistiquement) mais constituent une
dispersion entre petits, moyens et
gros syndics inversement
proportionnelle à l’échantillon établi,
ce qui constitue une deuxième raison fondée
de récusation statistique des résultats.
Or, que répondez-vous à Alain BOCQUET au bout de dix mois ? Ceci,
qui est vraiment très surprenant :
« Il semble cependant que, plus que la représentativité des cabinets
en tant que tels, c’est la représentativité
des ascenseurs administrés par ces cabinets
( ?!) qui permet de mieux cerner le rythme
d’avancement des travaux. Les cabinets importants
sont à ce titre bien plus représentatifs que
les petits cabinets ».
Comment est-il possible de parler de « représentativité des ascenseurs » (expression curieuse) alors
que l’étude contestée ne fournit AUCUN
chiffre concernant le nombre d’ascenseurs
« administrés » selon la taille des syndics ?
Comment peut-on écrire cette étrangeté statistique : « Les cabinets importants sont à ce titre
bien plus représentatifs que les petits cabinets » ?
En effet, votre Administration ne peut ignorer que les petits cabinets
« administrent »
à eux seuls environ 60 % du parc des ascenseurs
en copropriété, ce dont tient compte, évidemment,
de l’échantillon que vous refusez par ailleurs
de prendre en considération (on se demande
au nom de quelle logique, d’ailleurs).
Comment peut-on ainsi - au bout de dix mois - balayer ET la réalité (les gros syndics ne gèrent
QUE
40 % du parc) ET la science statistique.
Comme vous l’admettrez j’en suis sûr à la réflexion et sans difficulté,
la phrase tirée de votre lettre que j’ai citée
plus haut n’a ni justification intrinsèque
(statistique) ni justification extrinsèque
(la réalité du parc « administré »
par les gros syndics).
Mais il y a encore plus surprenant.
en effet, vous ne pouvez PAS ignorer
non plus que, au-delà de la statistique et des études que vous nous opposez
à tort, le meilleur démenti vient de vous
être apportÉ par la Fédération des AScenseurs
elle-même qui confirme le retard
considérable cumulé en matière de mise
en conformité des ascenseurs.
La Fédération
des Ascenseurs affirme en effet :
-
que
pour 25 % des ascenseurs, aucune commande
concernant la première phase n’a encore été
passée ;
-
que
ce taux monte à 61 % pour la deuxième phase !
On est bien loin de 6 %, irréaliste, envisagé dans l’étude que vous défendez
de façon inexplicable.
- Pourquoi
s’obstiner à refuser d’admettre les faits
et les chiffres ?
- Une
future étude de plus, étude que votre Administration
confierait - uniquement pour gagner du temps
- aux frais du contribuable (donc des copropriétaires)
à un bureau d’études qui sera peut-être,
lui aussi, fâché avec la statistique… ?
- Que
faut-il de plus à l’Administration que les
chiffres calamiteux émanant directement
des sociétés en charge de l’entretien des
ascenseurs ?
- Pourquoi
ce refus d’écouter les associations de copropriétaires,
(dont l’association la plus présente et
la plus représentative) ainsi que les parlementaires
qui ont voté un article de loi que vous
refusez d’appliquer?
Nous avons, décidemment, beaucoup de mal à comprendre ce qui peut vous
pousser à refuser ainsi la réalité et à satisfaire
nos légitimes demandes.
Dans l’attente d’une réponse de votre part qui réponde enfin à nos questions
et prenne en compte cette réalité, je vous
prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance
de ma haute considération.
Fernand CHAMPAVIER
Le Président ».
[La devise de l’ARC c’est : On n’enfonce pas un clou en seul
de coup de marteau].