ARC, Actualité /19 05 10/ ©

Travaux d’ascenseur :

Le ministre répond aux députés ; l’ARC répond au ministre

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I.                   Étude fantaisiste : le ministre répond enfin aux députés

Depuis un an Benoist Apparu (Secrétaire d’Etat au Logement) se prévaut d’une drôle d’étude pour justifier son refus de reporter les travaux d’ascenseur de trois ans et donc d’appliquer la loi du 25 mars 2009.

Les sénateurs et les députés ont très bien compris que l’étude évoquée par Benoist Apparu était totalement farfelue, ceci d’autant plus que l’ARC n’a eu aucun mal  à le démontrer de façon « scientifique ».  Certains ont donc écrit à Benoist Apparu en lui demandant, une fois n’est pas coutume, de respecter la statistique.

Mais Benoist Apparu et ses conseillers font la sourde oreille. 

Seul problème : à l’ARC nous ne cessons de nous battre. Voilà pourquoi nous avons écrit une nouvelle fois au ministre pour tenter de le convaincre… Vous connaissez la devise de l’ARC ? [voir à la fin de le lettre au ministre].

II.                 La lettre au ministre

 

 

« Ministère du Logement

                                                                                               Monsieur Benoist APPARU

                                                                                              Hôtel de Castries

                                                                                              72, rue de Varenne

                                                                                              75007 PARIS

 

Monsieur le Ministre,

 

Monsieur le Député Alain BOCQUET m’a transmis copie de la lettre que vous lui avez adressée le 22 avril dernier en réponse aux arguments statistiques que nous opposons depuis dix mois à votre Administration et à vous même, au sujet des travaux de mise en conformité des ascenseurs, ceci sans avoir jamais obtenu la moindre réponse.

Je vous avoue d’ailleurs que je suis particulièrement surpris par votre réponse.

Que disons-nous, en effet ? Simplement ceci :

a)  un bureau d’études statistiques a déterminé un échantillon représentatif de 1 412 syndics ;

b)  les réponses des syndics (222) non seulement sont très peu nombreuses (16 %, donc non pertinentes statistiquement) mais constituent une  dispersion entre petits, moyens et gros syndics inversement proportionnelle à l’échantillon établi, ce qui constitue une deuxième raison fondée de récusation statistique des résultats.

Or, que répondez-vous à Alain BOCQUET au bout de dix mois ? Ceci, qui est vraiment très surprenant :

« Il semble cependant que, plus que la représentativité des cabinets en tant que tels, c’est la représentativité des ascenseurs administrés par ces cabinets ( ?!) qui permet de mieux cerner le rythme d’avancement des travaux. Les cabinets importants sont à ce titre bien plus représentatifs que les petits cabinets ».

Comment est-il possible de parler de « représentativité des ascenseurs » (expression curieuse) alors que l’étude contestée ne fournit AUCUN chiffre concernant le nombre d’ascenseurs « administrés » selon la taille des syndics ?

Comment peut-on écrire cette étrangeté statistique : « Les cabinets importants sont à ce titre bien plus représentatifs que les petits cabinets » ?

En effet, votre Administration ne peut ignorer que les petits cabinets « administrent » à eux seuls environ 60 % du parc des ascenseurs en copropriété, ce dont tient compte, évidemment, de l’échantillon que vous refusez par ailleurs de prendre en considération (on se demande au nom de quelle logique, d’ailleurs).

Comment peut-on ainsi - au bout de dix mois - balayer ET la réalité (les gros syndics ne gèrent QUE 40 % du parc) ET la science statistique.

Comme vous l’admettrez j’en suis sûr à la réflexion et sans difficulté, la phrase tirée de votre lettre que j’ai citée plus haut n’a ni justification intrinsèque (statistique) ni justification extrinsèque (la réalité du parc « administré » par les gros syndics).

Mais il y a encore plus surprenant.

en effet, vous ne pouvez PAS ignorer non plus que, au-delà de la statistique et des études que vous nous opposez à tort, le meilleur démenti vient de vous être apportÉ par la Fédération des AScenseurs elle-même qui confirme le retard considérable cumulé en matière de mise en conformité des ascenseurs.

La Fédération des Ascenseurs affirme en effet :

-          que pour 25 % des ascenseurs, aucune commande concernant la première phase n’a encore été passée ;

-          que ce taux monte à 61 % pour la deuxième phase !

On est bien loin de 6 %, irréaliste, envisagé dans l’étude que vous défendez de façon inexplicable.

  • Pourquoi s’obstiner à refuser d’admettre les faits et les chiffres ?
  • Une future étude de plus, étude que votre Administration confierait - uniquement pour gagner du temps - aux frais du contribuable (donc des copropriétaires) à un bureau d’études qui sera peut-être, lui aussi, fâché avec la statistique… ?
  • Que faut-il de plus à l’Administration que les chiffres calamiteux émanant directement des sociétés en charge de l’entretien des ascenseurs ?
  • Pourquoi ce refus d’écouter les associations de copropriétaires, (dont l’association la plus présente et la plus représentative) ainsi que les parlementaires qui ont voté un article de loi que vous refusez d’appliquer?

Nous avons, décidemment, beaucoup de mal à comprendre ce qui peut vous pousser à refuser ainsi la réalité et à satisfaire nos légitimes demandes.

Dans l’attente d’une réponse de votre part qui réponde enfin à nos questions et prenne en compte cette réalité, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de ma haute considération.

 

Fernand CHAMPAVIER

Le Président ».

 

[La devise de l’ARC c’est : On n’enfonce pas un clou en seul de coup de marteau].

 

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