1- L’individualisation des contrats d’eau dans les copropriétés
en difficulté
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Depuis
plusieurs années il apparaît de plus en plus
clairement à tous les élus locaux et opérateurs
que le redressement durable des copropriétés
en difficulté passe forcément par l’individualisation
des contrats d’eau.
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En
effet, même lorsqu’il y a des compteurs divisionnaires
en copropriété, le poste eau - dont la facture
reste à la charge financière de la copropriété
- entraîne vite des problèmes irréversibles
qui précipitent les copropriétés fragiles dans
une spirale de dégradation.
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Et
ce pour cinq raisons, au moins :
a)
le
poste « eau »
est un des postes de charges les plus lourds
financièrement ;
b)
les
gros débiteurs de charges en copropriété sont
bien souvent de gros consommateurs d’eau ;
et qu’il y ait ou non des compteurs divisionnaires
ne change rien à la situation d’impayés ;
or moins ils payent, moins ils se responsabilisent ;
plus ils gaspillent ;
c)
on
constate aussi, dans ces copropriétés, qu’il
existe de nombreux «marchands de sommeil » qui n’hésitent pas à louer des logements en
suroccupation aiguë (y compris à plusieurs familles
à la fois), ce qui entraîne des consommations
d’eau anormalement élevées, alors même que des
marchands de sommeil ne payent souvent pas ou
mal leurs charges ;
d)
l’eau
étant fournie par la copropriété, on constate
dans ces copropriétés un taux significatif de
squatters, ce qui aggrave également la situation ;
e)
enfin,
faute d’entretien des canalisations privatives,
l’eau entraîne souvent des désordres « physiques »
importants dans ces copropriétés, qui vont jusqu’à
compromettre le gros-œuvre des bâtiments, avec
en prime une sur-consommation due aux fuites.
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Or,
l’individualisation des contrats d’eau permet
de résoudre tous ces problèmes :
a)
l’eau
ne relevant plus du budget des copropriétés,
les charges sont moins élevées et leur recouvrement
est rendu plus facile (les charges sont divisées
par deux ou trois) ;
b)
les
occupants se responsabilisent, ce qui entraîne
des économies d’eau très importantes et en parallèle
allége leur budget et les solvabilise ;
c)
le
passage à l’individualisation oblige également
à réparer les installations fuyardes, ce qui
permet de stopper les dégradations ;
d)
les
bailleurs indélicats (contraints de payer pour
leurs locataires) sont obligés de mieux contrôler
les situations de suroccupation ou de locations
à plusieurs familles ;
e)
enfin,
les cas des squatters sont plus faciles à résoudre
(en l’absence de titre de location, il n’y a
pas de contrat d’eau, donc pas d’eau).
Nous irons encore plus loin : non
seulement l’individualisation est le meilleur
moyen de redresser une copropriété en grande
difficulté, mais nous pensons même pouvoir
affirmer que tant que l’individualisation
des contrats d’eau n’est pas en place, une
copropriété en difficulté ne peut pas se redresser.
2- Un blocage à l’individualisation :
le problème de l’eau chaude collective
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Malheureusement
il existe de très nombreux cas de copropriétés
en difficulté où l’individualisation n’est pas
possible ni envisageable parce que l’eau chaude
est produite collectivement.
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En
effet, si les compagnies des eaux mettent bien
en place l’individualisation totale lorsqu’il
n’y a pas production collective d’eau chaude,
il se trouve qu’elles refusent de le faire lorsqu’il
y a production collective d’eau chaude.
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Pourquoi ? parce que les services des eaux
indiquent qu’ils sont sensés livrer (donc facturer)
de l’eau potable ; or, pour eux, l’eau chaude
n’est pas potable ; donc… « En cas de problèmes, notre responsabilité pourrait être engagée »,
disent ces curieux responsables du service public.
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« Mais ce n’est pas grave, répondent leurs responsables ;
vous n’avez qu’à mettre en place l’individualisation
pour l’eau froide et garder le système actuel
pour l’eau chaude ».
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Cette
proposition - en apparence raisonnable - n’a
aucun sens. D’abord parce que l’eau chaude représente
environ 30 % de la consommation totale et qu’on
ne réglerait, en suivant ces conseils, au mieux
que les deux tiers du problème (sans parler
du coût
du réchauffement) ; ensuite parce que ce
système serait non seulement coûteux (individualisation
PLUS comptage divisionnaire) mais surtout « pervers » : en effet, ceux qui auraient du mal à payer directement
leur eau froide, au lieu de faire des efforts,
augmenteraient sans doute leur consommation
d’eau chaude (sans la payer) et aggraveraient
ainsi d’autant les problèmes de la copropriété
(puisque l’eau chaude c’est de l’eau froide
PLUS des calories).
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On
le voit : une individualisation « partielle »
non seulement est aberrante d’un point de vue
économique mais, aussi, dangereuse. Alors, comment
sortir de cette impasse ?
3- Individualisation de l’eau froide réchauffée sans transfert
de responsabilité
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Sachant
que seule l’individualisation des contrats d’eau
peut permettre de résoudre durablement les problèmes
des copropriétés en difficulté et sachant que
ces copropriétés disposent, pour une grande
partie, d’une production d’eau chaude collective,
nous pensons donc qu’il est impératif de
trouver une solution au problème posé.
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Or,
la solution serait simple. Il suffirait :
a)
que
« la loi sur l’eau » prévoit la possibilité
d’individualiser les contrats d’eau froide incluant
l’eau froide dite « réchauffée » ;
b)
que
la loi renvoie à un décret, pour ce qui est
du problème de la responsabilité du distributeur
d’eau ;
c)
ensuite,
il suffirait tout simplement que le décret précise
qu'en cas de production d’eau chaude collective,
le propriétaire de l’installation restera seul responsable de la qualité sanitaire
de l’eau.
Si tel est le cas, OÙ seraient les problèmes pour le
service des eaux ? Où ?
Conclusion
Un
proverbe chinois dit : « Le
sage trouve des moyens ; le sot trouve
des prétextes ». Sachons être sages.